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N°3131
 
Retour vers notre futur

C’est le Jour 1 du déconfinement. La France tente de se remettre sur ses deux pieds, de sortir de sa chambre d’hôpital. Il ne s’agit pas tout de suite de piquer un sprint, mais de recommencer progressivement à déambuler dans le couloir, en prenant toujours appui sur sa potence de perfusion (au moins jusqu’au 1er juin). Fort heureusement, les organes vitaux et les vaisseaux sanguins n’ont jamais cessé de fonctionner (merci à eux), mais les muscles sont très engourdis. Certains sont atrophiés et vont avoir du mal à redémarrer, quand d’autres sont encore sous anesthésie. Il va falloir faire preuve de courage, de ténacité et bien sûr de prudence, car la rechute n’est pas exclue. Cette analogie avec le corps humain n’est pas très originale, on la voit souvent utilisée à l’échelle d’une entreprise pour expliquer le rôle du Supply Chain Management (prévisions, planification, appros, production, distribution) dans la régulation des flux (le sang et l’oxygène) et des stocks (les poumons-entrepôts), l’appareil productif jouant le rôle des muscles. Cette fonction SCM est plus que jamais aux manettes pour définir les priorités dans les commandes et la production, dans un mode de fonctionnement dégradé, et tenter de maîtriser les effets coup de fouet et accordéon qui ne manqueront pas de se produire sur la chaîne d’approvisionnement. Mais n’oublions pas que ce qui donne un sens à la Supply Chain, c’est avant tout la demande. Or, dans le secteur de la production de fournitures industrielles par exemple, des usines qui avaient redémarré sont contraintes de s’arrêter à nouveau, non pas faute de personnel, de masques ou de gel hydro-alcoolique, mais parce qu’il n’y a tout simplement plus de commandes, y compris à l’international… Heureusement, le déconfinement est devenu une tendance planétaire. Espérons que cette période de réamorçage ne dure pas trop longtemps car la pochette de perfusion (dispositif d’activité partielle) n’est pas illimitée.
Jean-Luc Rognon

 
 
 
Entretien exclusif
Muriel Pénicaud : « Ma priorité :
le retour au
travail en
toute sécurité »

Dans une interview exclusive réalisée par notre confrère Entreprise et Carrières (qui fait partie de Groupe6TM, comme Supply Chain Magazine), la ministre du Travail Muriel Pénicaud rappelle les ingrédients nécessaires à la reprise du travail durant cette phase de déconfinement. Elle appelle notamment les chefs d’entreprise à " ne pas sacrifier les jeunes" entrants sur le marché de l’emploi, et se dit convaincue que cette crise "va impacter en profondeur le monde du travail ».

Pour lire cette interview en intégralité, cliquez ici

 
   
  Crédit photo Bruno Lévy

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail.
 
 
 
Cabinet de conseil
Argon & Co accompagné par Ardian dans une opération de LBO

Formé en avril 2018 par le rapprochement d’Argon Consulting et du cabinet britannique Crimson & Co (voir NL 2705), le groupe de conseil Argon & Co a annoncé la semaine dernière l’arrivée dans son capital d’Ardian, en tant qu’actionnaire minoritaire. « Depuis début septembre 2019, nous avons démarré une réflexion sur deux sujets, le premier concerne la transmission de la société Argon & Co aux associés et le second la poursuite de notre croissance à l’international » nous a confié ce matin Yvan Salamon, le CEO d’Argon & Co. La prise de participation d’Ardian s’inscrit dans cette double démarche. D’une part, il s’agit d’une opération de LBO destinée à augmenter la participation (relution) des associés dans le capital du groupe de conseil (les associés fondateurs cédant progressivement les leurs), dans une logique de transmission et de pérennisation de l’entreprise qui aboutira dans quelques années. D’autre part, avoir à ses côtés un partenaire financier tel qu’Ardian, l’un des plus gros investisseurs privés avec 96 Mds US $ gérés et/ou conseillés dans près de 150 entreprises dans le monde (dont le 3PL Staci, voir NL 2998), va permettre à Argon & Co de poursuivre son objectif d’accroître encore sa dimension internationale pour devenir le leader du conseil en stratégie et transformation des opérations (achats, sourcing, production, planification industrielle, production, finance et fonctions support). « Cela passe par des acquisitions. Nos cibles sont actuellement plutôt en Europe du Nord : Suisse, Allemagne, Benelux, Scandinavie, Royaume-Uni, sur des domaines ciblés, et on ne s’interdit pas non plus de regarder en France » nous a indiqué Yvan Salamon. Argon & Co, qui revendique une croissance de près de 20% par an depuis ces 20 dernières années, compte aujourd’hui 270 consultants pour un CA de près de 50 M€, avec des bureaux à Paris, Londres, Abou Dabi, Atlanta, Melbourne, Mumbai et Singapour. JLR

 
   
 

Yvan Salamon, le CEO d’Argon & Co.

Crédit photo Argon & Co
 
 
Palettes
IPP France a fait face aux plus forts volumes de toute son histoire

Depuis le début de confinement, le loueur de palettes IPP France a accompagné ses clients de l’industrie agroalimentaire dans les trois phases caractéristiques de cette crise sanitaire, à savoir la ruée des consommateurs sur les produits de première nécessité, l’augmentation de la production, et la reconstitution des stocks. « En mars, nous avons connu nos plus forts volumes depuis notre création en France il y a exactement 20 ans cette année, avec une augmentation de la demande de palettes de 40 à 50% par rapport à la normale. Nous n’avons connu aucune rupture de charge » nous a confié Thibaut Esnée, Directeur d’IPP France depuis début janvier. En tant que filiale du groupe néerlandais Faber Halbertsma, IPP France aime à rappeler qu’elle conserve une forte maîtrise de la production de ses palettes, avec deux sites intégrés, un à proximité d’Angers et un au Pays-Bas pour ses approvisionnements du Nord de la France. « Les quelques craintes que nous avons eues au début par rapport à l’approvisionnement de la filière bois ne se sont jamais vérifiées. Nous avions anticipé la fabrication de palettes pour les clients très saisonniers, et nous disposions donc d’un stock suffisant » précise Thibaut Esnée. D’autant que depuis le pic de la semaine 13, les flux ont entamé un retour progressif à la normale. La mise en place du télétravail, pour le personnel au siège de l’entreprise à Angers (une trentaine de personnes) comme pour les équipes terrain (quinze personnes) avait été anticipée deux semaines avant le confinement. Les clients sont contactés quotidiennement pour organiser au mieux leurs livraisons et la collecte de support vides (y compris le week-end et en soirée) et les audits et inventaires sont désormais effectués à distance. Mais IPP France, qui a été livrée en masques fin avril, se prépare au retour sur le terrain de ses collaborateurs. « Nous n’allons prendre aucun risque, cela dépendra aussi des contraintes de nos interlocuteurs et des restrictions d’accès à leurs sites pour que les visites puissent se faire en toute sécurité. Par ailleurs, tant que les hôtels et restaurants n’auront pas ré-ouvert, les déplacements de nos collaborateurs, qui couvrent de vastes régions, seront compliqués, il faudra sans doute organiser des déplacements sur une journée » nous indique Thibaut Esnée. JLR

 
   
 

Thibaut Esnée, Directeur d’IPP France

Crédit photo IPP
 
 
Solidarité
DHL mobilisé 
dans la
livraison de
100 000 visières
anti-Covid

Le groupe DHL a rejoint l’opération solidaire et bénévole ‘Les visières de l’espoir’ lancée courant avril par 3Dnatives, publication en ligne spécialisée sur le marché des imprimantes 3D. Le prestataire va contribuer dans ce cadre à livrer gratuitement 100 000 visières de protection, soit environ 5 000 par jour, auprès de 600 établissements de santé en France. L’opération de solidarité a été lancée afin de produire rapidement des visières de protection grâce à des imprimantes 3D dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, mobilisant équipements ou matières premières de plus d’une quarantaine d’entreprises des secteurs de l’industrie, de la distribution, de l’agroalimentaire ou encore de l’emballage (Renault, Decathlon, Schneider Electric, Lactalis, Faurecia, L’Oréal, DS Smith…). DHL s’est associé à ce collectif pour gérer l’intégralité de la partie transport de l’opération aux côtés de ses partenaires historiques, les groupes Renault et Decathlon. Côté amont, DHL Freight achemine, depuis les différents sites de production volontaires, les éléments nécessaires à l’assemblage des masques de protection faciale, et côté aval, DHL Express assure les livraisons des visières aux destinataires finaux, essentiellement situés en Île-de-France, dans le Nord et le Grand Est. Durant les six prochaines semaines, le prestataire va plus précisément s’assurer que des supports de visières produites dans l’Oise, le Rhône et l’Isère rejoignent ceux crées dans le Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines), tous ces éléments étant ensuite emballés sur place avec des cartons en provenance de Seine-Maritime et de l’Oise (DS Smith à Saint-Étienne-du-Rouvray et à Saint Just En Chaussée). Les cartons prennent ensuite la direction du site de Docaposte à Buc, dans les Yvelines, où ils sont complétés avec des écrans et des élastiques en provenance de l’Ain (société Isoprod) et de Lille (Decathlon). Les colis finaux sont livrés dès le lendemain de leur prise en charge par DHL Express. « Le secteur médical est un secteur que nous connaissons bien et pour lequel nous sommes habitués à travailler, y compris dans l’extrême urgence, souligne Philippe Prétat, Pdg de DHL Express France. Nous livrons régulièrement du matériel de protection aux soignants depuis le début de la crise. Pour nous, il est donc naturel de participer aux ‘Visières de l'Espoir’». AD

 
   
 

Les 100 000 visières sont destinées à 600 établissements de santé en France.

Crédit photo DHL
 
 
Prévisions / planification
Colibri lance une solution dédiée au S&OP

Spécialiste du Demand & Supply Chain Planning en mode cloud, Colibri va lancer début juin une nouvelle solution dédiée au management du processus S&OP, dans une logique end-to-end. Cela fait près d’un an que l’éditeur planche sur ce nouveau développement, en réponse aux régulières demandes d’utilisateurs de sa solution de prévision de la demande Vision qui en mobilisaient ensuite les données dans le cadre d’un processus S&OP mené basiquement sous Excel. C’était par exemple le cas chez un de ses clients de l’agroalimentaire, sur le versant boissons, qui a fait office de principal bêta-testeur de cette nouvelle solution dénommée SnOP. Celle-ci assure évidemment le partage d’informations et la structuration des échanges entre les différents acteurs du processus, avec un tableau de bord explicite à la clé et le réel plus de permettre des simulations (par exemple en termes de taux de services, ou d’impact sur la production de différents scénarios de demande). Il s’agissait ainsi de prolonger l’accent mis par Colibri sur la simplicité d’utilisation et la rapidité de mise en œuvre que permet l’architecture cloud de ses solutions. En pratique, un projet devrait pouvoir être mené et déployé en moins de trois mois, avec un ROI d’autant plus rapide (la facturation reposant à la fois sur les volumes de données pris en charge par l’outil et le nombre d’utilisateurs). Cette solution SnOP pourra évidemment être utilisée en prolongement du module Vision, mais aussi être mise en oeuvre chez les utilisateurs d’autres outils de prévision / planification. Pour découvrir ce nouveau module et ses fonctionnalités, Colibri organise un webinar dédié le 4 juin prochain. MR

 
   
 

La solution SnOP développée par Colibri assure le management du processus de bout en bout.

Crédit photo Colibri
 
 
INFOS INTERNATIONALES  

Japon
Deux programmes gouvernementaux pour améliorer la robustesse des Supply Chain

Les Supply Chain, très dépendantes de la Chine, ayant été fortement perturbées durant la crise du Covid-19, le Japon a décidé de lancer un programme de subvention (23.5 Md¥ soit environ 202 M€) pour inciter les fabricants nippons à transférer certains de leurs sites de production de Chine vers les pays de l’ASEAN. L’objectif est d’aider les entreprises à diversifier leurs sources d’approvisionnement en finançant l’installation de sites de production ainsi que des études de faisabilité. Cette initiative intervient après que de nombreux constructeurs automobiles et d’autres fabricants ont fait face à une pénurie de pièces produites en Chine. D’après un responsable du ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie, il semble que cette réflexion soit antérieure à la pandémie et soit également liée à d’autres risques inhérents à une forte dépendance à la Chine : manifestations anti-Japon, hausse des salaires et guerre tarifaire avec les États-Unis. Les entreprises japonaises ont donc fait appel à l’ASEAN dans le cadre d’une stratégie baptisée « China plus one ». Par ailleurs, toujours dans le but de sécuriser davantage les Supply Chain, le gouvernement japonais prévoit de dépenser 220 Md¥ (environ 1,9 Md€) pour promouvoir la fabrication de produits, aujourd’hui massivement importés, sur son propre territoire. Cet autre programme vise en particulier les articles jugés essentiels dans un contexte d’épidémie : masques faciaux (environ 80% d’entre eux importés en 2018, principalement de Chine), désinfectants, etc. Ces fabricants recevront des subventions (couvrant jusqu’à deux tiers des investissements pour les grandes entreprises, aux trois quarts pour les petites et moyennes entreprises) s’ils ouvrent de nouvelles usines ou augmentent leur capacité de production existante au Japon. JF

 
 

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11 mai 2020


juin 2020

Jeudi 04
COLIBRI
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11h-12h


juillet 2020

Jeudi 02
Agora du SCM
9ème Gala Directeurs Supply Chain
17h30-23h45
Pavillon d'Armenonville (Paris)



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