La taxe poids lourds approuvée par le Sénat

Le sénat a adopté hier le texte sur l’écotaxe poids lourd voté à une courte majorité mercredi par l’Assemblée Nationale

Elle devrait donc entrer en vigueur à partir du 1er octobre et s’appliquer à tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes qui emprunteront le réseau national non payant

Loin de faire l’unanimité, ce nouvel impôt « écologique » déclenche des réactions très diverses

Optimiste, le cabinet bp2r estime qu’elle devrait créer une compétitivité nouvelle grâce à la conjugaison de deux facteurs : l’obligation pour les directions Supply Chain de rationaliser leur transport et l’introduction d’une traçabilité qui devrait, toujours selon ce cabinet, « stimuler mécaniquement les améliorations de flux avec à la clé des gains significatifs »

Mieux que cela : elle pourrait même, selon Alain Borri, Directeur général de bp2r, générer des emplois : « en conservant son caractère écologique, cette taxe accélère la mutation du transport

Des créations d’emplois et une meilleure image auprès du grand public sont à la clé de ce processus de valorisation »


Un avis que ne partage pas le groupement national des transports combinés (GNTC) qui dénonce dans un communiqué les effets d’une taxe « qui va pomper la marge déjà très faible de nos entreprises de transports »

Très en colère, le groupement affirme que la taxe poids lourd va « violemment pénaliser les services multimodaux », et accuse le ministère d’être « responsable de la mise en péril d’une technique qui réduit les émissions de CO², et surtout sera responsable de la suppression d’emplois non délocalisables ». Plus modérée, la FNTR se réjouit quant à elle du dispositif de majoration forfaitaire qui prévoit la répercussion de cette taxe dans la facture de la prestation transport : « c’est la concrétisation d’un travail mené sans relâche depuis des années

Ce n’était pas gagné d’avance, compte tenu des oppositions sectorielles de tous ordres que n’a pas manqué de susciter le texte ».
A contrario TLF estime que la loi n’apporte aucune garantie aux transporteurs : « bien au contraire ! Nous avons la certitude que les donneurs d’ordre pourront renégocier le tarif de référence à la baisse, laissant aux seuls transporteurs la charge des prélèvements subis et la lourdeur de gestion de cette taxe »

Par ailleurs, Patrick Bouchez, Président – Délégué Général de TLF dénonce « un manque de dialogue et de concertation » et reproche aux ministres concernés d’être « passés en force, sans aucune maîtrise des dommages économiques »

Après les débats houleux et les centaines d’amendements qui ont précédé le vote de la loi, cette fois c’est son application qui ne manquera pas, d’ici le 1er octobre, d’alimenter encore de nombreuses polémiques. JPG

19/04/2013

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