Newsletter n°3746

Spécial SITL 2023

Trois chargeurs font le point sur leurs engagements dans Fret 21

Sur la SITL, le groupe Saint-Gobain, Kiabi et Pierre Fabre ont apporté leurs témoignages concrets sur l’efficacité de leurs démarches Fret 21 respectives, qui leur ont permis de réduire dans des proportions importantes les émissions CO2 liées à leurs activités transport.
Dès leurs premiers engagements dans le dispositif lancé en 2015 par l’Ademe et l’AUTF (Association des utilisateurs de transport de fret), les sociétés Placoplatre et Isover du groupe Saint-Gobain ont baissé leurs émissions de CO2 sur la première année de plus de 5 % (- 11 % chez Isover). « Nous avons démarré en optimisant le taux de remplissage de nos camions, puis avons franchi de nouvelles étapes en nous tournant vers de nouvelles énergies ainsi qu’en replanifiant nos tournées de livraison en tenant compte des distances parcourues », a souligné Sylvain Gohier, acheteur transport chez Placoplatre et Isover.
Positionnées sur le marché B-to-B, les deux entreprises comptent 7 usines sur le territoire et ont plusieurs centaines de camions qui assurent chaque jour des livraisons en France.
Chez Kiabi, qui transporte chaque année 300 M de pièces importées principalement d’Asie et distribuées en Europe via 3 entrepôts (1 en France et 2 en Espagne), on a même été plus vite que prévu. « Dans le cadre de notre premier engagement dans Fret 21 en 2021, nous nous sommes fixés un objectif de baisse d’émissions de CO2 de 5 % sur trois ans, et nous avons fait -10 % dès 2022, a indiqué Francisco Poyatos, directeur transport et douane chez Kiabi. Nous y sommes parvenus en réduisant fortement le recours à l’aérien dans nos flux de transport internationaux, en optimisant nos flux de transport post acheminement, en travaillant davantage avec des transporteurs chartés Objectif CO2 et en effectuant de la livraison à vélo sur plusieurs communes d’Ile-de-France ». Quant à Pierre Fabre, il se félicite de travailler déjà avec des transporteurs qui utilisent du PUR-XTL, biogazole paraffinique de synthèse fabriqué à partir de déchets (huiles ou graisses résiduelles).
Les émissions de CO2 globales du groupe se sont contractées de 11 % ces trois dernières années, un nouveau palier devant être franchi notamment grâce à la réorganisation logistique entamée par l’entreprise (
voir article ci-dessous). AD

Spécial SITL 2023 (suite)

Pierre Fabre revoit son schéma directeur de distribution

« Dans le domaine de la décarbonation, nous misons aussi bien sur l’adoption de nouvelles technologies et énergies que sur des actions de transformation d’envergure ». Voilà comment Jamal Saidi a résumé sur la SITL (voir article précédent) l’approche globale du laboratoire Pierre Fabre dans le domaine de la lutte contre les émissions de CO2. « Outre le recours à de nouvelles énergies, nous travaillons ainsi sur un projet de refonte de notre schéma directeur de distribution, a poursuivi le responsable transport du groupe pharmaceutique et cosmétique français. Programmé sur une durée deux à trois ans, il vise à réduire les distances parcourues via la recherche de synergies dans les opérations de livraison en France ». Le projet va consister à organiser la distribution à partir de sites multi-activités, sur une base géographique.
Tous les produits fabriqués par l’entreprise dans sa demi-douzaine d’usines françaises seront en effet stockés dans ses centres de distribution du Muret, près de Toulouse, et d’Ussel, en Corrèze, qui couvriront respectivement les zones sud et nord de la France.
Le site du Muret traite aujourd’hui ses produits d’hygiène/beauté, et celui d’Ussel, ses produits pharmaceutiques.
Les marchés internationaux du groupe, aujourd’hui approvisionnés depuis son site d’Ussel, seront quant à eux desservis depuis une troisième plateforme opérée par un prestataire, située près de Gien (Loiret).
Et le tout sera complété par la construction d’un nouveau bâtiment à Muret. « Fort de cette nouvelle approche, nous devrions continuer à fortement réduire nos émissions de CO2, a estimé Jamal Saidi. Nous passons actuellement environ deux millions d’ordres de transport par an ». AD

Maritime

Grain de Sail hisse la grand-voile

Il était déjà chocolatier et torréfacteur, armateur, compagnie maritime, exportateur de vins français bio et opérateur OEA.
Le morlaisien Grain de Sail est désormais aussi commissionnaire de transport décarboné à la palette par voilier cargo : les statuts de sa filiale Grain de Sail Logistics, basée à Saint-Malo, viennent en effet d’être déposés.
Celle-ci est dirigée par Laurent Jeaneau, ancien directeur Supply Chain & Solutions Digitales au sein du cabinet TNP Consultants.
L’histoire de grain de Sail est peu commune : ses deux fondateurs, les frères jumeaux Jacques et Olivier Barreau, avaient dès le départ l’objectif de se lancer dans le transport vélique.
C’est le succès de l’activité de torréfaction de café à partir de 2012 et la chocolaterie en 2015-2016 qui leur ont notamment permis en 2018 d’autofinancer leur premier voilier cargo normé marine marchande, Grain de Sail 1 (24 m), d’une capacité de 50 t et de 26 palettes, mis en opérations en novembre 2020.
Pour l’approvisionnement en matières premières, cela présentait aussi l’avantage de générer justement des besoins de transport transatlantique, depuis la République Dominicaine vers Saint-Malo.
Et sur le trajet aller, les soutes de Grain de Sail 1, qui répondent aux normes et contraintes de la logistique moderne, sont utilisées pour exporter vers New York des palettes de tablettes de chocolat Grain de Sail et autres marchandises, comme des vins bios (par exemple la cuvée spéciale des Champagne Charles Heidsieck).
Lors de ses deux traversées annuelles, sur le tronçon entre New-York et la République dominicaine, le voilier est utilisé pour faire du transport humanitaire de matériel médical. « Au-delà de cette activité de transport vélique pour notre propre compte, nous nous sommes aperçus qu’il y avait une demande très forte de la part d’industries françaises ou internationales, que ce soit dans le luxe, les vins et spiritueux, l’aéronautique, la santé, pour une offre industrialisée de transport à la voile de leurs produits qui réduit leur impact carbone » nous a confié Laurent Jeaneau.
D’où la création de Grain de Sail Logistics et l’arrivée l’année prochaine d’un deuxième navire sept fois plus capacitaire, Grain de Sail 2 (
voir suite). JLR

Maritime (suite)

Les arguments de Grain de Sail Logistics sur le groupage transatlantique

Compte tenu de la croissance de l’activité agroalimentaire de l’entreprise (dont le CA dépasse les 8 M€ en 2022), le navire Grain de Sail 1 est désormais trop petit pour répondre aux propres besoins de Grain de Sail concernant les approvisionnements en café et cacao (voir Une).
La construction d’un deuxième voilier cargo, lancée l’année dernière au Vietnam (sur les chantiers Piriou), ouvre donc un vrai potentiel de marché pour Grain de Sail Logistics sur une prestation de service de transport décarboné.
D’une longueur de 52 m, avec 350 t de capacité et la possibilité de transporter 238 palettes, Grain de Sail 2 devrait faire sa première liaison commerciale entre Saint-Malo et New-York à la mi-janvier 2024. « On se retrouve à la fois sur un marché concurrentiel des groupeurs maritimes, qui ont un lead time très long et un impact carbone encore important, et sur celui des solutions aériennes qui ont un lead time plus court, mais avec un impact carbone très élevé et qui sont très chères » résume Laurent Jeaneau, son DG.
Certes, il y a un surcoût à la palette par rapport au maritime « thermique » (40 à 50%), mais le commissionnaire insiste sur l’efficacité de la solution globale, conçue pour perturber le moins possible l’organisation SC de ses clients, avec un hub logistique bord à quai à Saint Malo prévu à partir de début 2024 (et son équivalent via un partenaire côté américain). « On supprime les opérations de handling amont et aval car le groupage/dégroupage est effectué directement dans la soute du navire, conformément au plan de chargement, ce qui explique que l’on ait des lead times d’environ 20 jours, contre 25 à 30 jours sur du groupage maritime habituel.
Nous avons aussi testé pour un client du luxe notre capacité de décharger une palette pour effectuer une livraison directe dans sa boutique de New York seulement 4 h après le déchargement !
» précise-t-il.
Au fur et à mesure de la signature de contrat long terme (8 à 10 ans)avec des clients, Grain de Sail Logistics prévoit rapidement d’augmenter sa flotte pour proposer des départs tous les 15 jours et non plus tous les deux mois.
L’entreprise discute également avec des partenaires pour proposer les prestations de pré et post acheminement à l’aide de véhicules électriques ou GNL. JLR

Infos internationales
Brésil

Pernambucanas choisit Mojix pour piloter ses stocks en temps réel

Spécialisée dans la mode et le linge de maison depuis 1908, l’enseigne brésilienne Pernambucanas a mis en œuvre au niveau national la solution Saas de traçabilité temps réel de l’américain Mojix.
L’objectif : améliorer la fiabilité et la visibilité de bout-en-bout de ses stocks (à la fois sur son centre de distribution principal, situé à Araçariguama dans l’Etat de São Paulo, ainsi que dans ses 500 magasins), en boostant du même coup sa stratégie omnicanale.
La plateforme ytem de Mojix est basée sur l’idée que chaque produit peut être sérialisé avec une identité digitale unique (en l’occurrence ici avec un tag RFID, que l’enseigne associe à quelque 90 M de produits par an), ce qui offre une visibilité produit tout au long du cycle de vie, depuis la source chez les fournisseurs jusqu’aux centres de distribution, magasins et parfois même après la vente.
Selon Mojix, la solution permet d’atteindre et même de dépasser des objectifs tels que 99% en fiabilité de stocks, 10à% dans les processus de réception et d’expédition et un gain de 70% dans les temps de recherche et de collecte des produits. JLR