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N°3113

 
Supply Chain United

Que ce soit pour réapprovisionner en denrées alimentaires les rayons des supermarchés ou pour ramener d’urgence par voie aérienne des millions de masques « made in China » pour le personnel soignant, la logistique est plus que jamais sur le devant de la scène médiatique et politique. C’est tant mieux pour l’image de la profession et l’attractivité des métiers de la Supply Chain, mais dans l’instant présent, cette prise de conscience et cette reconnaissance ne règlent évidemment pas tous les problèmes qui se posent au quotidien. Comment concilier la hausse des volumes dans les plates-formes logistiques du secteur agro-alimentaire et la baisse du taux de présence des équipes sur place ? Comment prendre en charge les conteneurs maritimes qui arrivent d’Asie alors même que mon entrepôt est plein à craquer de produits qui n’ont pas été livrés à mes magasins, fermés depuis trois semaines ? Comment réorganiser ma production pour contribuer à l’effort national en matière d’équipements médicaux ? Comment redonner du cœur à l’ouvrage à mes préparateurs de commandes maintenant que toutes les mesures sanitaires ont été prises pour sécuriser leurs postes de travail ? Ce sont toutes ces questions et bien d’autres (notamment sur la manière de se préparer à l’après) qui animent les responsables de notre communauté. C’est pourquoi les échanges, la collaboration et la solidarité entre pairs n’a jamais été aussi cruciale. On l’a vu la semaine dernière avec ce consortium industriel réuni autour d’Air Liquide, avec les experts des appros et du lean manufacturing de toutes les parties prenantes travaillant de concert pour booster en urgence la supply chain des respirateurs artificiels. On le voit aussi au travers de toutes les initiatives des associations du secteur qui ouvrent des forums, organisent des webinaires, réalisent des sondages pour encourager la collaboration et l’échange d’idées et d’initiatives. C’est aussi dans ce contexte de crise que l’on mesure toute la pertinence d’un club de directeurs Supply Chain comme l’Agora du SCM, qui organise désormais chaque semaine un présentiel géant, où les membres (y compris ceux des deux annexes, Lille-Belgique et Rhône-Alpes) peuvent partager pendant une heure leurs problématiques les plus épineuses et s’inspirer collectivement des approches de leurs confrères pour tenter de les résoudre. Bonne nouvelle, vous n’êtes pas seuls dans l’univers Supply Chain!
Jean-Luc Rognon

 
   
  Ce détournement humoristique du logo du club de football de Manchester United avait été imaginé il y a quelques années par la rédaction pour orner des T-shirts « I Love Supply Chain » à l’occasion des 10 ans de Supply Chain Magazine.  
 
 
Livraisons à domicile
Carrefour s’associe à
Uber Eats, pour l’instant en région parisienne

Pour répondre aux enjeux des courses du quotidien dans le contexte du financement, Carrefour lance aujourd’hui un nouveau service, en association avec Uber Eats. La formule permet aux clients de se faire livrer à domicile des produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien, au départ d’une sélection de magasins Carrefour via les livreurs réunis sur la plateforme jusque-là dédiée à la livraison de repas depuis les restaurants (dont l’activité est pour beaucoup suspendue). Ce lundi, une quinzaine de points de vente dans Paris et sa région apparaissent ainsi dans l’appli Uber Eats, et proposent aux clients de leur zone une sélection de produits (y compris des produits frais ou des fruits et légumes, avec des problématiques de rupture de la disponibilité). Un principe de commande via un numéro unique accessible de 11 h à 23 h a également été mise en place, et l’extension de la formule à l’échelle nationale est au programme, en élargissant le réseau de magasins impliqués et en s’appuyant sur la disponibilité du service Uber Eats dans quelque 190 agglomérations. Une fois préparée, la commande est livrée en 30 minutes en moyenne, sans contact et en respectant les différentes consignes sanitaires de circonstance. Sur le mois d’avril, l’accord passé entre Carrefour et Uber Eats stipule que les frais de livraison seront pris en charge par ce dernier. « Combiner la force des magasins préparateurs Carrefour et l’agilité de l’application Uber Eats va nous permettre de livrer aux clients leurs produits du quotidien de façon très pratique et parfaitement sécurisée. Face à la crise, nous avons le devoir d’imaginer des solutions nouvelles et le digital nous ouvre collectivement beaucoup de possibilités », indique Amélie Oudéa-Castéra, directrice exécutive e-commerce, data et transformation digitale de Carrefour. Rappelons qu’en matière d’initiative, Carrefour avait déjà lancé il y a deux semaines une formule de livraison de différents paniers packagés sur Paris, au départ d’un site opéré par DHL Supply Chain à Trappes (voir NL 30104). MR

 
   
  Crédit photo Carrefour  
 
 
Distribution alimentaire
Coup de chaud chez Picard surgelés

Les transporteurs de produits alimentaires sont fortement sollicités depuis la mise en place du confinement en France. Des clients se sont rués dans les magasins, les tout premiers jours notamment, ce qui n’a pas été sans conséquences sur les stocks de ces distributeurs autorisés à ouvrir durant l’épidémie. Picard surgelés a connu cette forte affluence, ce qui a désorganisé un temps sa chaîne logistique. L’enseigne a ainsi dû fermer provisoirement des magasins - à Paris par exemple - expliquant être momentanément en rupture de stock, ou demander à ses clients de se raisonner dans leurs achats, compte tenu de la pénurie de certains produits. Sofrilog, qui approvisionne les magasins Picard de l’Ouest de l’Ile de France, du Grand Ouest et à l’étranger assure « avoir géré au mieux » avec son client cette suractivité en entrepôt. L’autre grand prestataire de Picard, Stef, n’a pas répondu à nos sollicitations. Le prestataire a t-il assez de camions, de chauffeurs, et de préparateurs de commandes pour livrer son client? Son site de Vitry Sur Seine, proche de la capitale, a t-il pu tourner normalement? Chez Picard, au moins jusqu’à la fin mars, l’approvisionnement du réseau semble en tout cas avoir été restreint à 80% du catalogue et surtout limité à entre 6 et 8 rolls/magasin/livraison (tous les jours pour certains magasins, plusieurs jours/semaine pour d’autres), très en deça des quantités nécessaires pour le renouvellement des stocks en magasins. Selon nos informations, des points de vente ont été priorisés. « Nous avons réglé le problème de logistique des entrepôts à nos magasins » indique en tout cas ce matin Philippe Pauze, le président de Picard, dans une interview aux Echos, en précisant que son entreprise disposait en amont d’une bonne visibilité sur ses stocks, à deux-trois mois. Picard compte environ 1100 magasins en France et à l'étranger et près de 11 millions de clients. Lors de l'exercice 2017/18, la société a réalisé un chiffre d'affaires de près de 1,5 Md d’€. VL

 
 
Association
Afilog lance une enquête sur les conséquences de la crise en immobilier logistique

L’activité en immobilier logistique a été considérablement impactée par la crise sanitaire, que ce soit à la baisse (les chantiers en cours), ou à la hausse (les demandes de baux de courte durée pour stocker les marchandises qui ne trouvent pas de place dans les entrepôts saturés da la distribution spécialisée par exemple). C’est pour suivre toutes les conséquences de cette situation sans précédent sur l’utilisation et le développement de surfaces logistiques tout au long de cette période de confinement et au-delà qu’Afilog a décidé de lancer vendredi une brève enquête sur le sujet auprès de ses membres, mais aussi de toute la communauté Supply Chain. Elle sera renouvelée fin avril/début mai, puis toutes les quatre semaines (selon la durée de la crise…). Le questionnaire comprend une douzaine d’entrées à choix multiple, avec possibilité de laisser des commentaires (notamment sur la manière dont Afilog peut vous aider). JLR

Pour participer à l’enquête Afilog, cliquez ici

 
 
Dernier km
La Poste prend des engagements devant l’Autorité de la concurrence

Une affaire qui aura duré près de dix ans vient de prendre fin pour le groupe La Poste. Elle concerne le calcul de ses remises sur les livraisons de colis, à la suite d’une instruction engagée par l’Autorité de la concurrence après avoir été saisie en 2010 par le ministre de l’Economie de l’époque (Christine Lagarde) et le réseau de points relais Kiala (aujourd’hui dans le giron du groupe UPS sous l’appellation d’UPS Access Point). Le point central de cette instruction portait à la fois sur des pratiques de remises « fidélisantes » et sur l’accord de partenariat conclu avec Mondial Relay, qui prévoyait que La Poste puisse présenter aux e-commerçants une offre de livraison en points de retrait combinant son propre réseau de bureaux de poste et de commerçants avec celui de Mondial Relay. Le second point était déjà réglé, l’accord ayant été suspendu par l’opérateur historique, c’est sur le premier point que les choses ont évolué récemment. La Poste vient en effet de s’engager à mettre fin à tout couplage tarifaire entre ses livraisons de colis à domicile et hors domicile qui pourrait nuire au développement de la concurrence (en proposant des remises aux e-commerçants qui confieraient les deux flux à l’opérateur). Par ailleurs, pour les livraisons de colis à domicile, il n’y aura plus d’effets de fidélisation : La Poste s’engage à déterminer le prix sur la base de grilles de remises incrémentales applicables aux tarifs généraux dans le cas des clients à tarification standardisée, et sur la base de prix nets négociés en fonction des volumes et caractéristiques de ces flux pour les clients à tarification spécifique.AD

 
 
Transport conteneurisé
La FIATA enjoint les armateurs de revoir leurs taxes de surestaries et de détention

Durant cette crise mondial du coronavirus, la FIATA, l'association internationale des transitaires et commissionnaires de transport, invite les compagnies de transport maritime conteneurisé à revoir leurs pratiques en matière de charges de surestaries (demurrage charges en anglais) et de détention. Rappelons que ces taxes sont facturées au client ou au commissionnaire, à l’import ou à l’export, pour les conteneurs restant sur le terminal (surestaries), ou conservés en dehors du terminal portuaire (détention) au-delà du temps de franchise (free time). La Fiata renvoie notamment au « principe d’incitation » (incentive principle) défini par la FMC américaine (Federal Marine Council) dans le cadre de son approche interprétative de la rationalité des pratiques de frais de surestaries et de détention. En règle générale, ces taxes se justifient à la fois pour dédommager la compagnie maritime pour l’utilisation plus longue que prévue de ses conteneurs, mais aussi pour encourager la rotation des flux de conteneurs. Or dans la situation actuelle, avec les restrictions de mouvement de biens et de personnes imposées par les gouvernements pour enrayer la propagation du virus, la Fiata estime qu’il n’est pas logique d’imposer une charge financière censée motiver l’importateur à prendre son conteneur ou à le rendre dans les temps alors que le terminal ou le port ne sont eux-mêmes pas en mesure de se conformer aux prérequis de livraison. La fédération internationale demande donc que dans la situation actuelle, ces pratiques soient stoppées ou au moins amendées (avec une flexibilité dans le paiement) car le fait que les conteneurs ne puissent pas être bougés ne relève pas de la responsabilité de l’importateur. JLR

 
   
 

La Fiata estime qu’il est illogique dans la crise sanitaire actuelle d’imposer une charge financière censée motiver l’importateur à prendre son conteneur ou à le rendre dans les temps alors que le terminal ou le port ne sont eux-mêmes pas en mesure de se conformer aux prérequis de livraison.

Crédit photo CMA CGM
 
 
INFOS INTERNATIONALES  

Allemagne
Expert SE dote son site de Langenhagen d’une installation TGW

Le distributeur de produits électroniques Expert SE a retenu le spécialiste autrichien TGW Logistics Group pour équiper une extension automatisée de son centre de distribution de Langenhagen, au nord de Hanovre (qui accueille le siège de la branche allemande d’Expert International, la structure zurichoise créée en 1967 qui chapeaute les activités de plus de 4 000 points de vente dans 21 pays, soit un CA total de 15 Md€). À l’échelle de l’Allemagne, Expert SE est le 2ème détaillant électronique avec ses 410 magasins et 2,14 Md€ de CA, et la future installation lui permettra d’automatiser à la fois la préparation des commandes magasin et celles passées via internet. D’ici 2021, son entrepôt central va se doter d’un nouveau bâtiment qui accueillera un système en « goods to man » Flashpick de TGW reposant sur un magasin automatique disposant de plus de 50 000 emplacements répartis sur 30 niveaux, avec quatre allées. Il sera opéré par quelque 120 navettes Stingray, et desservira une dizaine de postes de travail PickCenter One. L’installation comprendra également plusieurs km de convoyeurs à bacs et palettes, sachant qu’une des particularités du système tient au choix d’Expert d’opter pour une nouvelle solution d’expédition mobilisant des bacs réutilisables, plutôt que de classiques cartons jetables. Le tout sera orchestré par la suite logicielle de TGW, qui remplacera le WMS utilisé sur place et fera office d’interface centrale pour piloter la performance de cet outil qui doit permettre d’accélérer le traitement des commandes. La collaboration entre Expert SE et TGW intègre d’ailleurs un contrat de services signé pour deux ans afin de tirer le meilleur parti de la future installation en matière d’exploitation. MR

 
   
  L’une des particularités du projet réalisé par TGW pour Expert SE tient au choix du distributeur d’expédier les produits électroniques destinés à ses 410 magasins dans des bacs réutilisables.

© TGW Logistics Group
 
 

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