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N°3127
 
Supply Chain Management de crise

Une enquête de la cellule investigation de Radio France révélait jeudi dernier que 8 500 des 10 000 respirateurs artificiels commandés par l’Etat et produits actuellement par un consortium autour d’Air Liquide (voir NL 3110) seraient inadaptés à un usage en réanimation à l’hôpital pour des malades atteints du Covid-19 en détresse respiratoire aiguë. On y apprend que le besoin initial était de 10 000 appareils, répartis à parts égales entre le modèle Monal T60 et un modèle plus basique, et plus simple à assembler, l’Osiris 3, d’habitude plutôt destiné aux ambulances. Et que pour tenir le délai record de 50 jours et compte tenu des difficultés logistiques d’approvisionnement des pièces disponibles, il a finalement été décidé de modifier cette répartition et de ne produire que 1500 T60 contre 8500 Osiris. Dans un communiqué publié lui aussi jeudi dernier, le gouvernement a tenu à éteindre toute polémique et à apporter quelques précisions. Il confirme que modèles Osiris sont effectivement des respirateurs d’urgence et de transport, mais que « leur usage en service de réanimation, en cas d’indisponibilité de respirateurs plus lourds et en dernier recours, avait été validé par les deux sociétés savantes françaises de réanimation ». Il affirme surtout que la commande passée à Air Liquide relève d’un « choix de prudence et de responsabilité », en rappelant que la décision a été prise « à un moment où le nombre de patients admis en réanimation continuait de croître très rapidement, et où il apparaissait absolument nécessaire de sécuriser la capacité à armer un nombre de lits de réanimation beaucoup plus important ». Loin de moi l’idée d’alimenter une vaine polémique sur ce sujet. Je trouve simplement qu’il illustre parfaitement la problématique du Supply Chain Management, qui est d’arriver à faire correspondre l’offre à la demande, dans les délais impartis et en tenant compte de toutes les contraintes logistiques. En temps normal, l’exercice s’avère déjà délicat, et il l’est d’autant plus dans l’urgence d’une crise sanitaire de cette ampleur.
Jean-Luc Rognon

 
 
 
Textile
Agnès Pannier-Runacher fait le point sur la production de masques grand public

« L’exceptionnelle mobilisation de l’industrie textile française a déjà permis la production de plus de 41 millions de masques grand public depuis le 30 mars » a déclaré Agnès Pannier-Runacher, lors d’une téléconférence de presse ce midi. La secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances a fait le point sur ces masques filtrants en tissu, le plus souvent lavables et réutilisables, qui devraient être disponibles à la vente via différents canaux (dont les pharmacies, les buralistes, et la grande distribution) dès le 4 mai. A partir de début mai, la montée en cadence de la production en France et l’accroissement des volumes importés permettront de disposer chaque semaine de plus de 26 millions de «masques grand public » (pour moitié importés). Selon les prévisions, ces livraisons hebdomadaires devraient ensuite grimper à 31 M, puis 38 M de masques les semaines 19 et 20. La plupart de ces masques étant réutilisables, 5, 10 ou 20 fois, selon les modèles (les prototypes de 242 entreprises ont été testés et qualifiés pour leurs propriétés filtrantes et respirantes), le gouvernement donne également les prévisions hebdomadaires de masques grand public en nombre d’usage unique (un masque lavable 5 fois est ainsi comptabilisé comme 6 usages uniques) : 271 M cette semaine, 371 M en semaine 19 et 511 M en semaine 20. Selon Guillaume de Seynes, le président du Comité stratégique de la Filière (CSF) « Mode et Luxe », la mobilisation de l’industrie française permet d’atteindre actuellement une capacité de production de 3 M de masques grand public par jour (au trois quarts des modèles lavables). Sur tous les masques conformes aux spécifications détaillées de l’Afnor seront apposés le logo « Filtration garantie » (à 70% ou 90%), avec le nombre de lavages possibles. Agnès Pannier-Runacher a par ailleurs demandé à la DGCCRF un plan d’actions dans les 48 h sur un éventuel contrôle sur la qualité et les prix de ces masques. « Nous prendrons une décision à ce sujet dans les jours qui viennent » a-t-elle indiqué. JLR

 
   
  Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, et Olivier Peyrat, directeur général de l’AFNOR, lors de la conférence de presse de ce midi

Crédit photo DR
 
 
 
Filière
France Logistique formule 7 propositions pour la relance

Jeudi dernier, l’association France Logistique a remis aux pouvoirs publics un mémorandum en sept points destiné à « aider la filière à se relancer au service de ses clients ». La crise sanitaire et le contexte du confinement auront au moins souligné son rôle stratégique aux yeux des français comme de leurs gouvernants, relève le communiqué de l’association officiellement lancée en début d’année sous la houlette de Anne-Marie Idrac (voir NL 3051). Mais l’heure n’est plus vraiment à la stratégie de reconquête de points de compétitivité de la filière logistique française –le terme n’apparaît pas- mais il s’agit de « préserver sa survie ». Le document élaboré avec les représentants des différentes organisations fondatrices de l’association (Afilog, Aslog, AUTF, FNTR, Otre et Union TLF) s’articule en 7 priorités, soit in extenso :
1) Préserver à court terme la trésorerie des entreprises de la chaîne logistique ;
2) Renforcer la capacité d’adaptation de la chaîne logistique aux besoins des entreprises dans la période de relance ;
3) Favoriser les activités de transit de nos ports et sécuriser leur fonctionnement ;
4) Reconquérir nos approvisionnements aériens ;
5) Permettre au fret ferroviaire et fluvial de jouer pleinement leur rôle ;
6) Favoriser l’optimisation de la distribution urbaine et réduire son empreinte carbone ;
7)
Encourager la construction d’entrepôts sur le sol national pour accroître notre indépendance logistique.
Voilà pour les principes posés, plutôt généraux. Pour engager un dialogue constructif et peut-être plus concret avec les pouvoirs publics, France Logistique demande en outre que se tienne rapidement le Comité interministériel de la Logistique (CiLog) sous présidence du Premier Ministre qui était inscrit au programme. MR

 
   
 

Anne-Marie Idrac, la présidente de France Logistique.

Crédit photo DR
 
 
e-commerce
Les entrepôts d’Amazon France restent fermés jusqu’à mercredi matin

Vendredi, la Cour d’Appel de Versailles n’a pas invalidé la décision du tribunal judiciaire de Nanterre d’astreindre Amazon à limiter son activité e-commerce dans ses entrepôts à certaines marchandises, le temps de procéder à une évaluation des risques professionnels dans ses entrepôts en y associant les représentants du personnel (voir NL 3119). Elle a même stipulé que le comité social et économique central d’Amazon France Logistique et les CSE des six établissements devaient être consultés et associés à cette évaluation. En revanche, elle a élargi et précisé la liste des produits éligibles qui peuvent, sans attendre, continuer à être préparés dans les six sites français de préparation de commandes d’Amazon (les articles high tech, informatique et du bureau, ainsi que les produits pour animaux en font désormais partie par exemple). Amazon a annoncé dans la foulée sa décision de prolonger la fermeture temporaire de ses 6 entrepôts jusqu'au mardi 28 avril inclus (les collaborateurs recevant leur plein salaire jusqu’à cette date). « Nos centres de distribution en France et partout dans le monde sont sûrs. La décision rendue aujourd’hui par la Cour d’Appel de Versailles nous conforte dans l’idée que l’enjeu principal n’est pas tant la sécurité, que la volonté de certaines organisations syndicales de tirer parti d’un processus de consultation complexe avec les comités sociaux et économiques » a indiqué l’e-commerçant. Samedi, le CES-C d’Amazon Logistique France a rendu un avis à la direction dans lequel il réitérait sa demande « d’ouvrir des négociations avec les organisations syndicales, au niveau central, pour organiser les procédures d’information et consultation (notamment en termes de calendrier) et pour définir de manière commune la méthodologie d’évaluation des risques et de définition des mesures à prendre et des modalités de sa déclinaison et adaptation dans les différents établissements ». Il a réaffirmé par ailleurs que la fermeture des sites restait un choix de la direction et n’était imposée ni par le Tribunal, ni par la Cour d’Appel. JLR

 
 
Digitalisation
Horus Pharma y voit plus clair dans son transport avec Shiptify

Laboratoire ophtalmologique basé à Saint-Laurent du Var (06), Horus Pharma a adopté la plateforme collaborative de pilotage transport Shiptify. Exploitée depuis 2018, celle-ci lui permet d’avoir une visibilité sur l’ensemble de ses flux, de gérer sa liasse documentaire, d’évaluer la performance de ses partenaires transporteurs et d’effectuer auprès de ceux-ci des demandes de cotation via le logiciel d’affrètement Shipti-Spot. « Le suivi et la rapidité d’accès à l’information nous ont vraiment aidés et soulagés, témoigne Isabelle Galet, directrice supply chain de Horus Pharma. Nous pouvons accéder à tout dossier transport avec son historique d’échanges entre partenaires pour trouver l’information sur une expédition. Avant, nous étions dépendants de la boîte email de chaque personne de l’équipe ! » La solution s’est donc révélée très pratique quand a sonné l’heure du confinement. Dès le premier jour, les équipes du laboratoire ont pu travailler à distance comme si de rien n’était. Un véritable saut qualitatif pour cette PME commercialisant une cinquantaine de produits fabriqués dans des usines partenaires basées en France et en Europe. Avant l’adoption de la plateforme, ses suivis de flux n’étaient pas centralisés sur un seul outil et ses ordres de transport étaient assurés uniquement par téléphone et email. Or, en amont, l’entreprise gère des flux qui alimentent un entrepôt central et deux entrepôts secondaires, la production de ses partenaires industriels parvenant sur le premier site à 90 % et les deux autres à 10 %. L’entrepôt central, qui pousse tous les mois des stocks vers les deux autres sites, est implanté dans la région d’Amiens (80), et les entrepôts secondaires en Espagne et en Belgique (Horus Pharma dispose de filiales en Belgique, au Pays-Bas et en Espagne). Côté aval, les flux sont destinés à la fois à des grossistes, des pharmacies et des distributeurs exports, toutes les livraisons étant réalisées via des partenaires transport. AD

 
   
 

Isabelle Galet, directrice supply chain de Horus Pharma.

Crédit photo Horus Pharma
 
 
INFOS INTERNATIONALES  



Allemagne/Pologne
Spaarmann Logistics adapte son dédouanement à Forst et Świecko

Freight forwarder et logisticien opérant au carrefour entre Europe de l’Est et de l’Ouest (et filiale du groupe Rhenus) Spaarmann Logistics a décidé d’améliorer l’efficacité des opérations de dédouanement sur ses sites transfrontaliers de Forst, côté Allemagne, et de Swiecko, en Pologne. Depuis début mars, ceux-ci doivent composer avec un engorgement de la circulation à la frontière germano-polonaise lié à la mise en place de contrôles liés à la lutte contre la propagation du Covid-19. Devant cette situation et afin que les marchandises de ses clients parviennent à leurs destinataires en temps voulu, les salariés de Spaarmann Logistics travaillent désormais dans le bureau de douane du pays où ils vivent, alors qu’auparavant nombre de ces collaborateurs vivaient dans un pays et travaillaient dans l’autre, et les deux sites fonctionnent 24 heures sur 24. « L’équipe est très expérimentée et multilingue », souligne Thomas Kaulbach, directeur général de Spaarmann. Le service des douanes allemand, auprès duquel les marchandises doivent être déclarées, est en outre directement situé sur le site de Spaarmann. « Même si la douane allemande n’est plus autorisée à traiter les marchandises en Pologne, nous pouvons agir du côté allemand et reprendre immédiatement les tâches de l'autre côté », relève André Tonn, responsable douanes chez Spaarmann. Chaque jour, ce sont environ 400 véhicules qui sont traités par ses deux bureaux de douane de Forst et Świecko. AD

 
 

Guinée
Conakry Terminal renforce ses capacités

Opérateur de terminal à conteneurs filiale de Bolloré Ports, Conakry Terminal a réceptionné quatre portiques de parc fournis par la société Konecranes. D’une capacité de levage de 40 tonnes chacun, ceux-ci s’ajoutent à quatre équipements du même type déployés en 2018, permettant ainsi à l’opérateur de réduire ses délais de traitement de marchandises, renforcer ses cadences de livraison et améliorer ses capacités de stockage. « Ces nouveaux équipements vont davantage fluidifier nos opérations de manutention et améliorer la qualité des prestations pour nos clients armateurs et réceptionnaires », souligne Traoré Tahirou Barry, directrice générale de Conakry Terminal. L’opérateur estime que son investissement va contribuer à fluidifier la chaîne d’approvisionnement de la Guinée ainsi que celle des pays limitrophes (Sénégal, Côte d’Ivoire, Mali…). AD

 
   
  Les portiques de parc ont chacun une capacité de levage de 40 tonnes.

Crédit photo : DR
 
 

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27 avril 2020


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