Newsletter n°3451
Le défi de vaccination anti-Covid relevé par Santé Publique France
La première journée de Supply Chain Event aura été marquée par le témoignage attendu de Santé Publique France (SPF), accompagné par le cabinet de conseil Citwell, sur un thème au cœur de l’actualité : « La distribution des vaccins par l’État en pleine crise du Covid : comment SPF a relevé le défi ? ».
Après avoir rappelé les missions de SPF (le bras armé de l’État plus particulièrement sur les crises sanitaires), Stéphane Costaglioli, le directeur Alerte et Crise chez SPF, a expliqué précisément le rôle de sa direction en charge de la mise en œuvre des moyens pour répondre à ces crises.
Elle comprend trois entités, dont l’unité établissement pharmaceutique (EP) qui gère l’ensemble des produits de santé mobilisés pour des évènements et des menaces sanitaires graves (achat, stockage, distribution). « Cette campagne de vaccination a exigé beaucoup d’adaptabilité et de réactivité.
Nous avons appris en marchant car nous ne disposions pas de toutes les données au départ.
Nous avions quelques éléments à partir desquels nous devions élaborer des scénarii de distribution », a rappelé Stéphane Costaglioli en soulignant le challenge chiffres à l’appui : plus de 20 000 points de livraison, plus de 85 000 professionnels de santé libéraux concernés par la campagne, environ 130 millions de doses à distribuer en France (à ce jour), plus de 15 références (vaccins mais aussi seringues, aiguilles, diluant, etc.), et un taux de service attendu de plus de 95%.
À cela s’ajoutait une forte contrainte de temps et des montées en charge très rapides, sans compter les nombreuses contraintes inhérentes aux produits : plusieurs températures de gestion, dont négatives jusqu’à -80°C, des temps de transport limité (12h max une fois décongelé), modification de la date de péremption du produit à chaque changement d’état d’où nécessité de réétiqueter, etc. (voir suite) JF
SPF face au challenge de distribution des vaccins (suite)
Au gré des besoins de la campagne définis par le gouvernement, SPF a élaboré trois modes de distribution : les opérations « aller vers » (livraison des Ehpad, événements spécifiques locaux…), les établissements de santé et les centres de vaccination, et les professionnels de santé en ville via les officines.
Les flux de vaccins (entre trois et cinq dépositaires selon les moments) et le matériel (plus d’une dizaine de dépositaires) ont finalement été dissociés.
Tous les acteurs de la chaîne ont dû se transformer dans un temps record.
À titre d’illustration, les pharmacies hospitalières ont joué le rôle de véritables plateformes de découplage logistique.
Les plans de transport depuis les dépositaires vers les officines et les PUI d’établissements ont été élaborés avec un soin extrême pour respecter les contraintes de durées autorisées.
Une base de données et un système de commande (ainsi que des outils d’analyse de ces commandes pour le contingentement) ont été mis en place. « Rappelons qu’il y avait une tension sur le marché mondial.
Nous avons sécurisé des stocks, et au tout début, c’était comme acheter de l’or ! Les premières livraisons étaient réalisées sous escorte », a rappelé Christine Debeuret, responsable de l’unité établissement pharmaceutique chez SPF.
L’aventure est loin d’être terminée puisque SPF s’organise actuellement pour faire face aux prochains défis : dose de rappels, arrivée de nouveaux vaccins, dont les vaccins pédiatriques, nouvelles présentations et modalités logistiques.
Le mot de la fin est revenu à Jean-Pascal Chichmanian, directeur chez Citwell : « Nos journées représentaient des semaines de travail, nos semaines des mois et nos mois des années ».
La conférence s’est conclue sous un tonnerre d’applaudissements, bien mérité ! JF
Bercy fédère l’écosystème Supply Tech avec France Logistique
En parallèle de Supply Chain Event, le Ministère de l’Économie et des Finances accueillait hier matin un événement autour de l’innovation en logistique co-organisé avec France Logistique.
Concrétisant l’une des nombreuses mesures annoncées par le gouvernement lors du dernier Cilog (voir NL n°3429), il a rassemblé plus de 150 acteurs de la filière (chargeurs, transporteurs, logisticiens, start-up, sociétés de financement, etc.).
L’objectif de cette initiative, présentée dans l’après-midi sur Supply Chain Event ? Développer un écosystème baptisé Supply Tech. « Il s’agit de favoriser le développement de partenariats et de projets entre des grands groupes et des start-up, de créer des liens entre acteurs publics et privés, et de voir quelles initiatives et décisions peuvent être prises par le gouvernement afin de soutenir les acteurs de la filières, que ce soit sur le plan réglementaire ou financier », a résumé Geoffroy Cailloux, sous-directeur des services marchands à la Direction Générale des Entreprises (DGE) du Minefi.
Il a aussi rappelé que les pouvoirs publics venaient, via l’Ademe, de lancer l’appel à projet ‘Logistique 4.0’, doté d’une enveloppe de 90 M€.
Il vise à répondre aux enjeux d’amélioration de la compétitivité de la chaîne logistique et de maîtrise de son impact environnemental, et s’articule en deux sessions de dépôts de candidature, l’une avant le 15 décembre 2021, l’autre le 15 mars 2022.
Lors de l’événement du matin et en tant que co-organisateur, France Logistique a de son côté rendu public un document intitulé ‘Innovations dans le transport de marchandises et la logistique pour améliorer les performances économiques, écologiques et sociales de la filière, celles de ses clients, et des territoires’.
Il présente la multiplicité des innovations à l’œuvre et en cours de développement dans la filière en faisant des recommandations pour qu’elle soit encore plus efficace, plus verte, plus connectée et plus accueillante pour ses salariés.
À noter : les acteurs souhaitant rejoindre les groupes de travail de la démarche Supply Teh sont invités à se manifester par mail via l’adresse supplytech.dge@finances.gouv.fr. AD
Pour consulter l’Appel à projet Logistique 4.0 de l’Ademe, cliquez ici.
Pour consulter la feuille de route innovation de France Logistique, cliquez ici.
Pickup implante 50 consignes dans le réseau RATP
Réseau de points relais filiale de La Poste et de DPDgroup, Pickup a remporté un appel d’offres auprès de la RATP pour le déploiement de 50 consignes automatiques dans 45 stations de métro et gares RER d’ici la fin du 1er trimestre 2022.
La RATP héberge déjà 20 exemplaires de cette solution qui permet aux voyageurs de retirer en toute autonomie sur leur trajet leur colis Colissimo ou Chronopost commandés sur l’un des 10 000 sites e-commerce proposant l’offre de livraison hors-domicile Pickup (Vinted, Veepee, Showroomprivé, Sarenza, CDiscount, Zalando, Amazon, Orange, Nespresso, i.run, Sephora, Mango, Decathlon, etc.).
Alimentées au quotidien par les opérateurs Colissimo, Chronopost et DPD France, les consignes sont équipées de 34 à 72 casiers et les retraits s’effectuent via des codes uniques préalablement transmis aux destinataires par email et / ou SMS. « Ces 50 nouvelles consignes accompagneront les franciliens dans leurs trajets quotidiens afin de faciliter le retrait de leur colis, souligne Olivier Titeux, directeur du développement de Pickup. Elles viennent enrichir notre réseau de 16 000 relais commerçants et 500 consignes pour accroître encore notre proximité déjà forte avec les particuliers ». AD
Castorama se lance dans le déploiement national de MagicPallet
Après une phase pilote lancée en février dernier sur 19 de ses 92 magasins en France, Castorama a décidé de déployer progressivement la solution globale d’approvisionnement et de relocalisation des palettes Europe MagicPallet sur tous ses magasins ne disposant pas de transport dédié aux palettes, et ce d’ici le premier semestre 2022.
Grâce à la plateforme collaborative d’échange de la start-up montpelliéraine éponyme (distinguée par un Award sur SC Event, voir NL 3450), les magasins et les entrepôts de l’enseigne du groupe Kingfisher pourront localiser en temps réel les palettes disponibles sur tout le territoire, chaque acteur de la communauté MagicPallet pouvant échanger, vendre ou acheter des palettes au lieu et moment souhaités, sans coût d’acheminement à vide vers leur point de départ (et les émission de CO2 associées). « En tant que distributeur emblématique du retail, notre présence sur l’ensemble du territoire, alliée au savoir-faire technologique de MagicPallet, nous permet de remettre notre métier de commerçant au cœur de nos démarches, en faisant de notre supply chain un maillon essentiel de notre stratégie », explique Etienne de La Codre, directeur logistique chez Kingfisher.
Rappelons que le groupe Kingfisher, dans le cadre de sa stratégie RSE, s’est engagé à réduire de 40% ses émissions de carbone d’ici 2025 par rapport à l’année 2016/2017. JLR
Gap, victime de sa supply chain
Le groupe californien Gap n’a pas pu répondre à toutes les demandes de ses clients, faute de produits.
C’est ce qu’a admis la dirigeante du groupe Sonia Syngal, en présentant les résultats du troisième trimestre fiscal.
Gap, qui s’approvisionne à hauteur de 30% de ses articles au Vietnam, a subi de plein fouet la fermeture des usines locales pendant 2 mois et demi.
Et une fois les vêtements expédiés, ils ont été paralysés dans les ports.
Le groupe a ainsi raté 300 M$ de ventes en magasins.
Sans oublier les quelque 100 M de $ de coûts supplémentaires pour acheminer la marchandise en avion. CCT