Jeudi dernier, l’éditeur Manhattan Associates organisait à Paris une conférence sur le cross-canal
Afin d’illustrer le propos, l’équipe informatique s’était mise dans la peau des dirigeants d’une société complètement imaginaire (Santa’s Kingdom), spécialisée dans la distribution de jouets
Eric Leprêtre, Directeur commercial de Manhattan, jouait le rôle du PDG de cette entreprise florissante (20% de croissance), mais avec une forte saisonnalité : 80% de l’activité se concentrait sur trois mois ! Cette histoire n’était pas complètement inventée
L’éditeur s’était naturellement inspiré de l’expérience acquise auprès de nombreuses entreprises clientes pour les besoins de sa démonstration
En fait, l’idée était de prouver au public qu’il ne s’agit pas de vendre à travers différents canaux (catalogue, boutique, vente en ligne…) pour faire du cross-canal. « Souvent les différents canaux de vente correspondent à des étapes de développement successifs et sont organisés en silos, a commenté Eric Leprêtre. L’intérêt du cross-canal est de décloisonner ces silos pour leur permettre de communiquer entre eux et ainsi créer de la valeur. » Au centre du dispositif, l’outil d’Order Management qui coordonne précisément l’ensemble des activités de l’entreprise, en évitant les télescopages malheureux entre deux canaux de vente : « par exemple la personne qui vient rapporter au magasin une marchandise défectueuse achetée sur le web, et qui se voit opposer un refus du pauvre vendeur complètement impuissant face à l’inadaptation du système en place
Une lacune dont ne souffre pas Santa’s Kingdom, qui après un large appel d’offres, a sélectionné l’Order Management de… Manhattan Associates », a expliqué Eric Leprêtre non sans une pointe d’humour
Après cette brillante intervention de Santa’s Kingdom, ce fut au tour du cabinet Javelin Group de brosser un tableau, cette fois-ci bien réel, du e-commerce en Grande Bretagne, « le pays le plus avancé dans ce domaine »
Selon le cabinet, la croissance de la vente en ligne serait telle Outre-Manche que le taux d’inoccupation des magasins aurait triplé en quelques années
Aujourd’hui plus d’une boutique sur sept serait vide en Grande-Bretagne
Et la plupart ne rouvriront jamais ! De même, la tendance serait à la réduction des surfaces de vente
Le distributeur Halfords aurait déjà diminué de 15% ses espaces en magasins. « Les loyers en entrepôts coûtent moins cher que ceux des points de vente », constate encore Javelin
Pour finir cette matinée, un large débat a donné l’occasion aux participants d’échanger avec les intervenants de la matinée
Et à Henri Seroux (DG de Manhattan) d’expliquer qu’avec son logiciel d’Order Management, le Père Noël peut partir à la retraite, le cross-canal de Santa’s Kingdom (et des autres) sera bien géré. JPG
Photo : Henri Seroux, DG de Manhattan