Newsletter n°3384
Ferrero entre en Seine pour des transports plus durables
C’est hier qu’a été officialisée par Ferrero France la mise en place sur l’axe-Seine d’une liaison fluviale entre son bastion normand (où est de longue date implanté la plus grosse unité de production de Nutella au monde) et le bassin de consommation francilien, en l’occurrence pour approvisionner l’entrepôt Monoprix/Samada de Wissous.
Née d’échanges au sein du Club Déméter, l’initiative mobilise également le prestataire Stef, qui assure pré et post-acheminement des produits via des camions roulant au GNV.
Plusieurs liaisons tests avaient déjà été réalisées au départ du site Ferrero de Villers-Écalles et c’est désormais sur une base hebdomadaire qu’opérera ce flux plus durable qui va permettre de reporter vers le fleuve les deux tiers des volumes de Ferrero avec ce client-clé pour la région parisienne (avec 19 camions mobilisés au lieu de 54, et une réduction de 5 t des émissions de CO2 par an). « Ce lancement est le fruit de 6 mois de travail avec nos partenaires, notamment pour définir le juste cadencement des opérations, ou trouver l’opérateur fluvial pouvant embarquer un bloc frigo nécessitant une alimentation à bord », nous indique Grégory Debuchy, le directeur Supply Chain de Ferrero France.
Le projet s’inscrit dans une démarche volontariste de l’agro-industriel pour réduire l’empreinte environnementale de ses opérations, avec un objectif de -7% d’émissions sur 2020-2022.
La moitié du chemin avait déjà été parcourue l’an dernier, notamment via un travail de fond sur les flux associés à sa problématique de copacking, et de nouvelles initiatives se déploient.
Par exemple sur le volet routier : depuis mai, les livraisons au départ de la Normandie vers trois départements des Hauts-de-France sont assurées via des camions au BioGNV, dans le cadre d’un partenariat avec le prestataire Jacky Perrenot (avec -80% d’émissions CO2 à la clé).
Et la logique de report modale est aussi à l’œuvre en mode ferroviaire et international sur un flux reliant le site de production du groupe à Balvano, dans le sud de l’Italie, à son entrepôt de Neuville-aux-Bois, près d’Orléans.
Soit un parcours de 1200 km opéré à ce stade sur une base hebdomadaire, mais qui va monter en puissance à la fin de l’été avec l’objectif de 7 trains par semaine, pour traiter les ¾ des volumes. MR
byrd va déployer plus largement ses ailes en Europe
La plateforme de e-logistique byrd a levé 16 M€, après avoir réalisé une première levée de fonds en juillet de l’année dernière, à hauteur de 5 M€.
Cette start-up autrichienne fondée à Vienne en 2016 va chercher à concrétiser ses fortes ambitions européennes, avec une extension de son réseau de distribution à cinq nouvelles zones géographiques en Europe de l’Est, du Nord et du Sud, et le développement des équipes pour desservir ses marchés existants tels que l’Autriche, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Un bureau en France devrait ouvrir d’ici le début de l’année prochaine, mais le service est déjà disponible dans l’Hexagone depuis fin 2020, via un premier entrepôt logistique d’un 3PL partenaire.
L’offre byrd s’adresse aux e-commerçants (notamment ceux présents via les marketplaces) à qui elle propose grâce à sa plate-forme logicielle en mode cloud de gérer l’intégralité du processus logistique (import des produits, gestion des stocks via son WMS, préparation des commandes, packaging personnalisé, livraison et gestion des retours).
Son réseau de 15 entrepôts logistiques partenaires dans 5 pays s’appuie sur son WMS développé en propre.
Elle revendique aujourd’hui quelque 200 clients e-commerçants dont les marques Durex, Freeletics, et Scholl. JLR
Retrouvons-nous à la Station F après la pause estivale
Après cette année éprouvante, tout le monde aspire à un peu de repos et de prise de recul, et votre newsletter n’échappe pas à la règle.
Nous ouvrons aujourd’hui une parenthèse estivale qui se refermera le 23 août, avec notre traditionnelle rétrospective des actus de l’été.
Ce break va permettre à l’équipe de Supply Chain Magazine de peaufiner son premier temps fort de la rentrée, le Forum d’été du 31 août à la Station F, consacré aux leviers d’innovation en SC que constituent les startups (déjà plus de 200 inscrits).
Alors que le programme de conférences est pratiquement bouclé (vous le recevrez dans un prochain e-mail d’invitation, et il sera consultable sur le site d’inscription), la liste des partenaires de l’évènement ne cesse de s’allonger : le dernier en date, Aera Technology vient de rejoindre les Adameo, Bevolta, Citwell, Flowlity, Prism, Quantmetry, Safecube, Say Partners, Sightness, SKU Science, Snext, Spareparts 3D, sans oublier Redlog, que vous avez pu découvrir dans notre dernier podcast.
Très varié, le menu de cet évènement de la rentrée n’a rien d’un concours de pitches : des tables rondes thématiques sur les stratégies à mettre en place, des interventions en tandem entre une startup et son client (y compris via des cabinets de conseil), le témoignage de Cdiscount sur sa stratégie d’open innovation en Supply, celui de Michelin sur un partenariat réussi dans la mise en œuvre d’un projet clé, des mini-focus en lien avec l’actualité, etc.
Avec évidemment, c’est l’ADN du Forum d’été, la possibilité pour le public de poser des questions et de prolonger le débat lors des pauses.
Nous avons tous hâte de vous y retrouver.
D’ici là, nous vous souhaitons une bonne parenthèse estivale. Jean-Luc Rognon
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Pour tous renseignements concernant le Forum d’été, contactez Philippe Tesson au 06 81 35 79 03, ou philippe.tesson@scmag.fr
Stef s’engage davantage pour le climat
Souhaitant franchir un nouveau palier dans sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique, Stef a adopté une démarche climat avec plusieurs objectifs fixés à l’horizon 2030. « En tant que leader européen du transport et de la logistique alimentaires sous température contrôlée, il est de notre responsabilité de contribuer activement à la diminution des émissions de CO2 », explique Stanislas Lemor, le Pdg de Stef.
Dans le cadre de sa démarche baptisée Moving Green, le logisticien entend réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre de ses véhicules d’ici 2030, utiliser 100 % d’énergie bas carbone dans ses bâtiments d’ici 2025, et intégrer ses sous-traitants dans sa démarche pour étendre celle-ci à tous les maillons de la SC.
Pour atteindre tous ces engagements, Stef va notamment faire en sorte d’optimiser ses schémas de transport via l’IA et continuer à privilégier les véhicules ‘propres’ (électriques ou roulant au bioGNV, par exemple).
Côté bâtiments, il compte renforcer leur autonomie énergétique et optimiser leur consommation en les dotant de davantage de panneaux photovoltaïques et en s’appuyant sur son système de management de l’énergie mis en œuvre en 2013.
Le tout, en privilégiant dans le même temps la consommation électrique produite à partir de sources d’énergies renouvelables (énergie solaire, éolienne, hydraulique).
Bref, le groupe devrait encore réduire fortement ses émissions de CO2. « Notre engagement pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre nous a déjà permis d’éviter le rejet de plus de 150 000 tonnes de CO2 sur la période 2010-2020 », note Stanislas Lemor. AD
Le sétois Aqualis Seafood internalise en déployant le WMS IzyPro
Spécialiste des produits de la mer surgelés, la PME Aqualis Seafood a investi 2 M€ dans la construction d’un site de stockage en froid négatif sur la zone des Eaux Blanches, à Sète, afin d’internaliser sa logistique.
Pour gérer les opérations sur place, son choix s’est porté sur le WMS IzyPro d’Acsep.
Reprise il y a quelques années, l’entreprise est en pleine expansion, profitant notamment du boom des ventes de surgelés sur fond de crise sanitaire. « Nous avons dépoussiéré la société et lancé de nouvelles gammes de surgelés premiums cuisinés en France à base de matières premières fraîches, explique son président Stéphane Seguin. Pour accompagner notre croissance et compte-tenu de la qualité de nos produits, nous souhaitions proposer un excellent service sur le volet logistique à nos clients de la grande distribution ».
Ce choix d’internaliser exigeait d’adopter des outils ad hoc, et Acsep a remporté l’appel d’offres avec son WMS. « Au-delà de la simple vente d’un logiciel, ils nous ont accompagné avec une méthode de travail éprouvée et une capacité d’analyse pertinente.
Ils ont également réalisé un dossier de fonctionnement complet qui nous a permis de formaliser l’ensemble de nos besoins et de mettre tous les enjeux du projet sur la table », poursuit Stéphane Seguin.
Un des enjeux portait sur la traçabilité, compte tenu du positionnement premium des produits d’Aqualis (sous les marques Golfo Gourmet et Golfo Nuevo) et des exigences de la grande distribution.
À moyen terme, l’entreprise envisage de se doter d’un autre entrepôt dans le Nord, et d’y dupliquer son organisation associant le WMS IzyPro et son ERP. MR
Nexans vise la neutralité carbone avec DDS Logistics
L’an dernier, Nexans a rejoint le programme Fret 21 avec pour objectif de réduire de 5 % les émissions de CO2 de ses opérations de transport au départ de la France et de la Belgique.
Visant la neutralité carbone à l’horizon 2030 et satisfait par les premiers résultats obtenus via les différentes actions menées dans le cadre de Fret 21(optimisation du taux de chargement des camions, développement du transport multimodal et achat responsable), le fabricant de câbles souhaite désormais étendre ces actions aux 100 000 expéditions auquel il procède chaque année en Europe, en plus de développer de nouveaux modes de transport sur certains de ses flux (le mer-routage, notamment).
Et c’est dans ce contexte qu’il a décidé de renouveler sa confiance à DDS Logistics, son partenaire éditeur depuis 10 ans, en intégrant son calculateur de CO2 Green Move à son TMS DDS Shipper.
L’industriel pourra disposer de données fiables et précises en matière environnementale pour suivre les performances de ses différents sites et atteindre ses objectifs de réduction d’émissions de CO2.
Actuellement en cours de déploiement, la solution intègrera l’ensemble des flux depuis ses usines françaises vers ses usines européennes, ainsi que vers ses clients finaux en France et en Europe. « Disposer de données reconnues et certifiées, savoir les exploiter, suivre son empreinte carbone, démontrer son engagement au travers d’une véritable stratégie de transition énergique et mieux contrôler les plans de transport pour minimiser notre empreinte et réduire nos coûts sont parmi les gains que nous attendons au travers de Green Move », souligne Julien Cintrat, responsable transport de Nexans France. AD
AtlanteM pourrait prendre goût aux AGV d’Isitec
Dans sa nouvelle usine 4.0 de Saint Sauveur des Landes, en Ille-et-Vilaine, le spécialiste de la menuiserie et des fermetures AtlanteM utilise depuis le mois de mai l’AGV Short Type de l’intégrateur Isitec International, basé sur une technologie japonaise signée Aichikikai Techno System.
L’engin autonome, à guidage et navigation par bande magnétique, sert à automatiser les transferts de profils entre les différents postes, de la réception du profil standard à 6 m 50 à la découpe aux bonnes dimensions en passant par l’usinage.
Au total, l’automatisation de ces transferts de pièces dans l’usine a permis d’économiser entre 10 et 15 kilomètres de déplacements quotidiens effectués par les opérateurs, à raison de 150 déplacements de 100 à 200 mètres chacun.
A tel point qu’AtlanteM pourrait décider d’étendre le périmètre d’utilisation de ce type d’engin. « Nous envisageons par exemple d’exploiter l’AGV Short Type d’Isitec International pour automatiser les flux de nos colis accessoires vers l’expédition, voire de le déployer dans une autre usine de notre groupe, qui en compte 9 en France» a ainsi déclaré Jérémy Jouvrot, responsable Méthodes d’AltanteM. JLR
Une nouvelle plate-forme en construction pour le groupe Pommier
Le groupe Pommier, basé à Saint-Ouen l’Aumône (Val d’Oise), se fait construire un bâtiment comprenant 125 000 m3 d’espace de stockage et 1 850 m² de bureaux, dans lequel elle prévoit d’emménager d’ici fin 2022.
Ce déménagement doit lui offrir une capacité de stockage supérieure, qui accompagnera sa croissance et lui permettra d’optimiser sa chaîne logistique.
Cette opération est financée par l’enveloppe que lui mettent à disposition ses trois actionnaires entrés il y a cinq ans, BPI France, NCI et BNP Paribas à l’occasion d’un LBO qui voit certains membres du comité de direction partir à la retraite et d’autres managers y entrer.
Son n°1 depuis 20 ans, Jean-Patrick Sauvy, consolide sa position au capital.
Spécialiste des pièces pour la carrosserie industrielle (attelages, fixations, éclairages, etc) depuis 75 ans, Groupe Pommier a réalisé un CA de 78 M€ en 2019 dans 6 pays en Europe.
Son ambition est d’être un acteur de la consolidation sur son marché. VL
Les passionnantes tribulations d’un industriel en France
Une aventure humaine entre mondialisation et territoire, tel est le sous-titre de l’excellent livre d’Alain Verna, Pdg de l’entreprise dieppoise Toshiba TEC Europe Imaging Systems SA, intitulé « Fonder une industrie contributive et résiliente ».
Et d’aventures il en est effectivement question dans ce livre passionnant qui nous propose plusieurs niveaux de lecture.
Au travers de l’exemple de 30 ans de transformations successives, voulues ou subies, de cette filiale industrielle française d’un grand groupe japonais, l’auteur nous éclaire avec style sur l’histoire de la mondialisation industrielle et sur l’évolution des méthodes de management et d’organisation de la production, dans un contexte d’entreprise étendue, citoyenne, ancrée dans son territoire.
Ce natif de Belfort en profite aussi pour nous faire partager, au début de chacun de ses chapitres, sa passion pour l’histoire de Dieppe, sa ville d’adoption.
Loin des discours un peu lénifiants sur l’industrie du futur, le livre d’Alain Verna laisse entrevoir les contours d’une voie possible pour une reconstruction industrielle durable et responsable en France, à condition de faire preuve à tous les instants d’imagination et de ténacité : implication des salariés, recherche de valeur pour les clients, coopération avec les entreprises locales.
Si vous voulez comprendre de l’intérieur comment le site Toshiba TEC de Dieppe a diversifié et transformé au fil du temps son activité d’assemblage en activité de services (logistique, reconditionnement, réparation, manufacturing as a service pour le compte de start-up technologiques), voici votre livre de l’été ! JLR
L’AutoStore entre en service chez Siemens
Voilà, c’est fait.
Siemens a commencé à exploiter son système de stockage et de préparation AutoStore dans son usine Siemens WKC de Chemnitz, au sud de Leipzig.
Le déploiement de cette installation avait été annoncé juste avant le début de la crise sanitaire par l’intégrateur Dematic (voir NL n°2956).
Cette installation comprend plus de 45 000 bacs manutentionnés par 34 robots, avec cinq stations de prélèvement où les pièces sont regroupées pour être traitées ultérieurement par la production.
En amont du stockage, des convoyeurs et des élévateurs permettent le chargement des bacs directement depuis la zone de réception. « Notre nouveau système permet d’automatiser l’ensemble des flux de matériaux afin de toujours garantir un excellent approvisionnement de la production en s’intégrant de manière flexible à nos processus de travail, souligne Carsten Sambo, responsable de la logistique de production chez Siemens WKC. Auparavant, notre entrepôt fonctionnait avec un système de stockage manuel à rayonnages modulaires. » A noter aussi que c’est la société Still qui a présenté Dematic à Siemens.
Le fabricant d’équipements de manutention, qui évolue dans le périmètre du groupe Kion comme Dematic, est l’un de ses partenaires de longue date.
Il lui a notamment fourni un système de rayonnages pour 12 000 emplacements. AD