« La 21e année est celle de la majorité dans beaucoup de cultures, de la prise de responsabilité de ses choix
Quel modèle assure la pérennité à long terme, quel héritage laisserez-vous derrière vous ? »
C’est sur cet envoi un peu solennel de Nicholas Seiersen, Senior manager KMPG Canada, que s’est conclu le 21e Forum de la Supply Chain organisé vendredi à Bordeaux par l’ISLI (Institut Supérieur de Logistique Industrielle), sous la direction de Dominique Estampes
Le thème de cet année, « Back to basics : relocalisez ! » a été l’occasion pour les différents intervenants de faire partager leur expérience, de manière pragmatique, et sans sombrer dans l’idéologie
Pour Vincent Gruau, PDG de Majencia (le tout nouveau nom de Samas France), il s’agit d’un « mouvement à contre-courant porteur de sens »
En 2006, le leader français du mobilier de bureau et d’aménagement d’espaces tertiaires relocalise sur le site de Noyon, en l’espace de six mois, la production qu’il avait délocalisée en Chine en 2000. « Il y a évidemment un surcoût à fabriquer en Picardie, mais qui est compensé par les gains sur les coûts logistiques et sur le taux de charge de notre usine » explique-t-il
Constat similaire chez Atol, qui a relocalisé sa production de lunettes Ushuaïa dès 2005 dans la vallée de Morez
Un choix dicté par la stratégie d’innovation du lunettier, qui cherchait à se différencier avec un produit orienté mode, à plus forte valeur ajoutée. « Nous avons eu un vrai problème de surcoût entre 2005 et 2008, de l’ordre de 500.000 Euros par an, mais avec le lancement de nouveaux produits et la valeur ajoutée supplémentaire, nous avons retrouvé un modèle économique pour retomber sur nos pieds » indique Philippe Peyrard, Directeur général délégué, qui a d’ailleurs créé en 2008 avec Vincent Gruau l’association Cedre (Comité des Entrepreneurs pour un Développement Responsable de l’Economie). JLR
Photo : Vincent Gruau, PDG de Majencia (ex Samas France)