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N°3093
 
La tectonique des chaînes

Arrêtez-moi si je me trompe, mais je pense que jamais la résilience des supply chains n’a été mise à l’épreuve de manière aussi concrète au monde entier qu’avec cette épidémie de coronavirus. Que ce soit en amont, avec les risques de ruptures d’approvisionnement des usines, ou bien en aval avec les difficultés à réagir face à l’évolution de la demande mondiale en masques respiratoires, en gel hydro-alcoolique, voire ponctuellement en produits de première nécessité soudainement dévalisés en grandes surfaces en raison de mouvements de panique sporadiques. Pour le gouvernement, la solution d’avenir face à ces problèmes pourrait venir de la relocalisation de certaines activités économiques et industrielles. Le thème n’est pas nouveau, on retrouve le credo défendu il y a sept ans par Arnaud Montebourg, alors ministre du « Redressement Productif ». Ce qui l’est plus, c’est que cette tendance semble être déjà en marche dans le monde entier : une étude publiée début février par Bank of America sur « les mouvements tectoniques dans les supply chains mondiales » indique un début d’inversion de tendance, même si son amplitude est encore faible. L’enquête réalisée auprès de 3 000 entreprises d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie montre que dans de nombreux secteurs, des plans sont en œuvre ou en projet afin de repositionner certains maillons de leurs supply chains (pour l’instant de façon modérée). Les raisons sont multiples : l’évolution des tarifs douaniers (même si la guerre commerciale Chine-Etats-Unis s’est un peu apaisée depuis janvier), les considérations de sécurité nationale, l’augmentation du coût du travail en Chine, la nécessité de réduire son empreinte carbone, ou la logique de rapprochement entre les outils de production et les épicentres de consommation. Sans parler des avantages en termes de résilience d’une supply chain plus fragmentée. Le mouvement semble plus marqué en Amérique du Nord, où des plans pour trouver une alternative au sourcing en Chine existent dans deux tiers des 12 secteurs étudiés, alors qu’en Europe, 83% des entreprises interrogées n’ont pas ce type de projets en tête. Bank of America souligne par ailleurs que dans cette tendance à la réorganisation des supply chain mondialisées, l’option de la relocalisation pourra s’appuyer sur les progrès continus de l’automatisation et de la robotisation pour tempérer les risques d’emballement des coûts de production. Il est intéressant de noter que cette enquête a été réalisée avant l’apparition du Covid-19. Qualifié de « tectonique » par Bank of America pour souligner son extrême lenteur, ce mouvement de délocalisation / relocalisation pourrait-il tourner au séisme ?
Jean-Luc Rognon

 
 
 
Intralogistique
Scallog dévoile Flexytote, un complément à sa solution « good-to-man »

Sur la prochaine SITL (du 16 au 19 Juin à Paris Nord Villepinte, Halls 3 et 4), le spécialiste de la logistique robotisée Scallog prévoit de présenter Flexytote, une nouvelle solution d’automatisation de transferts multi-bacs en entrepôt qui apparaît comme un complément naturelle à sa solution goods-to-man basée sur des postes opérateurs alimentés dynamiquement par des étagères portées par des robots mobiles Boby. Alternative à la transitique traditionnelle, de type convoyeurs ou chariots, Flexytote s’appuie également sur les robots Boby pour déplacer non pas des étagères mais des bacs ou des cartons de 20 à 30 kg, sur 2 ou 3 niveaux (une capacité de charge qui peut aller jusqu’ à 250 kg). L’objectif est d’alimenter en bacs et cartons vides des ruchers inclinés de 15° à 30° à chargement automatique et validation put-to-light utilisés sur les postes « goods-to-man » de préparations multi-commandes comme ceux déployés dans les installations Scallog existantes. Une fois les commandes préparées par les opérateurs, les robots récupèrent et déplacent les bacs vers les zones de packing. Le système peut fonctionner en temps masqué pendant le picking opérationnel. Selon Scallog, la solution présente un ROI de moins de 18 mois. Flexytoteen démonstration sur le salon, où le fondateur et dirigeant de Scallog, Olivier Rochet, interviendra aussi au cours d’une conférence intitulée ‘Robotique et automatisation, des solutions au service de flexibilité ?’. Il sera aux côtés d’Alexandre Jordan, responsable développement ventes systèmes chez Jungheinrich France, Laurent Gourdon, directeur général de SSI Schäfer France et Sophie Conte, directrice business et opérations de Rhenus Logistics France. AD

 
   
 

Flexytote affiche une capacité de charge qui peut aller jusqu’à 250 kg et son ROI est de moins de 18 mois, selon Scallog.

Crédit photo Scallog
 
 
 
Nomination
Kardinal recrute l’ex-DG France de PTV

Le spécialiste de l’optimisation de tournées en temps réel Kardinal annonce un recrutement de poids : c’est l’ex-DG France de PTV Group Raphaël de Castilla qui a rejoint la start-up en février, en tant que directeur des opérations (COO). Créée en 2015 sous le nom de Citodi et rebaptisée en novembre dernier à l’occasion d’une levée de fonds de 2 M€ (voir NL 3017), la jeune pousse a développé une plateforme Saas recourant à des algorithmes sophistiqués pour permettre à ses clients d’améliorer efficacement la planification de leurs tournées et leur couts de revient. Dans sa nouvelle fonction, Raphaël de Castilla travaillera en étroite collaboration avec le trio de co-fondateurs (Jonathan Bouaziz, Cédric Hervet et Hugo Farizon) afin de structurer et développer l’activité. « Son arrivée va permettre à Kardinal de consolider notre expertise et d’accélérer notre développement. Son expérience et sa vision des enjeux du marché constituent un immense atout pour la société et pour l’équipe, qu’il rejoint à un poste où il aura un impact important sur tous les sujets majeurs qui structureront l’entreprise dans sa croissance », commente Jonathan Bouaziz, le CEO de l’entreprise. L’expérience de Raphaël de Castilla est en effet très significative : cela fait une vingtaine d’années qu’il travaille dans le secteur de la cartographie et de la digitalisation transport. Il avait débuté son parcours au milieu des années 90 chez l’éditeur Loxane, spécialiste de la cartographie du calcul d’itinéraires, d’abord en tant que responsable des ventes indirectes, puis des ventes transport. Suite à l’entrée de Loxane dans le giron de PTV Group en 2005, il avait pris la direction commerciale des ventes B2B France du nouvel ensemble, puis la direction commerciale début 2009. Du printemps 2014 à mai 2017, il avait assuré la direction générale de l’entreprise dans l’Hexagone, avant de se reconcentrer sur le volet commercial jusqu’en 2019, en contribuant à affermir sa position au services du secteur transport & logistique. MR

 
   
 

Raphaël de Castilla, directeur des opérations de Kardinal.

Crédit photo DR
 
 
 
Industrie
Petit déménagement mais grands changements pour la logistique de Gys

Gys, le fabricant mayennais de postes à souder, de chargeurs de batteries et d’équipements de réparation de carrosserie vient d’investir 6 M€ dans un nouvel entrepôt à Changé, au nord de Laval. Opérationnel depuis janvier 2020, ce site de 9 000 m² n’est éloigné que de 7 km de l’ancien site de stockage, à la sortie des lignes de fabrication. Celles-ci pourront ainsi s’étendre sur la surface libérée pour faire face à la croissance programmée de cette société familiale de 730 personnes, qui vise un doublement de son CA d’ici à 2030 (80 M€ HT en 2019). L’équipe logistique a suivi le transfert et a été renforcée pour atteindre un effectif de 42 collaborateurs. « Nous sommes passés de 200 palettes commandées/jour à 250, avec l’objectif de monter à 300/350 » indique Nicolas Tricot, le directeur Production et Logistique de Gys. « Sur l’ancien entrepôt, nous ne pouvions pas stocker. Là, je vais avoir du stock, c’est d’autant plus important que nos distributeurs/importateurs ne veulent pas stocker, et que nos entrepôts filiales à l’étranger arrivent à saturation. De plus, je vais pouvoir garantir des délais de livraison en 24h/48h contre beaucoup plus jusqu’ici ». L’automatisation a été limitée à l’achat de 2 stockeurs Schäfer et à la modernisation de la filmeuse automatique de palettes. Une des 2 cellules a été entièrement rackée, mais pas l’autre. Et compte tenu du savoir-faire de Gys dans les batteries, tous les engins de manutention sont passés au lithium. Côté SI, Gys va aussi remplacer un système propriétaire, développé via son ERP, par le WMS/WCS Morpheus (GRM/Schäfer), ainsi qu’un TMS. VL

 
   
 

Le fabricant mayennais de postes à souder Gys vient de déménager dans un entrepôt de 9 000 m² doté de 9 portes à quai, à Changé, au nord de Laval.

Crédit photo DR
 
 
Prestataire logistique
DHL SC formalise son engagement en faveur des personnes en situation de handicap

Dans le cadre de sa politique d’insertion et d’intégration des personnes en situation de handicap, le logisticien DHL Supply Chain France a établi une charte interne formalisant cette politique sur la période 2020-2022 (‘Charte Handicap 2020-2022’). Le prestataire y prend huit engagements. DHL Supply Chain s’engage non seulement à favoriser les candidatures des travailleurs handicapés en adéquation avec ses besoins, mais aussi à mobiliser ses expertises internes et aides locales afin de favoriser le maintien en emploi des personnes handicapées, à faciliter les démarches administratives de celles-ci ainsi qu’à prendre à sa charge leurs rendez-vous médicaux en journées de travail. Le prestataire assure qu’il leur apportera un développement de carrière identique à celui de ses autres salariés. Il continuera à sensibiliser régulièrement ses équipes au handicap, comme il le fait depuis 2018 via son opération de sensibilisation nationale Handitour, en plus de soutenir l’insertion sociale et économique des personnes en situation de handicap via des partenariats avec les entreprises adaptées (EA) ou des organismes comme les Esat (Etablissement et service d’aide par le travail). La charte stipule également que le logisticien ne communiquera à aucun tiers des informations sur les handicap de ses salariés sans leur accord. En association avec l’Agefiph, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées, DHL promeut déjà l’égalité professionnelle en proposant des offres adaptées. DHL Supply Chain, qui dispose sur le territoire d’un référent handicap, propose pour sa part d’adapter les postes de travail aux personnes en situation de handicap en installant des équipements spécifiques. AD

 
 
Formation
Heppner parraine la promotion 2020 de l’E.S.T.

Les promotions d’étudiants et de professionnels de l’École Supérieure des Transports (E.S.T.) diplômées en 2020 seront parrainées par Heppner. Grâce à ce partenariat, le spécialiste des échanges internationaux au départ et à destination de la France permettra aux étudiants, futurs cadres et dirigeants du Transport Logistique de découvrir la culture, les valeurs et les singularités de l’entreprise (715 M€ en 2018, 3100 collaborateurs) et de contribuer à enrichir leur expérience du monde professionnel notamment via une implication toute particulière de la direction générale de l’entreprise. Un travail sur les softskills (écoute, agilité, le sens du collectif, l’esprit d’entreprendre etc…) est également prévu dans le cadre de ce parrainage. « Nous avons à coeur avec ce partenariat, de proposer à nos étudiants un apprentissage différenciant. Aux côtés d’Heppner, trois axes de relations et d’échanges sont exploités -le mentorat, les conférences, les learning expeditions - pour préparer au monde de l’entreprise par une connaissance complète aussi bien des enjeux stratégiques du secteur que de l’intelligence relationnelle » a déclaré Christine Rhodes, la directrice de l’E.S.T. JLR


 
 
INFOS INTERNATIONALES  

Royaume-Uni
Kuehne+Nagel revend à XPO l’essentiel de sa logistique contractuelle

C’est un portefeuille de contrats logistiques représentant pas moins de 750 millions de francs suisses de CA annuel (soit environ 700 M€) qui s’apprête à changer de mains outre-Manche. Kuehne+Nagel annonce en effet la finalisation en cours de la cession à XPO Logistics d’une grande part des activités de sa branche Logistique Contractuelle au Royaume-Uni. Le périmètre en question concerne les secteurs de la distribution alimentaire, des boissons, ou de la high-tech, soit des dizaines de sites employant quelque 7 500 collaborateurs. On notera que cet ensemble représente près de 14% des activités mondiales de cette branche logistique de K+N (et plus d’une centaine de M€ de plus que son CA France sur ce créneau). « Il y a un an, nous avions annoncé le lancement d’une revue stratégique de nos activités en logistique contractuelle visant à en améliorer la profitabilité et à nous concentrer sur nos piliers de savoir-faire les plus porteurs. En montant cet accord de cession d’une part significative de nos activités non-stratégiques au Royaume-Uni, nous franchissons une étape clé de cette démarche », indique Detlef Trefzger, le CEO du groupe Kuehne + Nagel International AG, en se félicitant d’avoir trouvé avec XPO un nouveau « foyer » pour les clients et employés concernés. La branche logistique de K+N entend toutefois continuer à faire valoir la pertinence de ses solutions sur le marché britannique, mais en ciblant des secteurs comme l’aéronautique, la pharma ou les services publics, qui figurent parmi les leviers-clé de la croissance du groupe. Le volet financier de l’opération n’est pas détaillé, sachant qu’elle devrait être bouclée au second semestre, sous réserve de recevoir un accueil favorable des autorités de la concurrence. MR

 
 

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9 mars 2020


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