Newsletter n°3355
Le décollage… des tours de contrôle !
Le trafic aérien en France, en avril dernier, n’est qu’à 12,1% de celui constaté lors du même mois de 2019 selon les derniers chiffres du ministère de la transition écologique.
Mais mon intention n’est pas de vous parler d’avions ni d’aiguilleurs du ciel mais plutôt de la montée en puissance des tours de contrôle supply chain.
Ces outils existent depuis plusieurs années mais la période que nous traversons depuis le printemps 2020 met d’autant plus en exergue l’aide précieuse qu’elles peuvent apporter, non seulement en termes de visibilité à 360 degrés sur les flux, mais aussi dans la prise de décision face aux aléas de toutes sortes.
Sans oublier le recours récent à l’IA pour analyser les données temps réel provenant de l’Internet des objets et pour simuler des scénarios « what-if ?».
Comme le résume Enrique Pie-Abad, directeur de la Stratégie du Pôle Industrie chez Blue Yonder dans le podcast de la semaine, les tours de contrôle sont là pour vous aider à résoudre les problèmes avant qu’ils n’arrivent.
Autrement dit, en matière d’agilité, le « et si jamais ? » est nettement plus efficace que le « ah si j’avais su » et le « au cas où ».
A écouter sans modération sur notre site Supply Chain Magazine, ou sur les plateformes Ausha, Apple Podcast, Spotify, Deezer, et Google Podcast. Jean-Luc Rognon
Cliquez ici pour accéder au podcast d’Enrique Pie-Abad, directeur de la Stratégie du Pôle Industrie chez Blue Yonder, sur le thème : « Une tour de contrôle pour réconcilier planification et exécution ».
La logistique export de Bioderma regroupée chez ID près de Fos
Début mai, ID Logistics a mis en opération un nouveau site de 30 000 m² au service du groupe Naos à Port-Saint-Louis-du-Rhône, au sein d’un entrepôt de 70 000 m² construit par GSE pour Mediaco Vrac sur la zone Distriport de Marseille-Fos (voir NL 3179).
Avec 60 collaborateurs permanents, le logisticien centralise sur place les opérations logistiques vers l’international de Bioderma, la marque-phare de ce groupe français spécialisé dans les soins de la peau (qui emploie plus de 3 000 collaborateurs, pour un CA de 537 M€ sur son dernier exercice).
Pour assurer cette prestation, ID Logistics va s’appuyer sur une solution de stockage de palettes haute densité de Mecalux, avec des navettes radio-guidées.
Le système sera déployé au fur et à mesure sur chacune des 5 cellules, en lien avec les projections d’activité du client.
ID Logistics et Naos ont en outre fait le choix d’utiliser le WMS Reflex de Hardis Group, qui prend en compte les enjeux de conformité propres à ces produits santé-cosmétiques (gestion des dates d’expiration, traçabilité des lots, des produits, gestion des lots, traçabilité, « audit trail » ou journal d’audit documentant chaque opération…).
Cette exigence avait été exprimée par le client pour faire face notamment aux évolutions réglementaires, d’autant que ces produits sont destinés à plus d’une centaine de marchés dans le monde.
La prestation illustre ainsi le savoir-faire et l’expertise propre au domaine de la santé développés par ID Logistics, qui compte parmi ses références des acteurs tels que Pierre Fabre, Roquette ou Naos en France, mais aussi Pfizer, GSK, Sanofi ou Novartis en Espagne et au Portugal, Johnson et Johnson en Espagne et au Brésil, ou Super-Pharm en Pologne.
Ce secteur est en forte croissance chez le logisticien, qui entend accélérer la digitalisation de ce type d’opérations ces prochains mois, en particulier sur le créneau de produits pharmaceutiques et des médicaments où s’invite de plus en plus un volet e-commerce. MR
Dedienne traque la non-valeur ajoutée avec l’aide de Still
Plus connu pour ses engins de manutention, Still a également développé en parallèle une activité de conseil en intralogistique qui aide les entreprises dans leurs projets de modernisation, d’optimisation ou de développement d’entrepôts.
Déjà client en matière de chariots frontaux, gerbeurs et transpalettes électriques, le plasturgiste Dedienne Atlantique a ainsi fait appel à l’expertise de Still Consulting pour l’aider à identifier les tâches chronophages non productives dans son usine de Gétigné (20 000 m²), en Loire Atlantique, spécialisée dans les pièces techniques à très haute valeur ajoutée pour le luxe et les industries de pointe.
La première phase de ce projet, dénommé Optiflow, a démarré en janvier 2020 par la cartographie détaillée des flux de l’usine. « Le premier flux repéré comme une priorité dans la diminution de la non-valeur ajoutée a été celui de la collecte des échantillons qualité », indique Guillaume Dubourg, le responsable Qualité du groupe Dedienne Multiplasturgy.
Cette tâche implique actuellement qu’un contrôleur fasse le tour quotidiennement de l’usine avec un trolley pour collecter les échantillons sur les 34 machines d’injection (soit l’équivalent d’un ETP pour l’opération de ramassage).
Après une phase de modélisation et de simulation des flux via la création d’un jumeau numérique de l’entrepôt (sous Visual Components), Still Consulting a préconisé le recours à un trolley ergonomique rendu autonome par un AMR porteur (Autonomous Mobile Robot) du de la start-up d’origine danoise MiR. « Nous avons réalisé une étude de marché et étudié toutes les solutions innovantes disponibles afin de trouver la solution adaptée.
Le retour sur investissement de ce projet d’automatisation du flux qualité est de moins de douze mois » indique Yann Rodrigues, le responsable de Still Consulting.
La mise en œuvre est prévue l’année prochaine.
Plus largement, le programme d’automatisation et de robotisation en trois phases proposé par Still à Dedienne Atlantique, doit être déployé dans les trois prochains années. JLR
Ermewa pousse pour la généralisation du DAC
Le loueur de wagons Ermewa en est convaincu : l’augmentation de la part modale du fret ferroviaire en Europe ne sera fera pas sans l’adoption de nouvelles solutions.
Selon la société, si la filière ne généralise pas de nouveaux systèmes pour favoriser le report modal vers le ferroviaire, cela entraînera la circulation de 1 million de camions supplémentaires sur les routes européennes en 2030.
L’objectif du green deal européen, qui vise à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre sur la période 1990/2030, ne serait donc pas atteint à cette date (la neutralité carbone étant par ailleurs visée en 2050).
Afin de développer l’efficacité et l’attractivité du fret ferroviaire, Ermewa préconise ainsi de généraliser le système dit de couplage automatique digital (Digital automatic coupling ou DAC, en anglais).
Il s’agit d’une solution d’attelage qui permet de coupler et découpler automatiquement le matériel roulant dans un train de marchandises, tant physiquement (connexion mécanique et ligne pneumatique pour le freinage) que numériquement (alimentation électrique et connexion de données).
Ces opérations sont aujourd’hui effectuées manuellement par un opérateur qui doit monter entre les wagons pour les accrocher et les décrocher. « Avec le nouveau système, le temps de préparation d’un train pourra passer de 4 heures à 30 minutes », souligne Peter Reinshagen, directeur général d’Ermewa.
En attendant, il faudra choisir un standard.
Plusieurs types de DAC vont ainsi être testés dans le cadre d’un consortium dénommé DAC4EU (constitué de DB AG, DB Cargo, Ermewa, GATX Rail Europe, Rail Cargo Austria, SBB Cargo et VTG). « L’objectif est qu’à la fin de l’année, un système unique soit sélectionné et devienne la norme qui sera déployée dans toute l’Europe », poursuit Peter Reinshagen.
Le responsable estime qu’il faudra ensuite déployer la solution en moins de six ans sur 450 000 à 500 000 wagons, opération qui nécessitera un investissement de 6 à 8 Md€. « L’UE et les Etats membres pourraient contribuer au financement, note Peter Reinshagen. Je suis convaincu que les objectifs du green deal ne pourront pas être atteint sans le DAC. » AD
Rhenus devient fournisseur de rang 1 pour BMW
Dans la ville chinoise de Shenyang, à 500 kilomètres au nord-est de Pékin, Rhenus Automotive a ouvert une usine d’assemblage d’essieux destinés à un nouveau modèle de véhicule de marque BMW.
Au sein de ce site d’environ 20 000 m², la division automobile de Rhenus Logistics officiera en tant que fournisseur de rang 1 pour l’usine BMW située à une dizaine de kilomètres, à Dadong.
Le prestataire sera responsable de l’approvisionnement de tous les composants en amont, de la gestion de la qualité et du pilotage du réseau mondial de fournisseurs de pièces (une centaine).
La mise en service de l’usine, exclusivement exploitée pour le groupe BMW, a été précédée par une phase préparatoire de 18 mois.
Le pôle automobile du prestataire a ainsi inauguré son premier site de production chinois avec son usine de Shenyang. « La Chine est un marché en très forte croissance, d’une grande importance pour nous et sur lequel nous avons les yeux rivés depuis plusieurs années, souligne Marcus Ewig, directeur général de Rhenus Automotive. AD