Ce soir le tribunal de commerce aura à se prononcer sur la survie de la Redoute, l’une des plus emblématique enseigne de vente à distance
Comment cette entreprise créée en 1837 en est-elle arrivée là ? Nul doute que le virage du e-commerce a été pris trop tardivement
Comme le Titanic apercevant l’Iceberg, les dirigeants ont tourné la barre pour éviter l’obstacle
Ils se sont dotés d’un site Internet moderne, attractif
Mais cela ne suffisait pas à transformer un VADiste en e-commerçant
Les vieux entrepôts de la Martinoire mécanisés à la fin des années 80 n’étaient plus adaptés, et les systèmes d’information développés en interne avaient atteint depuis longtemps leurs limites
Dès lors, malgré les efforts déployés pour infléchir la trajectoire, l’inertie était la plus forte et le choc devenait inévitable : les pertes financières sont brutalement arrivées comme l’eau s’engouffrant dans la brèche du paquebot menaçant son équilibre
Aujourd’hui l’entreprise n’est pas encore totalement engloutie
Mais que peut-on faire ? Qui pourra la faire repartir ? Combien de personnes peuvent être encore sauvées ? Pour les candidats à la reprise, dont Nathalie Balla, patronne de la Redoute depuis 2009, une seule certitude : il faut la transformer pour l’adapter à son époque
Mais pour satisfaire le e-consommateur et préparer sa commande en 2 heures (contre 1 jour et demi), c’est toute la logistique qui serait à revoir
Un investissement de l’ordre de 50 M€ rien que pour la gestion des flux physiques (entrepôt, mécanisation..;) et de 30 M€ pour l’informatique
Une refonte totale de l’organisation qui permettrait de gagner en efficacité et en productivité pour reprendre des parts de marché et réduire les coûts d’exploitation
C’est ce qu’a fait le groupe 3SI (anciennement Les 3 Suisses) en créant sa filiale Dispéo
Cet autre groupe de vente à distance a brillamment réussi sa transformation pour se positionner à 100% sur l’Internet
Pour preuve, la disparition cette semaine du célèbre catalogue éponyme
Tout un symbole ! JPG