Newsletter n°3774
Et quid de la « re-ferroviairisation » du fret ?
C’est grave docteur ? Je crois avoir en moi le travers de beaucoup de Français, à savoir de n’être jamais content.
Certes, la « séquence » ministérielle et présidentielle commencée la semaine dernière, consacrée aux enjeux de réindustrialisation de notre pays, a quelque chose d’enthousiasmant.
Le chef de l’Etat a pu ainsi rappeler les investissements massifs déjà engagés notamment sur les filières des batteries, de l’électronique ou des industries pharmaceutiques et sa volonté d’accélérer et de simplifier les choses en matière de procédures administratives.
Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que le déclin qu’a connu l’industrie en France depuis des dizaines d’années a également pesé lourd sur celui du transport de marchandises par voie ferrée.
Et que de fait, la stratégie territoriale de réindustrialisation devrait logiquement s’accompagner d’une revitalisation du fret ferroviaire, pour des questions économiques tout autant qu’écologiques.
Or cette « re-ferroviairisation » du fret est-elle sur les bons rails de l’objectif fixé par la loi Climat et Résilience, d’atteindre une part modale de 18% en 2030, soit le double d’aujourd’hui ? L’Alliance 4F, qui réunit tous les acteurs de la filière en France, n’en est pas persuadée : elle continue de tirer le signal d’alarme sur l’insuffisance des actions mises en place pour faire face à la hausse du coût de l’énergie (tarifs multipliés par 4 entre 2021 et 2023) et sur l’absence d’une loi de programmation pour garantir au fret ferroviaire les investissements annoncés par la Première ministre fin février (voir NL 3722).
Par ailleurs, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir de Fret SNCF.
Le ministre des Transports Clément Beaune a convoqué la direction et les syndicats à une réunion tripartite organisée demain mardi pour discuter des scénarios possibles, afin de donner suite aux éventuelles conséquences de l’enquête en cours, lancée depuis le 18 janvier par la Commission européenne, au motif que Fret SNCF aurait bénéficié d’aides publiques allant à l’encontre de la concurrence libre et non faussée.
Apparemment, la direction de l’entreprise plaiderait déjà pour la procédure dite de « discontinuité », qui consisterait à « céder » certains types de trafics ou certains grands clients à la concurrence… Alors, à quand la re-ferroviairisation de la France du fret ? Jean-Luc Rognon
Auchan opte pour son premier Skypod… au Luxembourg
La solution de préparation de commandes robotisée Skypod d’Exotec a été sélectionnée par Auchan Retail Luxembourg pour équiper son entrepôt de 15 700 m² (trois cellules) à Dudelange, au sud de Luxembourg-Ville.
Doté de 37 robots, de 15 000 bacs de stockage et de trois stations de picking, le système occupera une surface de 700 m² pour la préparation des produits secs (sauf les hors gabarit), pour les commandes drive et e-commerce (livraison à domicile), avec une capacité de 876 lignes de commandes à l’heure.
La signature de ce contrat, le premier pour Exotec avec Auchan, date de décembre 2022 et la solution devrait entrer en service d’ici à la fin de cette année.
L’investissement n’a pas été dévoilé, mais Exotec estime que le ROI est de l’ordre de 6 ans. « La solution fait appel à la mécanisation de pointe et s’adapte parfaitement à nos priorités : parfaire notre efficacité, pour mieux servir nos clients, tout en améliorant les conditions de travail de nos collaborateurs » a déclaré Nicolas Gueuzurian, directeur E-Commerce d’Auchan Retail Luxembourg.
L’enseigne doit notamment faire face à d’importantes difficultés de recrutement pour accompagner sa croissance dans le Grand Duché (trois hypermarchés, quatre points de retrait Auchan Drive et 12 magasins de proximité My Auchan). « Nous sommes convaincus que la performance de nos solutions et le confort de travail qu’elles apporteront aux employés d’Auchan Retail Luxembourg lui permettront d’atteindre rapidement ses objectifs d’efficacité et d’optimisation du service client » a ajouté Rémy Malchirand, vice-président exécutif chargé des ventes en Europe de l’Ouest chez Exotec. JLR
Ceva Logistics passe massivement à l’électrique
A l’occasion du salon Transport Logistic qui s’est tenu en début de mois à Munich (Allemagne), Ceva Logistic a annoncé qu’il comptait se doter de quelque 1 450 véhicules électriques d’ici à la fin 2025.
Cette flotte, composée de 1 000 utilitaires, 300 camions porteurs et 150 tracteurs routiers, sera utilisée pour l’intégralité des opérations de transport du 3PL, y compris celles liées au futur réseau européen de transport décarboné qu’il a lancé récemment avec l’énergéticien Engie et la société d’autoroutes Sanef (voir NL 3731).
Fort de ces nouveaux véhicules, qui viendront s’ajouter aux quelques 200 utilitaires et camions électriques qu’il exploite déjà en propre ou via sa filiale Colis Privé, Ceva Logistics anticipe une baisse annuelle de ses émissions de CO2 d’environ 67 000 tonnes, soit l’équivalent de 30 000 allers-retours entre Paris et Munich en camion. « L’acquisition d’une telle flotte électrique représente une avancée importante dans notre cheminement vers un futur plus durable », souligne Xavier Bour, responsable du fret terrestre chez Ceva Logistics.
Dans ce domaine, la filiale de CMA CGM compte aussi soutenir la transition vers l’électrique de certains de ses sous-traitants transport en proposant à ses clients d’acheter des crédits carbone issus de son réseau logistique partagé, en plus de développer le report modal et d’alimenter l’intégralité de ses entrepôts en électricité décarbonée à l’horizon 2025 (voir NL 3607).
CMA CGM et Ceva Logistics visent une neutralité carbone en 2050. AD
Le groupe Samse a choisi son APS avec l’aide de Suppleo
Numéro deux français sur le marché du négoce de matériaux de construction, le groupe Samse (1,9 Md€, 6 400 collaborateurs) a fait appel au cabinet de conseil Suppleo pour cadrer et piloter son appel d’offre d’outil de type APS (Advanced Planning & Scheduling System).
Le groupe, qui englobe 29 enseignes (dont Samse, MPPI, Doras, M+, Christaud, Socobois, et l’Entrepôt du Bricolage) et 350 points de vente, souhaite mettre en place une supply chain 100% intégrée, multi-enseigne, de manière à piloter les stocks, les flux d’approvisionnement, les prévisions et les taux de service de manière globale et mutualisée.
Pour définir un cahier des charges au plus près des besoins de son client, Suppleo a procédé en trois étapes clés : une formation générale des équipes métiers sur l’univers des outils d’approvisionnement et de prévisions, un atelier collectif avec le métier et l’IT pour définir les grandes activités métier de la cible Supply & Flux, et des ateliers détaillés sur les fonctionnalités attendues, avec une priorisation par niveau d’importance face aux enjeux du groupe.
En suivant cette méthodologie, le groupe Samse a lancé son appel d’offres et a sélectionné un éditeur, dont le nom n’a pas (encore) été annoncé. « Il nous reste maintenant à accompagner les équipes métier Samse dans ce projet de transformation, car l’outil n’est pas une fin en soi, c’est un moyen pour transformer les métiers et organisations Supply » a déclaré Sébastien Champetier, co-fondateur et associé de Suppleo.
Le déploiement a démarré en mars : la première étape concerne l’approvisionnement des entrepôts (ont le site logistique principal, à Brézins, en Isère), jusqu’à la fin de l’année.
Elle sera suivie pour la mise en place de l’outil sur les magasins et les agences de négoce en région, puis enfin par le déploiement de l’APS sur l’activité BtoC (l’Entrepôt du Bricolage). JLR
Kuehne+Nagel fait peau neuve à Agen au service de l’économie locale
Le réseau hexagonal de Kuehne+Nagel en messagerie palettisée s’appuiera l’an prochain sur un nouveau site dans le sud-ouest, avec la construction près d’Agen d’une plateforme de 4 000 m² relevant de sa branche Road Logistics.
Implantée sur le Technopôle Agen Garonne, avec un accès direct à l’A62 reliant Bordeaux et Toulouse, ce site prendra le relais de l’agence actuelle –qui compte une trentaine de collaborateurs– avec des moyens mieux adaptés pour soutenir le tissu économique local.
Notamment pour le transport de produits viticoles, de pièces détachées d’équipements agricoles, ou de confitures. « L’enjeu est d’accompagner nos clients dans leurs activités locales, nationales et européennes », indique Xavier Léger, DG Road Logistics chez Kuehne+Nagel France.
Avec ses 3 500 m² dédiés à la logistique et 500 m² de bureaux, le bâtiment est développé par le promoteur-investisseur Bleu Mercure, qui avait officialisé au 1er trimestre l’acquisition du foncier de deux hectares en question, puis confié la construction du site au groupe Essor dans le cadre d’un contrat de promotion immobilière.
La livraison est prévue pour 2024, K+N ayant signé un bail en l’état futur d’achèvement (Befa) pour une durée de 9 ans ferme. MR
Plus de 150 AGV et AMR Still dans le futur entrepôt Rhenus de Bönen
Still va automatiser la future plateforme Rhenus Logistics de Bönen, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (59 000 m²).
Opérationnelle début 2024, l’installation sera en grande partie exploitée pour le compte du fabricant d’éléments de fixation Spax (voir NL n° 3610).
Près de 150 AGV et AMR sillonneront les rayonnages en allées étroites d’une capacité de 42 000 emplacements palettes, sur près de 30 000 m².
Cette flotte sera composée de chariots tridirectionnels MX-X iGo systems, de gerbeurs EXV iGo systems et d’AMR ACH 10 (voir NL 3506).
En réception, les marchandises seront prises en charge par des gerbeurs automatisés et des chariots tridirectionnels, pour la mise en stock.
Elles seront ensuite transportées, selon les besoins, vers l’atelier d’emballage, où elles seront conditionnées en lots commercialisables.
Les produits finis emballés seront ensuite automatiquement retournés en zone de stockage intermédiaire.
Depuis celle-ci, les AMR approvisionneront les postes de préparation de commandes, assurant également le transport des commandes vers la zone d’expédition. AD