A l’issue des présentations plénières, les conférences ont été séparées en deux sessions : une pour le Manufacturing, sur le thème du Sales & Operations Planning (S&OP) avec un témoignage de Tata Steel et une présentation de Catherine Schmitt-Weber d’Oliver Wight sur le S&OP et sa version plus évoluée, l’IBP (Integrated Business Planning), suivis l’après-midi d’un atelier jeu S&OP sur la base des solutions de JDA
Ceux qui ont choisi la session Retail ont pu assister à une brillante prestation d’Olivier Dauvers, Expert Distribution, qui avec son franc parler et beaucoup de bon sens, a dépeint le paysage de la distribution en France et ses évolutions
Après un plaidoyer pour les Drives, il a expliqué pourquoi la concurrence se renforçait en ce moment entre les enseignes de la Grande Distribution, exposé les limites du e-commerce et les enjeux des magasins face au on-line. « Les Drives connaissent un véritable décollage en France depuis 2011
C’est parce qu’ils répondent à une volonté du consommateur de maîtriser son budget, à sa quête d’utilitarisme et à sa volonté de gagner du temps », analyse-t-il
D’où un parc qui va croître de 800/900 drives en 2013, avec une mainmise des enseignes indépendantes en nombre de sites (Intermarché, Système U et Leclerc). « C’est un modèle qui nécessite de sortir du pognon avant d’en gagner, ce qui est plus dur dans les grands groupes que pour les indépendants !», explique Olivier Dauvers. Il souligne aussi le modèle gagnant du picking en entrepôt qui permet à Leclerc Drive, Auchan Driveet Chronodrive de gagner de l’argent « tandis que Cora Drive, Casino, ITM et Carrefour évitent de perdre des clients »
Et d’asséner une des règles dont il a le secret : « Chaque fois qu’une forme de vente améliore la proposition de valeur, elle devient dominante ». Bref, longue vie aux drives ! Pour justifier l’intensité concurrentielle du moment, Olivier Dauvers évoque « la fin d’une époque en matière de consommation
Jusqu’ici, elle était sponsorisée par la dette publique, mais à présent, elle repose beaucoup plus sur la richesse produite
Il va donc falloir s’habituer à une économie et à une consommation de stagnation »
Mais comme les surfaces commerciales continuent de croître au global, il faut s’attendre à ce que le rendement au m² baisse, et « à une recomposition du paysage de la distribution alimentaire »
En ce qui concerne l’e-commerce, il définit cinq critères susceptibles de rendre les produits plus ou moins perméables à cette forme de distribution, qui pour lui « ne va pas tout détruire sur son passage » : possibilité de dématérialisation ou pas, rapport poids/prix, valeur du stock/cycle de vie, préméditation à l’article et expérience d’achat. « L’e-commerce sera toujours imbattable sur l’opérationnel, mais l’ off-line a une carte à jouer en terme d’expérience d’achat (dégustation, scénarisation, essai, démonstration…) », estime-t-il
Et Slimane Allab, GVP Pre-Sales EMEA, JDA Software de renchérir : « Ramener les clients en magasins avec des espaces de ventes et des espaces de services adaptés permet de réaliser des transactions quatre fois plus importantes que celles effectuées en ligne ». CP
Photo 1 : Olivier Dauvers, Expert Distribution,
ancien Rédacteur en Chef de Linéaires
et de Rayons Boissons ©C.Polg
Photo 2 : Slimane Allab, GVP Pre-Sales EMEA,
JDA Software ©C.Polg