Un article paru ce dimanche dans le quotidien américain USA Today met en lumière les difficultés que connait l’industrie automobile aux Etats-Unis, une situation totalement opposée à celle observée eu Europe
En effet, selon le quotidien, avec un volume de ventes qui devrait dépasser les 15M de véhicules cette année et l’arrivée attendue de 44 nouveaux modèles par an pour les quatre années à venir, la Supply Chain serait tendue au point que le secteur tout entier retient son souffle. « Il y a des pénuries partout » a déclaré Carla Bailo du département R&D de Nissan Americas, « La fragilité de la SC est notre plus grande menace » a-t-elle ajouté
Durant la crise, nombre de fournisseurs ont disparu d’autres se sont fait racheter et de nombreuses usines ont fermé, entrainant d’importantes réductions de personnel
Aujourd’hui, un nombre réduit de fournisseurs tente de faire face à un marché en croissance de 22%
S’ils sont habitués aux variations, les fournisseurs qui ont enfin retrouvé la rentabilité seraient cette fois réticents à l’idée d’augmenter leurs capacités. Le problème : « 40% des véhicules étant construits dans des usines fonctionnant en 3×8, il y a peu de marge de manœuvre lorsqu’elles rencontrent un problème » estime Mickael Robinet, Managing Directeur chez IHS Automotive Consulting
Joe Hinrichs, Président de Ford of the Americas, indique que des réunions entre les acheteurs et les fournisseurs ont lieu toutes les semaines
Ford, qui vient d’accroître ses capacités de production de 400.000 véhicules en 2012 et s’apprête à produire encore 200.000 voitures supplémentaires cette année, a d’ailleurs connu des retards de plusieurs mois lors du lancement de la nouvelle génération de Lincoln MKZ
Chrysler a pour sa part dû retarder le lancement de la nouvelle Jeep Cherokee d’un mois. Kim Korth, Présidente d’IRN Consulting, cabinet spécialisé dans l’automobile, explique que les contrats fournisseurs ont été signés avec des engagements de volumes minimum et non maximum
Ces derniers se retrouvent donc confrontés à des commandes qu’ils n’arrivent tout simplement pas à honorer
Joe Hinrichs préfère rester optimiste et voit en cette situation l’occasion pour le secteur automobile de devenir plus efficace et plus compétitif. « Profitons-en ensemble » a-t-il déclaré. PM
Source : USA Today