« L’Europe douanière n’existe pas ! »

C‘est l’amère expérience qu’a connue Sephora en décidant d’implanter un entrepôt de distribution internationale de ses produits en Italie

En effet, l’implantation de cet entrepôt en Italie semblait logique : proche des principaux fournisseurs européens et du second marché européen du spécialiste de la parfumerie sélective, proche du port de gêne et de l’aéroport de Milan

Sans oublier d’éminents calculs fiscaux qui corroboraient cette hypothèse

Ainsi, fin 2010, Sephora ouvre son 2ème entrepôt international de 13.000 m² à Milan, capable d’expédier 37 à 40 millions de pièces par an, en complément de celui de 42.000 m² (150 millions de pièces par an) à Saran, en France

La partie administrative de la gestion de cet entrepôt est confiée à K+N, les coopératives gérant sur place les ressources humaines (1ère spécificité italienne)

Par la suite, Sephora a aussi découvert une lourdeur et une complexité administrative bien plus importante qu’en France au niveau des procédures de mise sur le marché (Formulaire B préalable à remplir), de l’import (300 pages de dossier !), ce qui a eu des impacts sur les délais et l’énergie à y consacrer

Et les réglementations européennes qui visent à uniformiser les procédures ne font qu’ajouter une couche supplémentaire de réglementation. « Nous avons embauché ! », déclare avec philosophie Patrick Gentine, Directeur Logistique de Sephora, qui recommande de « tout vérifier avec des locaux cinq fois» au préalable, en admettant que « les douanes en Europe restent un vrai casse-tête, vu que c’est la réglementation du pays qui s’applique »

Ces tracas ne remettent néanmoins pas en cause le projet qui a permis de désaturer l’entrepôt de Saran et de mieux livrer une partie du monde. CP
Photo : Patrick Gentine Sephora ©C.Polge

11/04/2013

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