A l’issue de la présentation des résultats, Jean-Philippe Guillaume de Supply Chain Magazine a animé une table ronde très appréciée des auditeurs intégrant, en plus des présentateurs, Bernard Amoury, Vice President monde de Sanofi Aventis, Jacques Fougerousse, Directeur SC de Dunlop Goodyear France et Erwan Jalinier, Directeur SC de Danone Produits frais
Bien qu’étant de secteurs très différents, tous trois fabriquent des produits présentant un risque (santé, accident, alimentaire)
Ils se sont étonnés du trio de tête des risques, considérant notamment que gérer la variabilité de la demande est inhérent à la fonction de SC Manager
Pour Bernard Amoury, le risque est fort lorsque le médicament peut sauver des vies : « Pour gérer les risques, notre règle est de ne jamais mettre les clients en rupture
Ce qui suppose d’avoir des stocks de produits finis
C’est un problème d’éthique, pas de coûts »
Cette politique leur a d’ailleurs permis de ne pas avoir de rupture alors qu’une usine en Italie avait été noyée lors du dernier tremblement de terre
De son côté, Jacques Fougerousse insiste sur le risque en terme d’image (ex : impact d’un accident impliquant un car d’enfants qui pourrait provenir d’un pneu éclaté) et sur le fait « qu’on oublie souvent d’inclure la composante risque dans la stratégie Supply Chain »
Par exemple, on opte pour un entrepôt unique mais on omet de considérer le scénario où il serait bloqué, considérant que la probabilité est faible
Par ailleurs, lorsque les risques sont identifiés, évalués et limités, cette démarche n’est ensuite pas revue. « On a rarement une démarche proactive et évolutive du risque Supply Chain », observe-t-il
Pour Erwan Jalinier, le risque chez Danone porte sur la très grande consommation. : « Si nous appliquons le taux de ratage toléré au décollage d’un moteur d’avion qui est de un sur 10.000, cela fait 500.000 yaourts sur les 5 milliards que nous produisons ! »
Tous trois s’accordent sur le fait que les démarches de gestion des risques de la Supply Chain peuvent être encore nettement améliorées, par exemple en instaurant une entité qui coordonne mieux les actions menées qui sont encore trop éparpillées dans l’entreprise. CP
Photo : de gauche à droite Jean-Philippe Guillaume (Scmag), Valérie Moatti (ESCP Europe), Serge Weibel (BearingPoint), Valentina Carbone (ESCP Europe), Bernard Amoury (Sanofi Aventis), Jacques Fougerousse (Dunlop Goodyear France) et Erwan Jalinier (Danone)