Quelle que soit la future solution alternative annoncée en juin par le gouvernement pour financer nos infrastructures de transport, le terme écotaxe en sera banni. « En tout état de cause, le mot est condamné
Je ne reprendrai pas cette terminologie, car je refuse d’associer le terme écologie à celui de taxe » déclarait Ségolène Royal il y a quelques jours lors de son audition par la mission d’informations sur l’écotaxe poids lourds, dont le compte-rendu détaillé a été récemment mis en ligne. « Le dispositif, déjà extrêmement complexe, était devenu, en outre, totalement incompréhensible sur le plan des principes, en particulier pour une région périphérique
Tout le monde étant assujetti, et ce quel que soit le mode de transport, il avait perdu tout caractère d’incitation à adopter des comportements écologiquement vertueux » ajoute-t-elle, en rappelant par ailleurs que conformément au principe de continuité de l’Etat, il n’y aurait aucune remise en cause de l’objectif de financement des projets retenus par la commission « Mobilité 21 » de 2,5 Mds€ par an. « Madame la ministre, je pense que vous auriez pu attendre de rencontrer les parlementaires avant de vous exprimer sur l’écotaxe dans la presse » lui reproche un membre (UMP) de la commission d’informations. « Si j’ai perturbé les travaux de la mission, je vous prie de m’en excuser
Il s’agissait seulement pour moi d’évoquer des pistes, et non d’aller contre vos prérogatives » lui répond-t-elle
Et de préciser, à un autre moment : « à ce stade, je recherche en toute transparence les solutions les plus acceptables, sans me préoccuper pour l’instant de leurs modalités techniques – tâche qui revient plutôt à votre mission »
D’autres parlementaires reviennent sur les contraintes juridiques et/ou financières des solutions évoquées début avril par la ministre, à savoir la taxation des seuls camions étrangers et l’augmentation des sociétés d’autoroutes. « Je n’ai pas de réponse toute faite à ce problème et j’aimerais que ma contribution à la réflexion ne soit pas caricaturée
Il me semble simplement que le bon sens nous commande de rechercher une solution du côté de l’instauration d’un péage de transit à nos frontières » se défend-elle
En ce qui concerne une taxation accrue des sociétés d’autoroute, Ségolène Royal évoque la perspective d’un accord gagnant-gagnant « puisque les grands groupes de travaux publics qui sont leurs actionnaires bénéficieront des travaux prévus dans le cadre des contrats de projets État-régions et des grands projets de transports collectifs ». JLR
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