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N°3120
Planification
Quelques axes de travail de Citwell pour préparer l’après

Qu’elles aient mis leurs usines et leurs entrepôts au ralenti, voire à l’arrêt, ou qu’elles gèrent au contraire l’urgence et la suractivité, les entreprises se doivent d’anticiper la phase de redémarrage post-confinement. Durant la période de remise en route, qui pourrait durer une semaine à 6 mois selon les activités, il faudra dans la plupart des cas s’appuyer sur des processus révisés en matière de prévisions et de planification. C’est l’une des pistes de réflexion de Citwell : « Il va y avoir des changements dans la manière d’instruire le processus S&OP, pour passer à un mode de fonctionnement en allocation car comme les cadences ne vont pas reprendre en deux ou trois jours, on ne pourra pas livrer tout le monde. Il faudra faire des choix selon des critères de clients stratégiques ou non, de zones géographiques ou de maîtrise des marges financières » explique Guillaume Allemand, son directeur général délégué. Le cabinet de conseil a une grande expérience de ce mode « alloué », avec des clients du monde des vaccins par exemple. « Ce qui rend cette crise sanitaire et économique inédite, c’est qu’elle se traduit à la fois par un affaiblissement de la demande, et par un choc très important sur l’offre, sur la capacité de production. Le comportement de la demande dans les semaines à venir sera donc fortement lié à l’offre proposée, avec de fortes différences selon les secteurs autorisés à redémarrer ou pas. Par exemple, en France, le secteur du bâtiment pourrait redémarrer beaucoup plus vite que le secteur automobile, entrainant ainsi des comportements et niveaux de consommation complètement différents de notre part pour l’achat d’une voiture ou la rénovation de notre maison ». Selon lui, durant la période de « réamorçage », la problématique de certaines entreprises sera d’abord de gérer la demande contrainte, liée à la production, et de ne revenir au signal de demande non contrainte que quand l’entreprise sera capable de produire 80% de la demande. Une autre piste d’évolution du processus S&OP à l’étude chez Citwell porte sur le renforcement de l’instruction de scénarii de la demande haut, moyen, bas, pour aider de manière réactive les dirigeants dans leurs prises de décisions et leurs arbitrages, en fonction de l’évolution réelle de la demande au fil des semaines. Le cabinet s’intéresse également à une utilisation de l’IA pour modéliser la demande dans cette phase de réamorçage de l’économie et de sortie progressive de la crise sanitaire. « Le principe serait de ne pas seulement utiliser les données historiques des précédentes crises, mais de rechercher des corrélations avec des données extrinsèques comme les données épidémiologiques, car il paraît évident qu’il y aura un lien, dans les semaines à venir, entre le comportement de la demande et les données ou courbes de contamination au Covid 19, quel que soit leurs profils mono-vague ou multi-vagues » nous confie Guillaume Allemand. JLR

 
   
 

Guillaume Allemand, directeur général délégué de Citwell, à l’occasion de la conférence organisée par le cabinet lors de l’édition 2019 de Supply Chain Event sur… les défis posés au secteur pharma.

Crédit photo DR
 
 
 
E-commerce
Les centres de distribution français d’Amazon font un break

Suite à l’injonction du tribunal judiciaire de Nanterre de limiter temporairement son activité e-commerce en France aux marchandises essentielles (voir NL 3119), Amazon a décidé hier de fermer temporairement, à compter de cet après-midi, ses six centres de distribution français pour une durée initiale de 5 jours (soit jusqu’au 20 avril inclus, les salariés étant placé en chômage partiel). L’e-commerçant estime que c’est pour l’heure la meilleure solution, au vu de l’amende de 1 M€/j par infraction imposée par le tribunal, et face à la complexité logistique du cantonnement de l’activité aux seules marchandises essentielles (produits alimentaires, médicaux et d’hygiène), sur un assortiment d’Amazon.fr comptant quelque 250 M d’articles. Amazon fait appel de cette décision judiciaire qui le laisse perplexe, compte tenu des « preuves concrètes apportées sur les mesures de sécurité (…) mises en œuvre » et de « l'énorme investissement (…) réalisé pour assurer et renforcer par des mesures additionnelles la sécurité de nos collaborateurs qui sont restés mobilisés pendant cette crise». Le communiqué d’hier soir indique en outre, sans donner plus de détails, que l’action syndicale qui a conduit à cette décision aura probablement des conséquences « à plus long terme » sur les milliers de collaborateurs d’Amazon en France et sur son réseau logistique dans l’Hexagone. Le géant du e-commerce envisagerait-il à mots couverts d’investir massivement dans l’automatisation de ses entrepôts, ou bien de s’appuyer plus largement encore sur ses plateformes des pays limitrophes pour préparer les commandes passées par les consommateurs français ? Mystère. « Nous travaillerons activement pour réduire l'impact que cette décision pourrait avoir sur les TPE et PME françaises qui s'appuient sur nos centres de distribution pour livrer leurs produits » conclut le communiqué. A priori, les commandes seront toujours enregistrées sur le site Amazon.fr et les agences de livraison, alimentées par les plateformes de son réseau de distribution mondial, sont toujours en opération, y compris pour les acteurs de sa marketplace dont les produits ne sont pas sur ses propres sites. JLR

 
 
 
Gel hydro-alcoolique
Cooper revisite son organisation logistique

Fabricant de produits et dispositifs médicaux distribués via les 22 000 pharmacies et parapharmacies françaises, Cooper a fortement revu ses process de production et son organisation logistique avec la crise du Covid-19. N°1 du marché des gels hydro-alcooliques avec sa marque Baccide (45 % de part de marché jusque-là), le laboratoire pharmaceutique a en effet dû composer avec une explosion de la demande, le marché du gel vendu en pharmacie étant passé de 0,5 million d’unités en décembre 2019 à 1 M le mois suivant, puis à 6 M en février 2020. Face à cette mise sous tension de son activité et de ses trois usines de Melun et Saint-Fargeau-Ponthierry (77), Cooper a rapidement décidé, d’une part de ne commercialiser provisoirement que 1 700 des 3 700 références proposées jusqu’ici par sa soixantaine de marques, et d’autre part d’internaliser la fabrication d’une solution hydro-alcoolique sur son site melunais tout en sollicitant en parallèle deux partenaires industriels lillois et stéphanois pour la production de gel avec de nouveaux flaconnages (de 50 ml à des bidons de 5 litres…). Horaires et process de travail ont été revus dans son entrepôt de 40 000 m² à Melun, qui dispose de 14 000 emplacements palettes et traite 25 à 30 000 lignes de commandes par jour, pour toutes les marques du groupe (ses livraisons étant assurées par Heppner et TNT Express). « Les plages horaires entre les prises de postes des deux équipes ont été rallongées afin que les opérateurs ne se croisent pas, et le temps de travail de ces derniers a été réduit de 20 % pour tenir compte de la réduction du nombre de références commercialisées, indique Hervé Leygnac, le directeur logistique de Cooper. Les taux de rotation de l’ensemble des produits que nous traitons actuellement ont tous fortement augmenté et la demande sur certaines références a été si forte que cela crée d’inévitables tensions sur les stocks. Mais malgré cela, nous livrons toujours régulièrement l’ensemble de nos clients sur tout le territoire ». Le laboratoire y parvient d’autant mieux que son sourcing s’appuie sur des fournisseurs français, à 85 %. « Cette crise nous a confirmé que l’agilité était nécessaire voire indispensable en logistique », conclut Hervé Leygnac. Rappelons par ailleurs que dans les jours suivant le début du confinement, le groupe Pernod Ricard avait fait don d’un stock de 70 000 litres d’alcool pur à Cooper pour lui permettre d’augmenter sa production de solutions hydro-alcooliques à destination des pharmacies (voir NL 3101), et que de son côté, le laboratoire a décidé d’offrir 80 000 litres des solutions en question aux personnels de santé et hôpitaux. AD

 
   
 

Cooper exploite un entrepôt de 40 000 m² à Melun, qui assure les opérations de stockage, de préparation de commandes et d’expédition pour sa soixantaine de marques.

Crédit photo DR
 
 
 
Fret maritime
Les annonces de blank sailings en accès gratuit chez Ocean Insights

Depuis la mi-mars, le spécialiste de la traçabilité temps réel de conteneurs maritimes Ocean Insights met à la disposition des chargeurs un listing des navires ou escales annulés (blank sailings). Conçu à partir d’informations recueillies via sa solution Container Track & Trace, celui-ci recense les annulations sur les routes maritimes transpacifiques, transatlantiques et Est-Ouest issues des alliances maritimes 2M, Ocean Alliance et The Alliance. Actualisée tous les deux jours, cette liste est accessible gratuitement après avoir enregistré ses coordonnées sur son site (cliquez ici). Le moins que l’on puisse dire, c’est que le nombre des annulations a « explosé » depuis le déclenchement de la crise du Covid-19. Ocean Insights a ainsi recensé près de 400 blank sailings sur la période allant de la mi-mars à la fin avril. La capacité mondiale de transport global de conteneurs est passée pour sa part de 16,8 à 15,5 M de conteneurs EVP entre la mi-janvier et début mars. « Beaucoup de compagnies maritimes ont remplacé des navires de grande capacité par des navires de plus petit volume, en particulier sur les routes maritimes asiatiques où la capacité a diminué de 23 % entre mi-janvier et mi-mars », souligne Ocean Insights. Malgré la suppression d’escales à l’occasion du nouvel an chinois, la plateforme n’a en revanche pas constaté de détérioration significative des performances portuaires. « Mais avons noté une reprise particulièrement lente des trafics en provenance de Chine et de l’Asie de l’Est, et des temps de transit plus longs sur certaines routes », indique Josh Brazil, directeur des opérations d’Ocean Insights. AD

 
   
 

Ocean Insights a recensé près de 400 blank sailings sur la période allant de mi-mars à fin avril 2020.

Crédit photo Ocean Insights
 
 
 

Kepler recrute un directeur associé expert en SC

Spécialiste de l’optimisation de marge et de la performance opérationnelle, le cabinet de conseil Kepler annonce l’arrivée de Fabrice Marieau au sein de son équipe, en tant que directeur associé. Diplômé de l’École d’ingénieur de Marseille (EIM) et titulaire d’un MBA d’HEC, celui-ci dispose d’une grande expérience, à la fois en performance industrielle et en gestion opérationnelle et SC. Il a exercé pendant 14 ans chez des acteurs de l’industrie et de l’énergie en Europe et en Asie (KSB, Emerson, Hoya Vision Care, OMV), souvent au sein de leur comité exécutif et avec pour mission de piloter des activités multi-sites d’engineering, de manufacturing et de SC. Il compte par ailleurs 12 ans d’expérience dans le conseil en management et le business développement, notamment au service de projets à l’international pour le compte du cabinet de conseil Kxiop. « Il va nous permettre de renforcer notre notoriété, notre expertise et nos activités particulièrement dans les secteurs du transport, de l’aéronautique, de l’industrie et du luxe pour lesquels nous accompagnons déjà de nombreux clients sur des problématiques achats et innovations », souligne Lionel Muller, associé fondateur de Kepler. Depuis 2018, Fabrice Marieau exerçait comme senior advisor au sein du cabinet de conseil en management opérationnel DuPont Sustainable Solutions. AD

 
   
  Fabrice Marieau, directeur associé de Kepler.

Crédit photo : DR
 
 
INFOS INTERNATIONALES  

Belgique
Le port d’Anvers pas encore impacté par la crise du Covid-19

Sur le premier trimestre 2020, le port d’Anvers a traité 59,1 millions de tonnes de marchandises (+ 4 %) et un peu plus de 3 millions de conteneurs équivalent vingt pieds, ou EVP (+ 9,5 %). « La croissance notable des trafics conteneurisés a compensé le recul des autres secteurs d’activité comme le fret conventionnel non conteneurisable (-27,8%) et le transport roulier (-20,3%) », souligne son communiqué. Sans surprise compte tenu le contexte de pandémie, la hausse du trafic conteneurs a été particulièrement sensible au niveau des flux de produits pharmaceutiques et du e-commerce, ainsi que sur les produits alimentaires longue conservation. « A l’exception d’un léger recul des flux de marchandises provenant d’Extrême-Orient (-2,2%), toutes les régions commerciales ont enregistré une forte croissance », relève par ailleurs le port d’Anvers. L’avenir ne s’annonce pas rose pour autant : « Plateforme internationale de flux de marchandises, le port sera inévitablement affecté par la crise sanitaire, reconnaissent les autorités du deuxième port européen. Son impact a été encore limité au premier trimestre, mais il devrait être sensible dans les trois mois en raison des suspensions de liaisons maritimes et de la paralysie totale ou partielle de certains secteurs industriels en Europe occidentale, comme l’automobile, et la modification des modes de consommation ». AD

 
   
  Le trafic conteneurs du port d’Anvers a progressé de 9,5 % au 1er trimestre, avec un peu plus de 3 millions d’EVP.

Crédit photo : port d’Anvers
 
 

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