Newsletter n°3320

Fusion-acquisition

Jacky Perrenot en passe d’absorber Vir Transport

Le transporteur / logisticien Jacky Perrenot est en négociation exclusive pour prendre le contrôle de Vir Transport, acteur-clé de la livraison du dernier km de produits lourds et encombrants très axé B2C (pour des clients comme Ikea, Amazon, Veepee, Made.com ou Vente-Unique.com).
Ce « rapprochement stratégique » s’inscrit le rôle moteur que le premier entend jouer dans la consolidation du secteur, avec l’atout de compter comme actionnaires majoritaires depuis fin 2019 les sociétés de capital investissement Siparex et EMZ Partners (voir NL 3024).
Sans oublier les moyens tirés du passage l’an dernier d’un modèle de propriétaire à locataire de ses sites, via une opération de « sale & leaseback » estimée à près de 200 M€.
Depuis une décennie, Jacky Perrenot a connu près de 25% de croissance par an, pour atteindre les 800 M€ de CA sur une année 2020 marquée par l’acquisition des transporteurs Le Calvez et Mendy.
Avec celle de Vir, le groupe se rapprocherait de son objectif d’un milliard d’euros de CA.
Créée en 1985, cette entreprise familiale a vu son CA s’envoler depuis 5 ans (44 à 105 M€) en s’imposant sur le créneau de la livraison à domicile d’articles lourds et volumineux, avec services à valeur ajoutée (installation, montage, enlèvement du produit remplacé).
Avec ses 885 salariés, sa flotte de 300 véhicules et près de 20 sites (environ 100 000 m²), Vir opère sur toute la France et s’est implanté à Bruxelles en 2020 pour couvrir toute la Belgique et le Luxembourg. « Ce rapprochement nous permet de franchir une étape clé dans le développement de l’activité de livraison BtoC avec services intégrés, initiée voilà plus de trois ans chez Jacky Perrenot.
Il s’agit de  devenir un acteur majeur du dernier km tout en accélérant la transition énergétique mais aussi la transformation digitale de nos métiers
», indique Philippe Givone, président de Jacky Perrenot.
En pratique, un pôle B2C baptisé Vir by JP sera créé sous la responsabilité du président de Vir Jérémy Cohen Boulakia, et de son DG Mikael Alloun, avec près de 1 200 salariés pour un CA de 140 M€.
Et le groupe Jacky Perrenot assure étudier de nouvelles opportunités de croissance externe. MR

WMS

BK Systèmes compte sur une croissance à 2 chiffres en 2021

Editeur de Speed WMS, BK Systèmes projette pour 2021 de réaliser une croissance de près de 20%. « L’année se présente bien, nous avons déjà signé quatre nouveaux dossiers significatifs », indique François Biesbrouck, son président.
Pour accompagner son développement, 20 recrutements sont au programme, dont la moitié déjà bouclés, pour porter l’effectif à 80 personnes d’ici fin 2021.
L’an dernier, BK Systèmes a tiré son épingle du jeu : malgré les difficultés liées au contexte, son CA a augmenté de 5% (à 5,2 M€) avec un résultat net positif. « Le 2ème semestre a été particulièrement dynamique », note François Biesbrouck. 90% des objectifs ont été atteints en termes de signature clients, avec de nouvelles mises en œuvre de Speed WMS chez le Groupe Safo (spécialiste de la distribution vers les départements d’Outre-mer), le Groupe BBL (transport et logistique en Europe et jusqu’en Asie centrale), et Viso (équipementier industriel dans le domaine sécurité / signalisation).
Ce dernier a aussi opté pour Foxy APS, le logiciel d’approvisionnement développé par BK Systèmes.
D’autres contrats ont également été signés via des partenaires : Armor-Lux (fabrication et distribution textile) avec Sigma en France, Madec (agroalimentaire) et Kitea (meubles et décoration) avec BKSM au Maroc, où BK Systèmes travaille aussi avec Almav Logistics sur la gestion de la logistique du vaccin Sinopharm.
Plus généralement, l’Afrique représente pour l’éditeur une zone privilégiée de développement : il a notamment démarré cette année avec son client historique, le Groupe Bolloré, un projet portant sur la gestion des matières premières (cacao, riz…) dans plus une vingtaine de pays.
On notera enfin le démarrage d’un dossier outre-Atlantique en collaboration avec le 3PL Staci, pour le compte du groupe pharma-cosmétique Pierre Fabre. JLR

Livre blanc

Repenser les pratiques SCM pour mieux gérer les risques

Dans le livre blanc qu’il vient de publier, l’éditeur américain Coupa Software défend l’idée que les pratiques actuelles de SCM ne contribuent pas naturellement à la  résilience des supply chain, et que certains processus existants ne sont pas adaptés pour faire face à des incidents à fort impact et à faible probabilité d’occurrence, tels que la pandémie en cours.
Intitulé « Risque, résilience et modélisation de la supply chain », ce document prône une démarche de résilience, d’analyse de risques et de recherche de réponse adaptée, qui serait fondée sur une modélisation numérique de la supply chain (structure, flux de produits, politiques), en s’appuyant conjointement sur des algorithmes d’optimisation et de simulation.
Rappelons que Coupa Software a fait l’acquisition fin 2020 de Llamasoft (
voir NL 3232), spécialiste des solutions informatiques de conception et de planification de la supply chain à base d’intelligence artificielle et de jumeaux numériques. JLR

Pour télécharger le livre blanc, cliquez ici

Immobilier logistique

Mileway ajoute 200 000 m² à son parc dernier km

Déjà à la tête d’un portefeuille de plus de 1 500 actifs logistiques dans une dizaine de pays européen, Mileway en a récemment ajouté 50 de plus, pour un total de 205 000 m² répartis entre la France et le Royaume-Uni.
Créé à l’automne 2019 sous l’égide du géant américain Blackstone (voir NL 3086), cette plateforme spécialisée dans l’immobilier logistique du dernier km a réalisé cette acquisition à 250 M£ (plus de 290 M€) auprès de l’investisseur InfraRed Capital Partners, qui avait regroupé cet ensemble immobilier dans un fonds ad hoc au fil de rachats de sites réalisés pour l’essentiel sur 2018-2019.
La liste des locataires avait été étoffée grâce à la modernisation, le réaménagement ou l’extension de certains sites, et compte désormais de grands noms du e-commerce ou de la livraison comme Amazon, Fedex, Royal Mail, Hermes ou Just Eat.
Le volet hexagonal de ce portefeuille représente un gros quart des surfaces (56 000 m²) mais se concentre dans le Grand Paris, sur des zones souvent proches du périphérique, donc très en vue pour la livraison urbaine comme Malakoff, Massy, Palaiseau ou Choisy.
Et parmi ses locataires figurent l’industriel et logisticien Daher, l’opérateur Swiss Post, ou l’horloger helvète Richard Mille.
Le tout porte à plus de 185 le nombre de sites de Mileway dans l’Hexagone, pour presque 1,6 M de m².
Son portefeuille est quasi trois fois plus important outre-Manche (685 sites pour 4,36 M de m²), les 149 000 m² acquis se concentrant dans le nord du pays (Sheffield, Manchester, Liverpool ou Leeds).
Mileway souligne avoir procédé à quelque 3 Md€ d’acquisitions l’an dernier en Europe, et déjà 1,3 Md€ cette année. MR

Intralogistique

Geodis parie sur des chariots élévateurs pilotés à distance

Le télétravail concernera-t-il aussi à terme les caristes ? Dans le cadre d’une collaboration avec Fenwick-Linde et l’éditeur américain de logiciels de contrôle à distance Phantom Auto, Geodis annonce avoir testé un chariot élévateur téléopéré sur ses sites de Levallois et du Mans.
Grâce à cette solution, un opérateur peut piloter en central plusieurs engins situés à des centaines, voire des milliers de kilomètres.
Selon le logisticien, la formule vise à améliorer le confort de travail des opérateurs et à créer des opportunités d’emploi pour les personnes souffrant de handicap physique, ou d’autres profils peu présents en logistique. « Cette technologie favorise une meilleure allocation de la main-d’œuvre, contribue à des entrepôts plus sûrs, améliore les conditions de travail et crée des opportunités d’emploi pour ceux qui ne pouvaient pas conduire physiquement des chariots élévateurs, note Stéphanie Hervé, directrice des opérations de Geodis pour l’Europe occidentale, le Moyen-Orient et l’Afrique. Cette innovation sera bénéfique pour la communauté au sens large et préfigure des futurs métiers de la logistique.
Nous pensons que la technologie doit être au service de l’humain et c’est ce qu’illustre ce partenariat avec Phantom Auto ».
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Multimodal

Trafic fluvial record à Ports de Lille

Pour la première fois de son histoire, le trafic fluvial de Ports de Lille a franchi la barre des 2 millions de tonnes transportées en 2020 (+ 8 %).
Sur la période, ses terminaux à conteneurs de Lille, Santes et Béthune ont continué à recevoir et expédier barges, trains et camions, ses services fluviaux à relier ses infrastructures aux ports maritimes, et ses activités de délestage fluvial sont restées opérationnelles, notamment celles de conteneurs entre Béthune et Santes.
Son trafic ferroviaire ayant reculé de ‘seulement’ 2,4 % (408 000 tonnes), Ports de Lille a vu la part de ses modes de transport alternatifs à la route passer de 28,4 % en 2019 à 32,7 % l’an dernier.
Le trafic conteneurisé a bondi de 58,5 %, avec la prise en charge de 256 400 EVP (équivalent vingt pieds), dont 102 000 par la voie d’eau. « Cette évolution des trafics conteneurisés est à mettre en perspective avec le démarrage d’un nouveau trafic fluvial de délestage pour l’usine Roquette de Lestrem », souligne l’autorité portuaire.
A l’occasion de son installation dans un nouveau site de 41 000 m²  à Santes (voir NL n°3006), le groupe agro-industriel a instauré une boucle logistique multimodale : un transport fluvial conteneurisé, réalisé par Danser, a été mis en place depuis son usine de Lestrem jusqu’à Santes, via le port de Béthune. « En dépit de la crise sanitaire, ce service d’acheminement par la voie d’eau des conteneurs de Roquette a boosté les chiffres de Ports de Lille, poursuit l’autorité portuaire. La catégorie des conteneurs prend une toute nouvelle ampleur avec la mise en service du nouveau terminal de Santes dévolu, pour le moment, au traitement de ce trafic de délestage en attendant la conclusion de nouveaux contrats tant fluviaux que ferroviaires ». De quoi favoriser un retour global à la croissance en 2021.
Tous sites et tous modes confondus, le trafic de Ports de Lille a porté sur 7,5 millions de tonnes de marchandises (- 7,9 %). AD

Infos internationales
Belgique

Soditra Logistic double la mise avec Scallog

Dans son entrepôt de Nivelles, au sud de Bruxelles, Soditra Logistic a doublé la taille de son installation goods-to-man Scallog, afin d’absorber l’essor des préparations de commandes de détail réalisées sur ce site de 16 800 m².
Satisfait par la solution déployée courant 2019, et fort d’une nouvelle signature de contrat avec Greenweez (e-commerce bio), le 3PL belge a procédé à cette extension de la solution Flexypick de Scallog, qui occupe désormais 600 m².
Le nombre de robots Boby est passé de 6 à 12, celui des étagères de 98 à 148 et les stations de préparations de 2 à 4.
Avec sa nouvelle zone goods-to-man, Soditra Logistic peut désormais stocker et traiter 8 000 références, soit 3 000 de plus, avec un gain de surface conséquent par rapport à un process de picking traditionnel.
Autre atout majeur, la productivité : à partir de sa station, un opérateur peut aujourd’hui réaliser simultanément 60 préparations de commandes, contre seulement 6 quand il parcourait 10 à 12 km par jour dans les allées.
Avec un ROI estimé à moins de 3 ans, la solution pourrait faire l’objet de nouveaux déploiements chez le 3PL, dans son deuxième entrepôt de 18 200 m² à Mollem, au nord de Bruxelles, ou sur l’extension de 10 000 m² programmée en 2021 sur son site de Nivelles. AD