C‘est un pionnier du Lean que nous avons rencontré la semaine dernière, lors de son passage à Paris
Anand Sharma a en effet travaillé avec les fondateurs du Toyota Production System (TPS), notamment Yoshiki Iwata, un des premiers élèves de Taiichi Ohno, le célèbre inventeur du concept original qui a inspiré par la suite le Lean Manufacturing
Il aime d’ailleurs à rappeler que pour écrire son fameux livre « Lean Thinking » en 1996, le Professeur du MIT James Womack s’est largement inspiré des méthodes mises en place chez les clients de TBM Consulting, le cabinet de conseil qu’Anand Sharma a fondé il y a 20 ans, après une longue expérience dans l’industrie. « Au dernier moment, il a décidé de ne pas citer TBM sur les conseils de son éditeur, qui disait que cela aurait l’air d’une publicité
Ce n’était pas la promesse qu’il m’avait faite, et j’étais très en colère contre lui »
C’est en partie ce qui l’a conduit à écrire son premier ouvrage en 2001, « The perfect engine » sous titré
« Comment réussir dans l’économie de la nouvelle demande en fabriquant sur commande avec moins de ressources »
Aujourd’hui, TBM Consulting compte 150 consultants, dont une vingtaine en Europe, et 200 clients actifs dont Caterpillar, Dell, Freescale Semiconductor, LSI Logic, McCain, Nike, ou Siemens T&D. dans cet interview, il nous décrit sa vision du Lean et insiste sur l’importance d’inclure ses partenaires amont et aval dans cette démarche.
SCM : On voit fleurir un peu partout le concept de Lean Supply Chain ? En quoi cela consiste-t-il ?
Anand Sharma : D’abord, ce n’est pas nouveau, nous défendons cette vision depuis 20 ans
Il est évident que les entreprises doivent étroitement collaborer avec leurs fournisseurs et leurs distributeurs
Nous pensons qu’il y a trois problèmes à régler dans la Supply Chain
Le premier, c’est le manque de connectivité
D’un côté, un acheteur, de l’autre, un commercial
Ce point de contact unique entre deux entreprises est source de beaucoup de dysfonctionnements et de mauvaises traductions en termes opérationnels
Il faut chercher à établir une interface « surfacique », multiplier les liens inter-sociétés d’ingénieur à ingénieur, de commercial à commercial, faire comme si le fournisseur était l’extension de ses propres capacités
Pendant longtemps, les entreprises ont considéré leurs fournisseurs presque comme leurs ennemis
Elles pensaient que la meilleure chose à faire était de ne pas leur donner trop d’informations
Cela a fonctionné jusqu’à un certain point
En adoptant la démarche Lean, votre fournisseur devient votre partenaire, pas un adversaire que vous pouvez renvoyer du jour au lendemain.
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