En cette fin 2010, le fameux « modèle Zara » basé sur des délais d’approvisionnements et des cycles produits très courts est-il toujours le must universel ? C’est la question que l’on peut se poser à la lumière d’une récente étude Supply Chain, conduite auprès de 120 entreprises de mode et d’habillement du monde entier, par Laurent Raoul, Professeur à l’IFM (Institut Français de la Mode) et consultant associé du cabinet XL Conseil et Christel Carlotti, Consultante à l’IFM
Les deux tiers des entreprises interrogées conservent aujourd’hui une organisation classique, avec moins de 40% d’approvisionnements « tardifs » (de 6 mois avant la saison jusqu’à en cours de saison). « La fast fashion n’est pas forcément un axe de travail pour toutes les entreprises, qui s’orientent plutôt vers une segmentation de l’offre : fonds de rayon à délais longs, moyen terme et quelques produits à cycle très court pour compenser les erreurs du ciblage amont » constate Laurent Raoul
La crise est passée par là : non seulement la contraction de la production puis le redémarrage des commandes américaines en Chine y créent un important goulet d’étranglement, mais il faut faire face à la triple inflation des matières premières, de la main d’œuvre et de l’énergie
Résultat, les donneurs d’ordre doivent s’engager sur 2 ou 3 ans avec leurs fournisseurs clés, ou faire des réservations de capacités à six mois, sans aucune visibilité sur ce que seront les collections
D’où des besoins nouveaux de planification par à rapport aux modèles du « hard buyer »
L’enquête « Performances accrues de la chaîne logistique de mode » sera présenté à l’IFM lors d’une journée payante (1.172 Euros TTC) le 18 janvier. JLR
Photo : Laurent Raoul, Professeur à l’IFM (Institut Français de la Mode) et consultant associé du cabinet XL Conseil et Christel Carlotti, Consultante à l’IFM.