Sur les plus de 1.100 opérés par des compagnies françaises (ce qui représente 305.000 emplois directs et induits en 2012), il reste aujourd’hui environ 600 navires sous pavillon français
C’est pour tirer la sonnette d’alarme qu’Armateurs de France est monté au créneau médiatique hier
L’organisation professionnelle, qui compte une cinquantaine d’adhérents (représentant 80% de l’activité) demande au gouvernement de Jean-Marc Ayrault de fixer immédiatement le cap « pour que le pavillon français reste attractif et compétitif, ce qui n’est plus le cas », et demande des mesures d’accompagnement appropriées. « En 2012, plus d’une trentaine de navires ont quitté le pavillon français et bon nombre de compagnies sont dans des logiques de réduction d’effectifs
Les armateurs ont besoin de visibilité
S’il n’y a pas d’annonces immédiatement, cela va craquer un peu partout » a lancé Raymond Vidil, Président d’Armateur de France (et Président de la compagnie Marfret)
Parmi les mesures instamment demandées (et qui a priori ne coûteraient rien au contribuable) figure notamment le fait d’autoriser les compagnies maritimes à recourir à des sociétés de sécurités privées pour lutter contre la piraterie (comme c’est le cas partout en Europe sauf en France et aux Pays-Bas) lorsque leurs demandes ne peuvent être satisfaites par la Marine Nationale (dans 25% des cas). « Dès qu’un armateur n’a pas la garantie qu’en tout temps il a des hommes à bord pour assurer la sécurité de ses navires, il perd des marchés » a souligné Raymond Vidil
La deuxième requête est un délai supplémentaire à la mise en œuvre des zones dites Seca (zones d’émissions contrôlées de soufre) de l’OMI (Organisation maritime Internationale), prévues pour entrer en vigueur au 1er janvier 2015 pour les navires couvrant la Manche, la mer du Nord et la Baltique
Selon Armateurs de France, faute d’autres solutions technologiques alternatives, la seule option envisageable actuellement est d’abandonner le fuel au profit du gasoil, soit un surcoût de plus de 50%, ce qui représente plusieurs dizaines de M€ sur la facture de certaines compagnies maritimes
La troisième et dernière demande concerne la réforme de la loi de 1992 sur le régime pétrolier, qui réserve un quota de 5% aux pavillons français pour le transport de produits pétrolier bruts
Armateurs de France juge cette loi obsolète, la France important de plus en plus de produits pétroliers déjà raffinés, et demande que le texte intègre le transport des produits raffinés, du gaz et du charbon
Par ailleurs, l’organisation, qui assure la présidence de la commission transport au Medef, va envoyer la semaine prochaine au Premier Ministre, au Ministre du transport et au Président de la République un rapport sur les moyens de relancer la compétitivité des grands ports maritimes français.
On peut y lire qu’après le succès de la réforme de la gouvernance portuaire de 2008, il faut donner désormais donner la priorité à la desserte portuaire et à l’amélioration des liaisons ferroviaires et fluviales avec l’hinterland, notamment sur les corridors Seine et Rhône, pour atteindre les objectifs de massification des flux. JLR
Photo : Raymond Vidil, Président d’Armateurs de France