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N°3073
 
L’effet papillon du Coronavirus

Le virus 2019-nCoV a beau être au moins 100 000 fois plus petit que le plus minuscule des papillons, ses effets se font déjà ressentir à l’échelle planétaire. Je ne parle pas ici du problème crucial de santé publique et du triste bilan des 40 000 personnes infectées et des plus de 900 morts à ce jour (essentiellement en Chine), mais de ses conséquences indirectes sur les supply chains mondiales. Que les premiers effets se soient fait sentir dans l’industrie automobile, la championne des flux tendus, n’est guère étonnant : Wuhan concentre de nombreux acteurs et sous-traitants de l’écosystème « automotive » planétaire. La fermeture des usines, dont celles de Renault et de PSA, semble devoir se prolonger au moins jusqu’au 14 février (à la demande des autorités locales), et la production a également été interrompue ailleurs dans le pays, dans les usines d’assemblage de Toyota et Volkswagen par exemple. Plus inquiétant, le phénomène a déjà commencé à remonter la chaîne hors de Chine, puisque le constructeur Hyundai a annoncé la semaine dernière qu’il suspendait l’activité de ses sites d’assemblage en Corée du Sud faute d’approvisionnement en composants de câblage électronique. Quant à l’usine sud-coréenne de Renault Samsung Motors à Busan, elle ferma ses portes demain pendant au moins quatre jours pour les mêmes raisons. De son côté, Fiat Chrysler a annoncé qu’il pourrait suspendre l’activité d’un site européen cette fois, si la situation ne s’améliorait pas dans les semaines qui viennent. La supply chain de l’électronique est également fragilisée, à l’image du géant Foxconn (partenaire industriel d’Apple, mais aussi de Dell, HP ou Huawei), qui a provisoirement arrêté sa production. Sans parler d’hypothétiques pénuries de médicaments en Europe liées à l’arrêt de certaines unités de production de principes actifs en Chine. Difficile pour le moment de se faire une idée de l’étendue des dégâts, d’autant que les entreprises concernées cherchent le plus souvent à rassurer leurs clients et leurs investisseurs. S’il semble encore trop tôt pour savoir si le pic de l’épidémie est passé ou non, il y a fort à parier que celui de l’effet Coronavirus sur l’économie mondiale est encore devant nous et que ses conséquences néfastes ne pourront réellement être mesurées que dans quelques mois.
Jean-Luc Rognon

 
 
 
Emploi
Let’s Go bat son plein dans le Grand Ouest

Depuis le début de ce mois et jusqu’à dimanche se déroule en Bretagne un évènement d’une ampleur inédite baptisé Let’s Go, impliquant près de 2 000 participants et près d’une centaine d’entreprises. Organisé par le cluster Bretagne Supply Chain et l’AFT (l’organisme de développement de la formation professionnelle et de l’emploi Transport et Logistique), ce grand rendez-vous a pour vocation de promouvoir les métiers supply chain, logistique et transport et les opportunités de carrière auprès du grand public, des élèves, des étudiants et des demandeurs d’emploi dans le Grand Ouest. Durant ces deux semaines, de nombreuses entreprises basées en Bretagne se mobilisent pour organiser des visites scolaires (écoles et lycées professionnels), des ateliers, des portes ouvertes, des conférences, des forums emplois. Ainsi, la semaine dernière, Guillemot (créée par le cofondateur d’Ubisoft), Auray Boissons Distribution, Biomérieux, Le Roy Logistique ou encore Sulky Burel (matériel agricole) ont entre autres ouvert leurs portes au public et aux élèves pour leur faire découvrir les métiers de la supply chain au sens large. Aujourd’hui, ce sont Easydis, Lobodis, ou Panalog qui accueillent des visiteurs, et demain, ce sera par exemple au tour de Team Ouest Distralis, de Guisnel, de BSL, de Districenter, d’ISB France ou de Gemy. Pour toutes les entreprises participantes, la consigne est claire : il s’agit d’abord de présenter la supply chain et ses métiers avant de parler de sa propre activité. D’ici le 16 février, un total de 155 évènements auront eu lieu sous la bannière de Let’Go. L’un des grands temps forts se déroulera jeudi à la Halle Martenot de Rennes, avec « Let’s Go – Le Village », qui proposera au millier de visiteurs attendus un parcours des métiers et un circuit de découverte et de démonstrations, organisés par les professionnels du secteur. La Halle Martenot abritera également un forum emploi, où les personnes intéressées pourront rencontrer les organismes de formation et les entreprises qui recrutent. « En Bretagne, ces métiers représentent 80 000 salariés, soit 10 % de l’emploi régional. Nous estimons que 8 000 postes supply chain seront à pourvoir en 2020 dans la région» souligne Serge Rambault, le président de Bretagne Supply Chain (par ailleurs président de la société Le Roy Logistique). JLR

 
   
 

Une visite portes ouvertes chez Ouest Boissons dans le cadre de l’évènement Let’s Go, organisé par Bretagne Supply Chain et l’AFT, du 1er au 16 février.

Crédit photo DR
 
 
 
Pharma
Universal Robots équipe le site Sanofi de Tours

Sanofi a cobotisé la palettisation au sein des ateliers de conditionnement de son site de Tours. Le groupe pharmaceutique a déployé pas moins de 7 bras robotisés Universal Robots UR10 pour automatiser les opérations de fin de ligne. Cette installation participe d’un projet d’amélioration de la performance sur ce site qui emploie quelque 300 personnes. L’enjeu était non seulement de gagner en fluidité des opérations et en productivité (la nouvelle organisation des lignes de conditionnement permet de passer de 2 opérateurs par ligne à 3 opérateurs pour 2 lignes), mais aussi de réduire les ports de charge et les risques de TMS pour ces collaborateurs (même si les cartons en question ne pèsent qu’entre 3 et 8 kg à l’unité, le cumul de port sur une journée pouvait représenter de 300 à 700 kg). «L’avantage des cobots UR10 est leur compacité, très importante pour nous car nos fins de lignes sont très serrées. Nous avons ainsi pu installer un bras entre deux palettes, témoigne Gilles Marsal, le chef de projet sur le site tourangeau de Sanofi. Et la facilité de programmation des cobots et leur flexibilité, rendant possible de greffer en quelques secondes des préhenseurs de taille différente en fonction du gabarit des boîtes à manipuler, ont achevé de convaincre la direction, qui a validé le projet d’intégration de ces robots industriels pharmaceutiques ». Au-delà, les utilisateurs et le service HSE ont été impliqués dans ce projet de robotique collaborative, avec l’appui d’HMI-MBS, le distributeur d’Universal Robots qui a mis en œuvre l’installation, en plusieurs phases. Sanofi prévoit un retour sur investissement sur 24 mois, « beaucoup plus court que pour une installation de robots industriels classiques », note le communiqué d’Universal Robots. Un nouveau projet est d’ailleurs envisagé : l’emploi d’un système similaire pour assurer le chargement des étuis sur les lignes de production. MR

 
   
 

Pas moins de 7 cobots d’Universal Robots d’une charge utile de 10 kg ont été déployés pour la palettisation en fin de ligge de conditionnement sur le site de Sanofi à Tours.

Crédit photo Universal Robots
 
 
Engins de manutention
Mitsubishi Logisnext joue la carte de l’intégration en Europe

Une structure de management et d’approvisionnement intégrée. C’est ce que vient de créer Mitsubishi Logisnext Europe, la holding chapeautant les groupes Mitsubishi Caterpillar Forklift Europe et UniCarriers Europe. Avec cette nouvelle direction opérationnelle destinée à optimiser les offres de manutention et de logistique de la holding sur le continent, ses filiales locales détenues à 100 % prendront pour dénomination sociale Logisnext et ses entités européennes actuelles Mitsubishi Caterpillar Forklift Europe et UniCarriers Europe intégreront la structure Mitsubishi Logisnext Europe. La nouvelle structure de management sera opérationnelle à compter de début avril et couvrira tous les canaux et toutes les marques, avec les fonctions corporate, commerciales et services situées au siège de la holding à Almere, aux Pays-Bas. « La stratégie multicanaux et multimarques existante est maintenue », souligne Mitsubishi Logisnext Europe. Le groupe chapeaute les marques Mitsubishi Forklift Trucks, Cat Lift Trucks, UniCarriers, Rocla et TCM. AD


 
   
 

Hiroyuki Shimma, président de Mitsubishi Logisnext Europe B.V.

Crédit photo DR
 
 
Maritime
Un premier client pour le futur voilier-cargo TOWT

Pour les premiers voyages de son voilier cargo classe Phénix prévus pour début 2022, la société bretonne TOWT (Transoceanic Wind Transport) a signé avec un premier client, le négociant “vert” de vins français Ethic Drinks. Le partenariat porte sur le transport maritime décarboné de plusieurs centaines de palettes annuelles de vins biologiques vers l’Amérique (New York). Le négociant compte par ailleurs sur la valorisation du label de transport décarboné Anemos (voir NL 2673) sur ses produits pour booster son activité en Amérique du Nord. « Cette démarche tout à fait innovante et hyper-tangible fournira un vrai levier d’humanisation et de différenciation à nos produits, qui amorcent ainsi la véritable transition énergétique de notre siècle. TOWT, premier opérateur français de voiliers de charge, propose des transports fréquents et qui n'entraînent pas de surcoût vis-à-vis de nos clients, véritablement demandeurs d’alternatives concrètes » a indiqué Mickaël Alborghetti, le dirigeant fondateur d’Ethic Drinks. JLR

 
   
 

Le futur voilier cargo de TOWT, d’une longueur de 67,5 m, aura une capacité de 1 000 tonnes et sillonnera l’Atlantique à une vitesse moyenne de 12 nœuds (soit plus de 10 jours pour la traversée de l’Atlantique).

Crédit photo TOWT
 
 
INFOS INTERNATIONALES  

Japon
Face au coronavirus, des groupes japonais redessinent leur supply chain

Le coronavirus oblige certains fabricants japonais à délocaliser leur production hors de Chine, de peur que l’épidémie ne les oblige à prolonger davantage les fermetures d’usines dans le pays, rapportent nos confères du Mainichi. Cette décision n’est pas facile à prendre car elle occasionne une augmentation temporaire des coûts. « Nous préparons actuellement un plan de production alternatif hors de Chine, en particulier pour nos produits électroniques », a ainsi déclaré il y a quelques jours Hirokazu Umeda, le Chief Financial Officer de Panasonic. L’industrie automobile est également très fortement impactée. Aisin Seiki (un important fabricant de pièces détachées) délocalise en ce moment hors de Chine une partie de sa production car les retards d’approvisionnement pourraient nuire gravement à ses opérations mondiales. Un transfert temporaire de la production vers le Japon est à l’étude. L’équipementier automobile japonais Toyota Boshoku envisage également de déplacer au Japon ou en Thaïlande la production des housses de siège automobile, anticipant en cas de redémarrage un délai pour revenir parfaitement à la normale. Même son de cloche chez le fabricant de climatiseurs Fujitsu General qui possède des usines à Shanghai et dans le Jiangsu (province côtière chinoise qui borde Shanghai à l'ouest et au nord) et déplace aussi sa production en Thaïlande. Certaines entreprises nippones, qui avaient commencé à opérer des mouvements de relocalisation en raison de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, disposent même d’une longueur d’avance. C’est le cas de Nintendo, dont une partie de la production de ses consoles de jeux a déjà été transférée de la Chine vers le Vietnam. JF

 
 

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10 février 2020


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