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N°3123
Logistique de santé
Le point sur la livraison des masques de protection vers les pharmacies

Le processus est désormais bien huilé : chaque semaine, entre le mercredi et le vendredi, 7 à 8 millions de masques de protection à destination des personnels soignants sont livrés aux quelque 21 000 pharmacies de l’Hexagone. Cette semaine aura lieu la sixième opération de livraison depuis le début du confinement. En amont, les masques, approvisionnés en grande partie de Chine par pont aérien, sont stockés dans l’entrepôt central de Santé Publique France, situé à Marolles dans la Marne, non loin de l’aéroport de Vatry. La dotation de masques destinée aux pharmacies d’officine est alors récupérée par le dépositaire pharmaceutique CSP (contacté par les autorités sanitaires dès la fin février). C’est lui qui prépare les palettes de boîtes de masques à destination des 183 agences des répartiteurs pharmaceutiques, spécialistes de la distribution aux officines (OCP Répartition, Alliance Healthcare France, Astera /CERP Rouen, CERP Rhin-Rhône-Méditerranée, CERP Bretagne-Atlantique, Phoenix Pharma et Giphar). Chaque agence livre ensuite une centaine de pharmacies, en flux poussés. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Ce schéma avait pourtant été mis en place début mars, avec une première vague de distribution le 2 mars en flux poussés d’une quantité égale de masques pour chaque pharmacie (quelle que soit sa taille), suivie une semaine plus tard d’une deuxième sur des régions bien ciblées (Grand est, Ile de France, Morbihan, Haute-Savoie). JLR

(voir suite de l’article)

 
   
 

Le schéma de distribution vers les pharmacies des masques de protection pour les personnels soignants passe par le dépositaire CSP et les 183 agences des répartiteurs pharmaceutiques.

Crédit photo copyright Daniel Stockman/ Creative Commons
 
 
 
Logistique de santé (suite)
L’épisode Geodis n’a pas été reconduit

En revanche, la troisième livraison, qui a eu lieu aux alentours du 18 mars (la première post-confinement), s’écarte de ce schéma, Santé Publique France ayant décidé de confier l’intégralité de l’opération à Geodis (voir NL 3102), le partenaire logistique stratégique de tous les ministères français. Le prestataire, qui est aussi l’un des principaux acteurs des quatre vols par semaine du pont aérien mis en place avec la Chine (avec Bolloré Logistics et Air France notamment), s’est acquitté de sa tâche de distribuer les colis aux 21 000 pharmacies, en faisant notamment appel à des partenaires externes. Pourquoi ce changement ? Sans doute les autorités sanitaires ont-elles pensé qu’elles éviteraient ainsi une rupture de charge pour accélérer les flux. Malheureusement, au final, l’opération n’est pas une totale réussite, beaucoup de pharmacies s’étant plaintes de n’avoir pas été livrées dans les temps, ou dans des quantités inférieures à ce qui était prévu. Devant ce constat et afin de voir comment remédier au problème, la cellule de crise du Ministère de la Santé et de Santé Publique France a consulté plusieurs experts dès le 24 mars, notamment Jean-Pierre Houssin, ex directeur des opérations d’OCP Répartition pendant 25 ans et aujourd’hui Supply Chain Senior Advisor. Finalement, le circuit initial CSP + Grossistes Répartiteurs est remis en place une semaine plus tard, avec l’étroite collaboration de la CSRP (Chambre Syndicale de la Répartition pharmaceutique), et un ajustement plus fin des dotations de masques suivant la taille et la zone géographique de la pharmacie. En revanche, pour la distribution des masques aux hôpitaux, les dépositaires pharmaceutiques, pourtant spécialistes en la matière, ne sont pas mis dans la boucle : les stocks alloués par Santé Publique France arrivent directement chez les 136 GHT (groupements hospitaliers territoriaux) qui redistribuent ensuite les masques à destination des 14 000 établissements de santé (hôpitaux, cliniques, Ehpad, etc). JLR

 
   
 

La première vague post-confinement de livraison de masques aux pharmacies d’officine a été effectuée par Geodis, partenaire logistique stratégique de tous les ministères français.

Crédit photo Geodis
 
 
 
Coopérative agricole
Stanor va doter son site de Moissac d’un magasin automatisé Alstef

Si le déroulement de certains projets d’automatisation peut être perturbé par la crise sanitaire, notamment ceux en phase de montage, toutes les perspectives des spécialistes de l’intralogistique ne sont pas subitement passées au rouge. Alstef annonce ainsi la signature d’un projet de magasin automatisé avec la coopérative fruitière Stanor, qui produit, calibre et conditionne quelque 60 000 tonnes de pommes par an (et relève avec une dizaines d’autres coopératives du groupe Blue Whale, 1er exportateur français de pommes). Le site de Stanor à Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, est actuellement pleinement mobilisé pour assurer l’approvisionnement des commerces français, mais compte bien sur cette future installation pour accompagner ses perspectives de croissance, l’investissement ayant été décidé avant le confinement. Sa collaboration avec Alstef s’inscrit dans une réflexion sur la gestion de ses flux et sur l’augmentation de ses capacités de stockage, et l’intégrateur va réaliser sur place une installation permettant le stockage de 16 000 palox (des caisses palettes de 1,2x1,2 m au sol, pour une hauteur de 78,7 cm) au sein d’une zone en température régulée (entre 1 et 4 °C). Ce magasin sera opéré via 4 transstockeurs permettant de manutentionner ces pallox par trois, des caméras embarquées permettant en outre de faciliter la détection d’éventuels problèmes et de limiter les situations de travail en hauteur. L’ensemble sera piloté par le WMS/WCS Stockware d’Alstef pour optimiser la gestion des emplacements de stockage, des références et des entrées/sorties, en lien avec l’ERP de Stanor. La finalisation de l’installation est prévue pour le 2ème trimestre 2021, sachant que des tests d’émulation devraient permettre de simuler les flux et de tester le système de pilotage pour garantir une mise en route rapide et fiable. MR

 
   
 

Le site de la coopérative fruitière Stanor est déjà largement automatisé, ici pour la palettisation, et va se doter d’ici un an d’un magasin opéré par 4 transstockeurs réalisé par Alstef.

Crédit photo Stanor
 
 
 
Cabinet de conseil
Diagma propose un accompagnement pour la reprise

La nouvelle offre « Réussir sa reprise post Covid-19 » initiée par le cabinet Diagma est un accompagnement des entreprises en quatre étapes : réalisation d’un état des lieux des opportunités/ menaces pour la reprise, identification des impacts sur la SC, démarche de mise en cohérence et enfin définition de la feuille de route «reprise Supply Chain ». « L’urgence d’une réponse à cette crise à très court terme ne doit pas occulter le besoin de préparer dès maintenant la reprise d’activité, qui sera chaotique » prévient Aurélien Jacomy, associé chez Diagma, tout en soulignant l’importance de ne pas perdre des ventes sans laisser exploser les coûts logistiques pour éteindre des incendies. Parallèlement, le cabinet lance un sondage auprès des entreprises afin d’estimer l’impact de la crise sanitaire sur leur supply chain. L’objectif est de faire l’inventaire des actions menées à ce jour pour y faire face et des mesures envisagées pour la période de redémarrage. Les résultats de ce mini-benchmark pourront ainsi aider industriels et distributeurs à mieux se positionner pour se préparer à la reprise par rapport à leur marché. «La manière la plus efficace pour redémarrer est de construire une Task Force dont l’objectif sera d’élaborer le plan de reprise et de piloter sa mise en œuvre » conseille par ailleurs Olivier Gautier, consultant chez Diagma. JLR

Pour participer à ce sondage, cliquez ici

 
   
 

Aurélien Jacomy, associé chez Diagma

Crédit photo Diagma
 
 
Erratum
Hommage à Alain Katz, le fondateur de Métis Consulting

La semaine dernière, dans la NL 3121, nous avons avons commis une erreur en qualifiant Jean-Marc Soulier, le directeur de la practice Supply Chain chez Wavestone, de fondateur de Métis Consulting. Si Jean-Marc Soulier a bien été président de cette société rachetée par Wavestone il y a un an, il n’en est pas pour autant le fondateur. C’est le regretté Alain Katz, décédé en décembre 2011 des suites d’un infarctus (voir NL 1318) qui a créé Métis Consulting, en 1999. JLR

 
 
Plateforme collaborative
Ontruck France va s’attaquer au transport inter-régional

Plateforme collaborative transport d’origine espagnole implantée en France début 2019 (voir NL 2862), Ontruck va ouvrir l’accès à des liaisons entre l’Ile-de-France et les Hauts-de-France d’ici à la fin avril, puis entre l’Ile-de-France et la région Auvergne-Rhône-Alpes avant la fin 2020. Depuis son arrivée dans l’Hexagone, la start-up commissionnaire de transport n’opérait que dans le domaine de la courte distance en région parisienne, permettant aux chargeurs de solliciter des transporteurs de proximité préalablement sélectionnés. La plateforme comptabilise à ce jour plus de 3 000 courses par mois, et référence aujourd’hui quelque 500 partenaires transporteurs et environ 200 clients dont les distributeurs et industriels Decathlon, Auchan, et P&G. « Nous avons décidé de nous lancer dans le transport national à la demande de nos clients, et notre nouvelle offre sera proposée uniquement en mode chargement complet faute de disposer de plateformes cross-dock », souligne Nicolas Lubeth, directeur général d’Ontruck France. La start-up ambitionne ainsi de poursuivre son développement à l’échelle du territoire, en visant un doublement du nombre de ses partenaires transporteurs et en ouvrant des bureaux ailleurs qu’à Paris. À l’heure actuelle, la crise sanitaire n’est pas sans conséquence sur l’activité de la plateforme : « Sur la seule première semaine du confinement, notre taux d’annulation et de modification de courses de la part des chargeurs est passé de 10 % à 40 %, illustre-t-il. Mais ce taux est revenu à un niveau normal après cette première semaine de désorganisation totale. » Dans ce contexte exceptionnel, Ontruck a décidé de baisser légèrement ses tarifs chargeurs, sans toucher au niveau de rémunération des transporteurs, souhaitant soutenir à sa manière ses partenaires et clients. « Ontruck travaille par ailleurs sur une nouvelle levée de fonds pour la fin 2020 ou le début 2021 », note Nicolas Lubeth. Elle viendrait s’ajouter à celle de 25 M€ réalisée en 2018 (voir NL 2723), et permettrait notamment à la start-up de s’implanter dans de nouveaux pays et d’ouvrir de nouveaux bureaux dans ceux où elle est déjà implantée (Espagne, Royaume-Uni, France et Pays-Bas). AD

 
   
 

Nicolas Lubeth, directeur général d’Ontruck France

Crédit photo Ontruck
 
 
Cabinet de conseil
Suppleo virtualise son Club Supply Chain

Le cabinet de conseil lillois Suppleo est un habitué des évènements thématiques avec ses clients et prospects du retail et de la supply basés dans les Hauts-de-France, au travers du « Club Supply » qu’il anime et organise 4 ou 5 fois dans l’année. Crise sanitaire oblige, la prochaine session sera un Club Supply virtuel, en ligne, et ne sera plus réservé aux seuls adhérents du Club Supply mais ouvert à toutes les marques et enseignes du retail. Elle aura lieu le vendredi 24 avril, de 14 h à 16 h, avec un témoignage sur la gestion de crise en milieu pharmaceutique (Hubert Carpentier, DSIO de Giphar), une revue des impacts magasins avec un focus sur les services digitaux tels que les drives piétons ou le ship from store, et une partie consacrée à l’anticipation de la reprise où seront notamment abordées les questions liées à la reconstitution des modèles de prévisions pour les outils d’appro et à la priorisation et la gestion des portefeuilles de commandes. JLR


Contact : a.routaboul@suppleo-conseil.fr
 
 
INFOS INTERNATIONALES  

Belgique
Le port d’Anvers veille à la distanciation sociale via un bracelet électronique

Afin d’assurer le respect de la distanciation sociale qu’implique la lutte contre la propagation du Covid-19, le port d’Anvers a décidé de tester un bracelet électronique développé à cet effet par la start-up belge Rombit, spécialiste des solutions et applications IIoT (Industrial Internet of Things). Le deuxième port européen sera le premier utilisateur de ce dispositif nommé Romware Covid Radius, adapté d’un bracelet déjà lancé qui permet de détecter des situations à risque sur des installations portuaires ou industrielles (le Romware One). Le tout en recourant à une connectivité assurée via les réseaux de données bas débit. La nouvelle déclinaison de ce bracelet garantit le respect de la distanciation sociale en émettant un signal lorsque des personnes s’approchent trop près les unes des autres, ou permet de veiller à la densité d’opérateurs dans une zone donnée. « Le respect de la vie privée reste garanti puisque le dispositif n’envoie à l’employeur aucune information sur la localisation du porteur ou toute autre donnée sensible », précise le port d’Anvers. Autre fonctionnalité majeure proposée par le bracelet en cette période de crise sanitaire : le suivi de contacts. En cas de contamination d’un salarié, un conseiller prévention ou une personne habilitée peut vérifier avec quels collègues cette personne est entrée en contact afin de prévenir la propagation du virus. « L’innovation et la digitalisation sont des outils précieux en temps de crise, note Jacques Vandermeiren, Pdg du port d’Anvers. Il est essentiel que la zone portuaire continue de fonctionner et que la sécurité de nos collaborateurs soit assurée. Nous attachons donc beaucoup de crédit à ce type de solution et allons prochainement équiper nos collaborateurs sur site du bracelet Romware Covid Radius. ». Du côté de la start-up, qui avait bouclé en octobre dernier une levée de fonds de 10 M€ pour assurer son développement, on précise que ce nouveau dispositif ne sera disponible qu’en volume limité à partir de mai. AD

 
   
  Le bracelet électronique que compte utiliser le port d’Anvers pour veiller à la distanciation sociale a été développé sur la base d’une solution précédente par le belge Rombit, spécialiste des solutions et applications IIoT. Crédit photo : Rombit  
 

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