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Supply Chain Magazine : Comment GT Nexus
et Tradecard en sont-elles venues à fusionner ?

Kurt Cavano : Les deux sociétés sont nées à peu près en même temps, en 1999, Tradecard à New York, capitale de la finance, et GT Nexus à Oakland, près de San Francisco

Toutes deux travaillaient sur la Supply Chain : GT Nexus donnait de la visibilité sur les transports entre les usines d’industriels et leurs prestataires logistiques ; Tradecard s’était placée sur le « Procure to pay » en dématérialisant les factures entre les usines et leurs fournisseurs, ce qui supposait aussi un suivi des flux physiques pour déclencher les versements

Pendant cinq/six ans, nous n’avons pas entendu parler de GT Nexus

Puis, il y a deux ans, Adidas nous a choisi tous les deux pour avoir une visibilité de bout en bout de ses flux physiques et financiers et nous a suggéré de travailler ensemble

Ce à quoi nous avons réfléchi durant un an et demi.
SCMag : Vous avez été quand même été concurrents

N’est-ce pas difficile pour les équipes d’accepter
de travailler ensemble ?

K.C. : Oui, c’est vrai que nous avons été en forte compétition et qu’il y a eu de la réticence de part et d’autre

Mais il y a vraiment du sens à tirer parti de ce que chacun possède plutôt que de dépenser de l’énergie à le redévelopper chacun de son côté

Nous devons prendre le meilleur des deux mondes

Et ce qui a facilité les choses, c’est que nous n’avions sur les 1.000 personnes qu’une vingtaine de postes redondants

Ce n’est pas une fusion pour réduire les coûts mais pour mieux nous développer en nous appuyant sur notre complémentarité.
SCMag : En quoi êtes-vous complémentaires
justement ?

K.C. : Sur le plan géographique déjà, Tradecard est très présent en Chine et à Hong Kong, avec un grand bureau au Sri Lanka, mais une faible présence en Europe

GT Nexus, quant à lui, est fort en Europe et implanté à Bangalore, en Inde

Ensuite, en termes de marchés : Tradecard a des clients dans les secteurs du prêt à porter, de la chaussure, de la distribution, des meubles et de la bagagerie, tandis que GT Nexus a des clients industriels comme Renault, Caterpillar, Electrolux… en plus de Gap, Adidas, etc

Ensemble, nous sommes les mieux placés pour répondre aux deux questions de base que sont : « Où sont mes marchandises ? » et « Quand serais-je payé ? ». Je passe l’essentiel de mon temps en ce moment à expliquer aux clients ce que nous faisons, et le retour sur la fusion est très positif.
SCMag : Comment s’organise concrètement
votre rapprochement ?

K.C. : Nous avons défini la nouvelle organisation et les « team leaders »

Et moi je reste concentré sur l’extérieur car nous devons continuer à être tournés vers nos clients pour conserver notre avance. En termes de produit, nous avons choisi tous deux les mêmes technologies : le cloud et une instance unique pour l’ensemble des clients

Pour une société, il suffit de se connecter à notre plate-forme pour être en liaison avec tout un réseau, ce qui est beaucoup plus facile au niveau interopérabilité que de s’interfacer point par point avec des banques, des 3PL…
SCMag : Quel est votre plan de fusion
des solutions ?

K.C. : En fait, nous allons continuer à utiliser les solutions classiques de Tradecard et GT Nexus, mais nous allons faire des ajouts sur une couche supérieure

Tout d’abord, nous allons installer une messagerie immédiate (comme dans Facebook) qui permet de dialoguer instantanément avec les responsables concernés par un problème afin de le résoudre au plus vite

C’est un moyen de mettre dans le système, en plus des données structurées qui y sont déjà, des données non structurées (mail, téléphone, fax…) qui peuvent aussi être tracées

En plus du « social », nous allons travailler sur la mobilité afin de pouvoir transmettre des données sur I-Pad, Smartphone… Ainsi, pour un audit impromptu, un responsable pourra appeler depuis son I-Pad les commandes en cours afin de les contrôler

De même, si les messages sont très standardisés dans le maritime et l’aérien, ce n’est pas autant le cas dans le routier où les sociétés sont plus petites

Des applications sur I-Phone pourraient être un plus pour ces dernières

Par ailleurs, nous voulons donner des outils de suivi aux auditeurs des sites de fabrication via la géolocalisation et des étiquettes RFID, afin qu’ils puissent savoir exactement où se situent leurs marchandises (sur place ou chez un sous-traitant ?)

Enfin, nous voulons faire de même sur toute la Supply Chain : dire vraiment où se trouvent les marchandises à l’instant t, ce qui est d’autant plus important à savoir dans un contexte multi-canal où il faut se montrer réactif

Ainsi, Adidas utilise nos technologies pour charger directement depuis l’usine les marchandises à livrer à ses clients

Et Columbia Sportswear attend le dernier moment pour optimiser au mieux ses expéditions.
SCMag : Que comptez-vous faire
précisément en Europe ?

K.C. : C’est un énorme marché de croissance pour nous

Et nous y avons de belles références comme Cortefiel en Espagne ou Dim en France, par exemple, sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour faire décoller le business, comme nous l’avons fait aux Etats Unis

Nous voulons nous étendre en Europe en proposant à nos clients des fonctions que nous n’avons pas encore déployées chez eux mais aussi en gagnant de nouvelles références

En outre, notre solution cloud, qui ne requiert que 90 jours de mise en œuvre, a son pay back dans l’année

Et aucune société ne fait ce que nous faisons à notre échelle en termes de collaboration avec le « monde extérieur » (i .e. en dehors des quatre murs de l’entreprise, domaine réservé traditionnellement aux ERP)

Nous allons envoyer chez les clients et prospects des équipes composées de représentants de Tradecard et de GT Nexus pour exposer tous les aspects de nos solutions

La crise peut même s’avérer propice pour nous car c’est un moment où il faut faire plus avec moins

A ce jour, nous sommes implantés à Paris et Bohn

Nous avons aussi, en plus de nos ressources aux Etats-Unis, des collaborateurs répartis en Europe (dans le sud de la France, à Manchester, à Amsterdam …) qui comprennent la SC et le marché local

Nous comptons également recruter pour étoffer nos équipes selon les besoins.
SCMag : Et quels sont vos objectifs pour le groupe ?
K.C. : Pour résumer, notre but est de faire simple en proposant une plate-forme complète à laquelle il est facile de se connecter

Nous avons déjà 10.000 usines connectées en Asie, plus de 100.000 utilisateurs dans le monde et gérons plus de 100 Md$ de marchandises

Notre objectif est de croître de 20% par an, et nous devrions atteindre 15 à 20% de croissance en 2013. Propos recueillis par Cathy Polge
Photo : ©JP.Guillaume

26/06/2013

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