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Cartel camions
Les détails d'une entente anti
concurrentielle très structurée

Entente sur les prix bruts et nets, sur les équipements de série et les options, sur la date de commercialisation des véhicules respectant les normes Euro 3, Euro 4 et Euro 5 et les prix respectifs, le tout assaisonné d'échanges de données sensibles sur les véhicules et alignement des politiques commerciales entre janvier 1997 et janvier 2011. Le « cartel » qui a réuni Daimler, Man, Volvo/Renault et Iveco pour cette période est allé assez loin dans la fraude au droit de la concurrence européen. La décision de la Commission européenne prise le 19 juillet dernier n'a été publiée que le 6 avril avec force détails qui en disent long sur l'ampleur des pratiques anti-concurrentielles. Comme par exemple, le fait que « la plupart des constructeurs échangeaient entre eux des configurateurs de camions comprenant les prix catalogue de tous les modèles et les options. Par conséquent, ils pouvaient calculer approximativement les prix nets courants de leurs concurrents, selon les renseignements sur le marché dont ils pouvaient disposer. Ou encore, le rapprochement des dirigeants ou des cadres supérieurs des filiales allemandes à partir de 2002 pour échanger davantage au sujet d'un réel alignement des prix sur le marché européen. Le cartel avait un fonctionnement très structuré : réunions régulières, rencontres sur des salons, échanges de coups de fil ou de mails voire des modèles de documents de reporting ! Rien d'accidentel en somme. En prime, une action concertée pour faire monter les prix sur le marché français, considéré comme le plus « bas » en termes de tarifs. Ce qui fait dire à Laurent Geelhand du cabinet Hausfeld que les transporteurs français sont les plus lésés dans l'affaire. Aujourd'hui, le cabinet assiste plusieurs transporteurs en Europe. En France, plus de 100 entreprises (pour plus de 100.000 camions) l'ont contacté pour monter un dossier. « Le préjudice est calculé sur le montant estimé de la surfacturation par camion acheté dans la période de l'entente plus les taux d'intérêt. Nous sommes déjà en contact avec certains constructeurs. Mais le préjudice est lié aussi à la mise sur le marché tardive des camions aux normes Euro les plus récentes. Avoir eu accès plus tard à des camions qui consomment moins a aussi créé un préjudice qui doit être réparé », ajoute-t-il. Si les amendes ont déjà été payées en 2016 (2,93 Mds € au total), les constructeurs ne seront pas tout à fait à l'abri du règlement des préjudices causés à leurs clients. SLG
Photo : La commissaire européenne à la concurrence
Margrethe Vestager



Cartel camions :
une entente
anti-concur-
rentielle
très structurée


L'AUTF mobilisée
pour
une meilleure
relation avec
les armateurs


Laure Dubois,
Secrétaire
Générale adjointe
de l'OTRE


La vente de
véhicules neufs
s'amplifie
en mars en
Pays de Loire


Chronopost
s'associe
à Yamato pour
la livraison
de produits frais
au Japon


L'interview :
Karim Lalmas,
référent pour
le Grand Paris
chez HAROPA
« 6 Mt de déblais
prendront
le fleuve,
au bas mot »



(Avis)
Attention :
prochaine parution
mardi 18 avril.

 
 
 


« Je ne peux
pas accepter
qu'il y ait un
dumping social
aussi lourd
que celui
que provoque
la directive sur
les travailleurs
détachés »,


a déclaré
François Fillon
mercredi,
lors d'un
déplacement à
Rillieux-la-Pape.
Chargeurs
L'AUTF mobilisée pour une meilleure relation avec les armateurs

L'association des utilisateurs du transport de fret (AUTF) avait clairement dénoncé la non qualité du service proposé par les armateurs lors d'une conférence consacrée au transport maritime dans le cadre de la SITL (NLF n° 87). Aujourd'hui, elle encourage ses adhérents à participer à un observatoire que l'ESC (organisation européenne des chargeurs) a mis en place pour faire un diagnostic de la qualité du transport maritime et de son évolution et concernant les flux Europe-Asie. Les donneurs d'ordres sont interrogés par exemple sur le nombre de conteneurs bloqués dans les ports, sur l'intervalle moyen entre la demande de chargement et le chargement effectif (8 semaines aujourd'hui !) ou encore sur l'évolution des taux de fret. C'est la première fois qu'un observatoire est créé sur ces sujets, signe d'une tension palpable entre chargeurs et armateurs. Et les griefs sont nombreux. Premier point : la pratique du surbooking liée à une réduction de capacité temporaire. « Certains navires n'ont pas quitté l'Asie à cause du Nouvel An Chinois. A cela s'est ajoutée la réorganisation des services liée aux nouvelles alliances », indique Fabien Becquelin, Directeur des transports internationaux à l'AUTF. «A la mi-mars, on était au pic de la crise ; on incitait à surbooker pour être sûrs d'avoir une place mais, au final, certains se retrouvaient à ne plus trouver de place car elles étaient toutes virtuellement prises. Ce n'est pas une bonne pratique. On espère que cela va s'arrêter», ajoute-t-il. Mais ce n'est pas tout. Plus grave pour la qualité de service, « certains prix ont été doublés, triplés voire décuplés. Pour certaines marchandises à faible valeur ajoutée, le transport maritime représente 90% du prix total de la marchandise. Avec de telles augmentations, certains ont perdu des marchés. Ou alors, on a assisté, pour les transports de l'Asie vers l'Europe, à des arrêts d'usine parce que les pièces acheminées par bateau n'étaient pas arrivées », déplore-t-il. Pour Fabien Becquelin, les nouvelles alliances ne sont pas forcément une garantie d'amélioration du service. Auparavant, malgré les annonces, « on a déjà assisté à une baisse de la qualité soit en nombre de ports touchés ou encore en termes de transit time ». L'AUTF est donc assez impliquée dans l'amélioration de la gestion du transport maritime. En plus d'un outil de suivi des prix de transport, mis au point par les chargeurs pour les chargeurs, elle travaille aussi sur l'achat du transport maritime (nécessité d'un contrat, quelles clauses, l'assurance au plus juste etc.). SLG
Photo : Fabien Becquelin, Directeur des transports
internationaux de l'AUTF
 
 

Nomination
Laure Dubois, Secrétaire Générale
adjointe de l'OTRE

Laure Dubois, ancienne directrice du pôle messagerie express, social et formation professionnelle au sein de l'Union TLF et plus récemment, à la direction Transports du groupe de protection sociale Klesia, vient d'être recrutée par l'OTRE en tant que secrétaire générale adjointe. A ce poste, elle aura à défendre les intérêts des PME du transport routier, « dans un contexte européen compliqué », précise la fédération patronale. NB
 
 
 
 
  Immatriculations
La vente de véhicules neufs progresse
en mars en Pays de Loire

Pour avoir une idée des immatriculations des véhicules affectés au fret de marchandises, focus sur une région précise (les Pays de Loire) avec les chiffres fournis mensuellement par la DREAL. Les statistiques montrent une hausse des ventes qui se généralise et s'amplifie avec, en mars, l'immatriculation de 2.345 véhicules de transport de marchandises (VUL, camions, tracteurs routiers, semi-remorques et remorques lourdes). Toutes ces catégories ont connu des progressions à deux chiffres, comparés aux mois précédents (+17% pour les camionnettes et +26% pour les remorques lourdes). Ces hausses sont quasiment les mêmes qu'en février dernier, où 1.859 véhicules neufs de transport de fret avaient été mis sur le marché. NB
 
 


2,93 Mds €.
C'est le total
de l'amende
payée par
les constructeurs
de poids lourds
en 2016
pour entente
sur les prix
Japon
Chronopost s'associe à Yamato
pour la livraison de produits frais

Chronopost, spécialiste national de la livraison express de colis et Yamato, pionnier de la livraison de produits frais et surgelés au Japon, s'associent pour développer le transport de produits sous température dirigée, entre la France et le Japon. Prenant la forme d'une concession réciproque de licences, ce partenariat vise à améliorer la qualité du transport frigorifique, grâce au partage d'expérience. Selon les deux partenaires, il devrait également permettre de développer la livraison transfrontalière de ces familles de produits entre la France et le Japon. JPG
 
 
 
L'I N T E R V I E W  

Karim Lalmas, référent
pour le Grand Paris chez HAROPA
« 6 Mt de déblais prendront
le fleuve, au bas mot »

Sur les 45 Mt de déblais de chantier issus des travaux du Grand Paris qui se dérouleront d'ici à 2027, au moins 6Mt seront transportés par le fleuve. HAROPA est partenaire de la Société du Grand Paris pour promouvoir le plus possible le transport fluvial lié au grand projet. Entretien avec Karim Lalmas, responsable développement à la direction de la stratégie et du développement de HAROPA et référent pour le Grand Paris.

LA NEWSLETTER DU FRET : Quelles sont les retombées pour HAROPA
des chantiers du Grand Paris ?

KARIM LALMAS : Nous avons déjà eu les premiers effets avec le chantier de prolongement de la Ligne 14 Nord, malgré les interruptions et les retards. Des déblais sont évacués par le fleuve depuis les ports de Saint-Ouen (93) et de Saint-Denis-l'Etoile (93) vers les ports de Rouen et du Havre. Depuis 2016, cela a représenté environ 100.000 t de plus pour le port de Saint-Denis-l'Etoile. Par ailleurs, en vertu de la convention que nous avons signée avec la Société du Grand Paris, il sera créé 5 nouvelles plates-formes de transbordement à l'Ile de Monsieur/Pont de Sèvres (92), aux Ardoines, à Vitry-sur-Seine, aux Grésillons (Asnières), à Aubervilliers, le long du Canal Saint Denis et à Bondy, le long du canal de l'Ourcq. Les deux premières seront opérationnelles dès 2018. En plus de ces nouveaux sites, il est aussi question de réserver des parcelles pour la « caractérisation » [tri et analyse NDLR] de la terre à Bonneuil-sur-Marne (3,3 ha) et à Bruyère-sur-Oise (14,7 ha). Le premier de ces sites sera dédié au chantier de la ligne 15 Sud tandis que le second à celui de la ligne 16. De plus, il y a de fortes chances que le site de Saint-Maur soit utilisé pour de l'évacuation pure et celui de Lagny-sur-Marne (77) pour de la caractérisation. Au total, la Seine, l'Oise, la Marne et le Canal de l'Ourcq seront concernés par de nouveaux trafics.

NLF : Quelles sont les prévisions de tonnage liées au Grand Paris ?
K.L. : Concernant les déblais de chantier liés à la création du réseau du Grand Paris Express, sur les 45 Mt de déblais prévus, au moins 6 Mt seront transportés par le fleuve, soit l'équivalent de 300.000 camions. Et ce n'est qu'une hypothèse basse puisqu'on ne compte là-dedans que les nouvelles plates-formes. A celles-ci, il faut ajouter le trafic lié aux nouvelles parcelles mais aussi des chantiers tels que celui de la ligne T9 du tramway (Porte de Choisy-Orly) -qui fait partie du Grand Paris- avec évacuation via le port d'Orly (environ 100.000 t). Il faut compter également les flux inhérents à l'approvisionnement des chantiers du réseau du métro que l'on n'a pas encore quantifiés.

NLF : La perspective ouverte par ces dix années de travaux
doit être prometteuse pour HAROPA…

K.L. : En effet. Mais déjà l'année dernière, nous avions enregistré des volumes record pour le transport de déblais de chantier : 4,5 Mt alors qu'en moyenne ce sont 3,3 Mt qui transitent par les ports de HAROPA. Du coup, cela nous a permis de rééquilibrer les résultats en baisse liés à la mauvaise récolte céréalière. Et pour 2017, nous nous attendons à une stabilisation. A part les chantiers des prolongements des lignes 14 et Eole (RER E) qui vont reprendre ou démarrer cette année, nous estimons que le vrai démarrage sera pour 2018 avec une montée en puissance notamment dès 2019 en vue de pics attendus entre 2020 et 2022.

NLF : Est-ce que HAROPA prévoit d'investir pour le développement
du transport fluvial lié au Grand Paris ?

K.L. : C'est la Société du Grand Paris (SGP) qui finance intégralement les nouvelles plates-formes et les sites de caractérisation. Et c'est bien la traduction de son engagement à l'optimisation du recours au transport fluvial des chantiers du Grand Paris. Nous lui apportons notre expertise des affaires fluviales et portuaires. En termes d'investissements propres, HAROPA intervient notamment avec le développement de nouvelles solutions portuaires ; notamment sur Achères (78), Triel (78) et en particulier pour les premiers chantiers du Grand Paris sur Vitry (94) avec la création d'un nouveau port d'1,5 ha pour un investissement estimé à 7 M€ qui pourrait être mis en service dès 2019. Propos recueillis par Silvia Le Goff
 
 
Le projet de la nouvelle gare sur la ligne 15
©BIG-Silvio d'Ascia - Société du Grand Paris
 
 

Silvia Le Goff
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N°105
14 avril 2017
AVRIL

TRANSRUSSIA
Salon international
du fret et de
la logistique

Du mardi 18
au jeudi 20 avril

Crocus Expo IEC,
Moscou



RETAIL CHAIN
Le mardi 25
Cœur Défense,
Paris La Défense



RAIL POWER
EUROPE

Salon européen
des stratégies
de l'industrie
ferroviaire

Du mardi 25 au
mercredi 26 avril
Olympia Exhibition,
Londres



MEDFEL
Salon de la filière
fruits et légumes

Du mardi 25
au jeudi 27

Parc des congrès
et des expositions
Perpignan

MAI

Vendredi 12 CONFERENCE
PARIS DAUPHINE
Organisée par SCMagazine en partenariat avec TIP Trailer Services
« Comment réduire votre empreinte
carbone
transport ? »

De 14h à 18h Université Paris Dauphine


TRANSPORT
LOGISTIC

Du mardi 9 au
vendredi 12

Messe
Munich


NAVEXPO

Salon
de l'industrie
maritime

Du mercredi 10
au vendredi 12

Port de Lorient