« Chez Geodis BM, le développement durable, c’est un choix d’entreprise pris dans le dur » martèle Olivier Melot, son Directeur Général
La preuve concrète avec l’offre Ecoway, que le transporteur a lancé depuis septembre pour le franchissement du massif alpin par ferroutage des marchandises conditionnées, entre les deux plates-formes d’autoroute ferroviaire alpine d’Aiton (France) et d’Orbassano (Italie) exploitées par AFA (4 navettes aller-retour par jour)
L’argument écologique est ici clairement mis en avant : un semi-remorque qui effectue Lyon-Milan par la route produit 95 t de CO2, alors que la solution ferroutage permet de diminuer ce chiffre d’un tiers (65 t),voire même de 40% par tonne transportée (car en transport combiné, les engins de 44 t au lieu de 40 t sont autorisés pour les trajets terminaux)
Geodis BM proposait déjà depuis 2004 une offre « porte à porte » route+fer, en s’appuyant de l’autre côté des Alpes sur les moyens de sa filiale italienne, mais uniquement pour ses clients dans le secteur de la chimie
Explication : seules les citernes, plus basses que les remorques classiques, sont compatibles en hauteur avec le gabarit actuel du tunnel ferroviaire du Mont Cenis, qui date de 1871
La nouveauté, c’est que l’offre Ecoway ne concerne plus le vrac, Geodis BM ayant fait développer spécialement un pool d’une vingtaine de semi-remorques « baissés » de 40 cm, pour leur permettre de passer le tunnel
Investissement : 15.000 Euros la pièce, soit environ 300.000 Euros
Un pari audacieux, d’autant que les travaux en cours d’abaissement des voies du tunnel, plusieurs fois retardés, devraient théoriquement être achevés fin 2010
Dans l’intervalle, Ecoway pourrait trouver sa clientèle pour le transport de marchandises pondéreuses (bâtiment, sidérurgie, agroalimentaire-boissons, matériels électriques, etc.), où la possibilité d’avoir un chargement de 29 t (au lieu de 25 t en « tout routier ») rend l’offre plus compétitive que la route classique
Geodis BM revendique actuellement « une vingtaine de clients de chaque côté » pour Ecoway, même si la majorité en est encore au stade de l’expérimentation ou du trafic ponctuel (spot)
Les premiers effets de la crise se font déjà sentir : « nous espérions un peu plus » reconnaît Olivier Melot, qui préfère insister sur l’expertise technique, notamment en matière d’organisation, qu’a conférer à sa société le développement d’Ecoway.
En 2009, Geodis BM promet d’ailleurs d’autres annonces en matière de transport combiné. JLR