Cinq ans après avoir démarré son activité seconde main, Petit Bateau tire un premier bilan. « La plus grande leçon, c’est qu’il ne faut pas sous-estimer l’impact du changement d’un tel modèle et donc accompagner les équipes » souligne Corinne Pomonti-Laniez, cheffe de projet au pôle expertise retail de marque de mode enfantine. Une centaine de ses magasins en France sont concernés aujourd’hui par la collecte de vêtements et sous-vêtements de seconde main - uniquement à sa marque -, parmi lesquels 13 seulement font de la revente. « Les personnels en magasins sont d’abord recrutés pour vendre du neuf. Donc, il faut les former à l’analyse de la qualité, au choix du recyclage si le produit est trop abîmé, puis au traitement de cette transaction ». Petit Bateau annonce avoir récupéré ainsi quelque 200 000 pièces (lavées/repassées par le client), et en avoir revendu 150 000 après un passage sous vapeur à 100°. La marque travaille depuis 2021 avec la plate-forme informatique Freepry, qui accompagne des magasins et des enseignes nationales dans leurs projets seconde main. « Notre outil fait une proposition de rachat instantané de son produit selon la charte de qualité de Petit Bateau, son barême de prix, et via le système de caisse, remet un bon d’achat omnicanal au client » explique Thibaut Boiziau, le dirigeant de Freepry. Il permet aussi de gérer le numéro d’identification - chaque produit est unique - et l’édition de l’étiquette de prix avec sa TVA différente de celle du neuf. Petit Bateau s’est fixé un cap : d’ici à 2030, la marque souhaite que son activité « circulaire », c’est-à-dire la seconde main et la location, représente 1/3 des produits vendus. VL