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N°3109
Initiative
Le réseau grenoblois Voc-Cov sur plusieurs fronts sanitaires

Au premier jour du confinement, un réseau de compétences et de bonnes volontés s’est constitué au sein de l’écosystème grenoblois sous la bannière Voc-Cov (Volonté d'Organiser, Contre le COVid-19), qui a rapidement réuni une quarantaine de professionnels du tissu local de l’industrie, de la recherche ou de la distribution. Tous sont bénévoles, certains libérés d’une bonne part de leur charge de travail tandis que d’autres font des journées à rallonges. Leur objectif : structurer des initiatives répondant à des enjeux propres à cette période de crise sanitaire. Sans délais, une plateforme internet est mise en ligne (https://www.voc-cov.org/) pour attaquer un premier sujet : le recensement de masques au sein des entreprises locales, et organiser leur mise à disposition des personnels soignants via l’ARS (au premier rang desquels le CHU de Grenoble). Ce premier chantier a permis d’en réunir 18 000 auprès d’une vingtaine d’entreprises de toutes tailles (parmi lesquelles Soitec, STMicroelectronics, Apple ou le CEA), en s’appuyant sur les moyens de collecte, de stockage puis de distribution du spécialiste Urby (mis dans la boucle par la mairie). Et le même principe prévaut pour d’autres EPI, type blouses ou charlottes. « La deuxième idée a été de concevoir un masque plastique, à filtre lavable et remplaçable, destiné aux soignants très exposés », nous explique Pierre-Emmanuel Frot, un des membres de ce collectif spontané (lui-même ancien de Schneider Electric, pendant 24 ans, et depuis l’an dernier en charge d’un programme entreprenariat au sein de la Fondation Grenoble INP, en lien avec les écoles d’ingénieurs grenobloises et l’école de management). Un prototype est mis au point avec des membres du CHU pour l’ergonomie, puis produit en impression 3D. « Nous nous employons à son homologation, en contact avec l’Apave, mais aussi à anticiper les questions d’industrialisation et de logistique. Pour cette phase, le principe d’impression 3D soulève des points quant aux normes pharmaceutiques, le contrôle qualité ou les volumes potentiels à produire, et l’optique est désormais plutôt de s’appuyer sur des industriels de l’injection plastique associés à notre démarche », poursuit-il. Mais le potentiel de l’impression 3D pourrait aussi être mis à profit pour produire des pièces et consommables pour les respirateurs, plutôt dans une optique de maintenance si les fournisseurs existants peinaient à répondre aux besoins. Avec l’avantage de compter sur l’expertise locale d’HP, qui fournit des imprimantes et connaît les clients disposant de capacités en la matière, ou de la société AddUp, créée en 2016 par le groupe Michelin et dédiée à l’impression métallique. « L’enjeu n’est pas de doublonner des filières existantes, mais de pouvoir apporter des réponses concrètes et rapides, si des besoins de back-up se font jour », note Pierre-Emmanuel Frot. MR

 
 
 
Transport
Des millions de masques arrivent par pont aérien depuis la Chine

Le fret aérien n’est pas bon pour l’environnement, mais il n’en demeure pas moins vital dans cette crise du coronavirus. Le gouvernement français ayant passé commande d’un milliard de masques de protection auprès de sociétés chinoises, le 3PL Geodis a été missionné par l’Etat pour acheminer sur le territoire plusieurs centaines de millions de masques depuis l’Empire du Milieu via un pont aérien. Le logisticien, qui a récemment approvisionné en masques les 21 000 pharmacies de l’Hexagone (voir NL 3102), a affrété pour ce faire deux avions cargo Antonov 124 qui assureront 16 vols au cours des prochaines semaines entre la France et la Chine, acheminant toutes les semaines des volumes de livraison de l’ordre de 2 400 m3. Le premier de ces vols, en provenance de Hong-Kong et transportant 8,5 millions de masques, a atterri hier à l’aéroport de Vatry, dans la Marne, un second vol est au programme cette semaine pour l’acheminement de 13 autres millions de masques. Dimanche, un Boeing 777F d’Air France, affrété par Bolloré Logistics et en provenance de Shanghai, avait acheminé à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (95) une centaine de tonnes de matériels médicaux, parmi lesquels 5,5 millions de masques de protection dont une moitié commandée par le groupe de luxe LVMH pour l’État. A noter également que la semaine dernière une opération conjointe menée par Airbus, Bolloré Logistics et le spécialiste de la manutention aéroportuaire WFS a permis l’importation de deux millions de masques vers la France et l’Espagne en utilisant un appareil passagers A330-800 spécialement affrété par Airbus entre Tianjin et Toulouse. Un A400M s’est ensuite envolé le 24 mars vers Getafe pour livrer une partie des masques à l’Espagne. AD

 
   
 

Geodis a affrété deux avions cargo qui assureront 16 vols au cours des prochaines semaines entre la France et la Chine.

Crédit photo Geodis
 
 
 
Enquête
La Fevad livre une radioscopie de l’activité
e-commerce en France

94% des sites e-commerce en France sont toujours ouverts mais 76% ont enregistré depuis le début du confinement un recul des ventes, de plus de 50% pour la moitié d’entre eux. C’est l’un des résultats de l’enquête réalisée par la Fevad entre le 23 et le 25 mars auprès de 136 sites e-commerce B2C, B2B et C2C. Parmi ceux qui ont dû interrompre leur activité e-commerce, les enseignes magasins sont deux fois plus nombreuses que les pure-players. Certains secteurs s’en sortent mieux que d’autres, comme l’alimentaire, la téléphonie-informatique et les produits culturels et éducatifs. A l’inverse, la mode et l’équipement de la maison sont les catégories les plus impactées économiquement. La logistique est évidemment perturbée, ce qui a des conséquences sur les délais de livraison, rallongés dans 85% des cas. Il est à noter par ailleurs qu’un tiers des sites e-commerce proposent la gratuité ou des frais réduits pour la livraison des commandes à domicile pour pallier la fermeture des points retraits. La situation actuelle de l’e-commerce est très fragile : 40% des sites marchands déclarent avoir déjà des difficultés d’approvisionnement et 48% s’attentent à ce que cela se produise. Plus généralement, près de 40% des sites e-commerce ont répondu qu’ils ne pourront résister économiquement au-delà de trois mois dans une telle situation. 20% ont préféré ne pas se prononcer… JLR

 
 
Gestion du transport
Bp2r anticipe une révision des organisations logistiques et SC

Cabinet de conseil en optimisation transport, Bp2r estime que nombre d’industriels et de distributeurs pourraient décider de revoir leurs organisations logistiques et supply chain après la crise du Covid-19. Celle-ci a permis à certains de constater qu’ils n’étaient pas assez résilients, manquaient d’agilité ou encore étaient trop dépendants de quelques fournisseurs, autant de constats qui pourraient aboutir à des modifications de sourcing, relocalisations de production et révisions d’organisations transport, logistique et SC. « Nos clients chargeurs sont mobilisés pour le moment sur l’opérationnel avec cette crise du Covid-19 », souligne toutefois Xavier Villetard, directeur associé de Bp2r. Il s’agit notamment pour les chargeurs de faire face au déséquilibre des flux de transport routier provoqué par la baisse généralisée de la demande issue des fermetures d’usines ou de magasins, en France comme en Europe. « Des transporteurs ont cessé de travailler sur certaines lignes pour ne plus avoir à rouler à vide, ne bénéficiant plus des flux et contre-flux normaux de marchandises », illustre Xavier Villetard. Pour le directeur associé, ils devraient être plus nombreux dans les prochaines semaines, de moins en moins de transporteurs ne pouvant se permettre d’accumuler des pertes de rentabilité. « Les chargeurs trouvent des solutions alternatives auprès de leurs partenaires affréteurs ou bien en sollicitant d’autres partenaires transport », poursuit le directeur associé de Bp2r. Les clients chargeurs du cabinet de conseil font ainsi chaque jour un point avec leurs partenaires en mode gestion de crise. AD

 
   
 

Xavier Villetard, directeur associé de Bp2r.

Crédit photo Bp2r
 
 
Transport
Un trafic fluvial en baisse, mais qui se poursuit

Depuis le déclenchement de la crise sanitaire, les Voies Navigables de France (VNF) ont enregistré une baisse du trafic fluvial de marchandises sur leur réseau d’environ 40 %. L’établissement public explique cette diminution par le ralentissement de l’activité économique ainsi que des difficultés d’approvisionnement rencontrées par des chargeurs, l’activité de fret fluvial qui se poursuit impliquant surtout des produits alimentaires, énergétiques et des déchets de chantiers. Le transport fluvial de marchandises continue ainsi sur les 2 400 km de réseau à grand gabarit gérés par VNF (ils relient les grands ports maritimes, les pôles industriels et les grandes agglomérations). « L’ouverture des installations pour la navigation commerciale y est maintenue sur une amplitude journalière réduite à 10 heures par jour afin de concilier protection des agents sur le terrain et réponse aux besoins de la très grande majorité des flux de marchandises », souligne VNF. Côté réseau à petit gabarit, le long duquel plusieurs entreprises ont suspendu leurs activités, l’ouverture des installations pour le transport de marchandises se fait à la demande des chargeurs auprès des directions territoriales de VNF. « Celles-ci restent en permanence à la disposition des professionnels pour échanger avec eux sur leurs contraintes et leurs besoins, indique Thierry Guimbaud, directeur général de VNF. Nous assurons également un contact régulier avec les organisations professionnelles nationales, comme Entreprises Fluviales de France, pour évaluer la pertinence de notre dispositif, faire évoluer les mesures prises et faciliter autant que possible la vie des chargeurs et transporteurs. » AD

 
   
 

Le trafic fluvial de marchandises a baissé de 40 % sur le réseau VNF avec la crise du Covid-19.

Crédit photo VNF/Françis Cormon
 
 
Conseil
Miebach France propose des micro-interventions bénévoles

La filiale française du cabinet allemand Miebach Consulting, spécialisé dans le conseil et l’ingénierie en logistique et transport, essaye à sa façon de contribuer à « l’effort de guerre » contre le coronavirus en aidant les professionnels de la logistique qui font face actuellement à une suractivité ou une sous-activité dans leurs entrepôts et à des changements profonds comme a des problèmes de « climat de travail » et de peur. « Cela peut prendre la forme d’un coup de pouce bénévole pour réaliser des micro-interventions à distance telles qu’un web-audit pour aider à repositionner son entrepôt ou sa chaine logistique vis-à-vis des surcharges constatées, des rédactions de processus existant ou de nouveau processus à destination des intérimaires , ou du benchmarking pour trouver des idées de solutions pratiquées dans d’autre pays où Miebach est présent (en Europe, Asie et Amérique du Nord et du Sud) » nous a confié Philippe Lavoué, directeur associé de Miebach France. Au niveau « coporate », le groupe a par ailleurs mis en ligne sur son site une revue de toutes ses études, analyses et réflexions face à la situation actuelle et sur les moyens de limiter ses impacts sur la supply chain. JLR

 
   
 

Philippe Lavoué, directeur associé de Miebach France

Crédit photo Miebach
 
 
INFOS INTERNATIONALES  

Etats-Unis
Boeing produit des masques avec ses imprimantes 3D

Parmi les initiatives prises récemment par Boieng pour venir en aide aux professionnels santé figure la production de masques dans plusieurs ses usines équipées de machine de fabrication additives (ou imprimantes 3D) à Saint-Louis (Missouri), El Segundo (Californie), Mesa (Arizona), Huntsville (Alabama) et Philadelphie (Pennsylvanie). L’objectif est de produire dans un premier temps plusieurs milliers de masques par semaine. L’avionneur américain a également proposé de mettre à disposition son Dreamlifter, l’un des plus gros avions cargo du monde, pour le transport urgent de matériel médicaux. JLR

 
 

Afrique
Jumia dégaine l’option de la livraison « sans contact »

Face à la propagation du Covid-19 et afin de renforcer la sécurité de ses clients, de ses livreurs et de ses partenaires, Jumia (spécialiste du e-commerce en Afrique) a annoncé la mise en œuvre d’une solution de livraison « sans contact ». Les commandes devront donc être prépayées en ligne. Une initiative pas anodine sur un continent où beaucoup de commandes se règlent en liquide au livreur lors de la livraison. Cette option s’appuie sur la plate-forme de paiement sécurisée JumiaPay. Les agents de livraison ont donc été formés pour appliquer la procédure requise lors de la livraison. Ils sont invités à appeler ou à envoyer un SMS lorsqu’ils arrivent chez le client, à déposer le colis devant leur porte, puis à s’éloigner d’une certaine distance de sécurité et attendre que le client récupère le colis avant de repartir. JF

 
   
  ©Jumia  
 

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