Newsletter n°3897

CES 2024

Exwayz dévoile le chaînon manquant de la livraison autonome en ville

Fondée en 2021, la startup tricolore Exwayz présente aujourd’hui sur le CES de Las Vegas son logiciel de cartographie urbaine Exwayz 3D Mapping.
Compatible avec n’importe quel capteur LiDAR (technologie de télédétection utilisant le laser pour mesurer des distances et des mouvements précis en temps réel) et système GNSS (positionnement par satellites, principalement le GPS), cet outil tout-en-un et plug & play se veut révolutionnaire.
Il a été conçu pour surmonter les limites actuelles de la cartographie des villes, notamment pour des applications de livraison par véhicule autonome qui nécessitent une grande fiabilité et une précision centimétrique.
Exwayz 3DM récupère les données brutes des systèmes Lidar et GNSS et les fusionne pour générer automatiquement des cartes géoréférencées en nuages de points 3D de villes, de ports ou de grandes zones industrielles, avec une précision pouvant atteindre 2 cm.
Dotés d’un logiciel de navigation en temps réel basé sur le Lidar (notamment celui proposé par Exwayz), les robots de livraison autonomes sont ainsi capables de se repérer parfaitement dans leur environnement sans embarquer de centrale inertielle, source de coûts et de complexité. « Notre technologie sert de catalyseur, permettant de mettre en œuvre des systèmes robotiques dans plusieurs secteurs, assurant un positionnement précis et ouvrant la voie à de nouveaux gains d’efficacité tout en repoussant les limites de l’automatisation » résume Hassan Bouchiba, le CEO d’Exwayz. JLR

Auto ID

Datalogic devient actionnaire d’Oversonic Robotics

Dans le cadre de sa stratégie de développement de solutions d’automatisation pour l’industrie et l’intralogistique, le spécialiste de l’acquisition automatique de données Datalogic a participé à une levée de fonds de la start-up italienne Oversonic Robotics.
Créée en 2020 et basée à Besana in Brianza en Lombardie, celle-ci développe des logiciels centrés sur la robotique à visage humain.
En devenant actionnaire minoritaire de cette entreprise de 60 collaborateurs (50 % d’ingénieurs), Datalogic souhaite contribuer à ses activités de marketing, de ventes et de R&D.
Il s’agit pour les deux partenaires d’accélérer la mise sur le marché et l’adoption de robots humanoïdes cognitifs. « Ils peuvent interagir de manière autonome avec tous types d’opérateurs dans différents environnements pour les assister dans des tâches pénibles, répétitives ou dangereuses », souligne Valentina Volta, CEO de Datalogic.
Oversonic Robotics a déjà développé un robot humanoïde baptisé RoBee.
Equipé notamment de dispositifs optoélectroniques de sécurité fournis par une division de Datalogic (Datasensing), il peut se déplacer en toute autonomie, communiquer avec des opérateurs et déplacer des charges de 5 kg. « Nous avons décidé de devenir actionnaire d’Oversonic Robotics pour accompagner sa croissance, mais aussi pour poursuivre notre développement dans l’intelligence artificielle, en ligne avec notre stratégie d’investir dans l’automatisation industrielle et d’offrir des solutions de pointe à nos clients », conclut Valentina Volta. AD

Immobilier logistique

La fin 2023 toujours à la baisse en m² placés, note CBRE

À l’échelle de l’année, le ralentissement de l’immobilier logistique hexagonal s’est traduit par une demande placée de 3,6 millions de m² commercialisés, en recul de -24% par rapport à 2022 relève CBRE, sur la base des chiffres Immostat concernant les surfaces supérieures à 5.000 m².
Sous l’effet du ralentissement économique, le marché utilisateurs a en effet encore fléchi au 4ème trimestre, avec 800.000 m² placés, d’où un atterrissage en fin d’année bien en deçà de la moyenne quinquennale (-19%).
Les projets de prise à bail ou d’acquisition pâtissent des différents facteurs de hausse des coûts, du durcissement des conditions de financement, et plus largement de l’incertitude économique.
Mais si les opérations clés en main ou en compte propre accusent le plus fort recul, vu qu’elles supposent des engagements long terme, c’est moins le cas des prises de position sur des entrepôts neufs ou restructurés, note CBRE, en soulignant toutefois que les tendances divergent « notablement » selon les typologies d’utilisateurs. « Face au manque de visibilité des chargeurs à court terme, les logisticiens, dont le modèle repose sur une offre flexible, continuent d’être les principaux soutiens du marché avec une performance annuelle robuste, en ligne avec la moyenne quinquennale.
La baisse de la demande placée s’explique finalement en partie par le retrait des principaux consommateurs de plateformes logistiques XXL, à savoir les acteurs du e-commerce et de la grande distribution »,
souligne Pierre-Louis Dumont, directeur exécutif Agence I&L France chez CBRE.
A noter que les pôles historiques de la dorsale enregistrent leur plus faible performance depuis 10 ans, avec 1,9 M de m² placés sur l’année écoulée.
Le repli est particulièrement net sur la région francilienne, et dans une moindre mesure sur la zone lilloise, « deux marchés n’ayant enregistré aucune transaction > 50.000 m² sur l’ensemble de 2023 », relève CBRE.
À l’inverse, la dynamique est positive sur des marchés jusque-là secondaires tels que les régions Centre-Val de Loire, Normandie ou Bourgogne-Franche-Comté.
Et c’est bien sous l’angle de la demande que le marché semble patiner, puisqu’après avoir atteint un niveau plancher fin 2022, l’offre immédiate s’est étoffée au fil de l’année écoulée, avec la libération d’entrepôts existants ou la livraison de différents programmes en blanc, même si c’est surtout sur le nord de la dorsale que se concentrent ces capacités disponibles (alors que le taux de vacance reste sous le seuil des 2% sur les pôles très tendus de Lyon ou Marseille). MR

Nomination

Olivier Lapère prend les rênes des Opérations chez Kiabi

Effective depuis septembre 2023, la nomination d’Olivier Lapère au poste de Leader des Opérations de Kiabi a été récemment officialisée par l’enseigne de prêt-à-porter, qui compte quelque 579 points de contact dans 25 pays, pour un CA de 2,2 Mds€ en 2022 (+10%).
Sa mission est notamment de renforcer la robustesse de la marque, d’accompagner la transition vers un fonctionnement plus circulaire, et de maximiser les synergies entre les équipes sous sa responsabilité, à savoir le sourcing, les achats, la Supply Chain, l’IT et la Transformation.
Agé de 52 ans, Olivier Lapère a une longue expérience dans le retail et la distribution spécialisée.
Il a débuté sa carrière chez Decathlon en tant que responsable développement produit, directeur d’une filiale de production en Belgique, puis directeur industriel de la marque Domyos.
En 2011, il rejoint La Redoute en tant que directeur des Achats, Développement Produit et Supply Chain.
Quatre ans plus tard, il retourne dans une entité de la galaxie Mulliez, au poste de directeur Produits & Innovation chez Sourcing & Création, qui développe et conçoit des produits électroménagers et multimédia, notamment pour Boulanger, dont il devient d’ailleurs directeur de production en 2017.
Depuis fin 2021, il était
Leader Recycling & Cooperation de United.b, un réseau européen de 7 entreprises (Boulanger, Electro Dépôt, Hifi International, Krëfel, Reconomia, Re!commerce et Environnement Recycling) qui mène des projets de circularité et de RSE. JLR

Supermarché en ligne

Le néerlandais Picnic lève 355 M€ pour ses ambitions franco-allemandes

Le cap du milliard d’euros levés vient d’être franchi par Picnic Technologies avec l’annonce d’un 5ème tour de table de 355 M€ réuni auprès de ses investisseurs historiques, le distributeur allemand Edeka, la fondation Bill & Melinda Gates, et des acteurs néerlandais réunis en family offices (déjà mobilisés lors de sa série D record de 600 M€ en 2021, voir NL 3403).
Il faut dire qu’avec un CA de 1,25 Md€ l’an dernier, en croissance de 40%, Picnic semble avoir trouvé la formule qui a échappé à nombre de pure-players des courses en ligne lancés ces dernières années, notamment sous la bannière du quick commerce.
Fondé en 2015, le néerlandais a construit sa trajectoire plus patiemment, en ciblant les consommateurs des zones denses autour des grandes villes avec son appli sur smartphone qui propose jusqu’à 10-15.000 références « à des prix d’hypermarchés ».
Et avec des livraisons à domicile sous contrôle via son réseau de hubs dernier km et son propre modèle de camionnettes électriques.
Son CA est encore majoritairement réalisé aux Pays-Bas, où Picnic a largement dépassé la cinquantaine de hubs tout en investissant dans un impressionnant entrepôt automatisé de préparation de commandes équipé par TGW, ouvert en 2022 à Utrecht.
Le même tandem en annonce d’ailleurs un autre cette année au cœur de la Ruhr allemande, à Oberhausen, pour étayer sa percée outre-Rhin.
Sur le marché allemand comme en France, Picnic procède par petits pas géographiques.
Après son arrivée en France courant 2021 dans le Nord (voir NL 3347), Picnic a investi l’an dernier le sud-est francilien en enchainant l’ouverture d’une demi-douzaine de sites logistiques (voir NL 3741).
Et son implantation est en cours plus à l’ouest, à partir d’un site pris à bail chez Segro à Élancourt.
Picnic revendique ainsi couvrir une zone comptant quasi 1 million de foyers au sud de la capitale (pour un CA mensuel de 2 M€ de CA décembre dernier). « Fort d’un modèle éprouvé aux Pays-Bas dans les premières années, nous déployons la livraison de courses quartier par quartier, et notre croissance est encore plus rapide en France », indique Grégoire Borgoltz, directeur des opérations de Picnic dans l’Hexagone.
Quant aux besoins d’investissements qui sous-tendent sa récente levée, ils sont à relier à son modèle, avec pour poste-clé celui des véhicules électriques (par exemple, près de 1.500 circulent déjà outre-Rhin et ce total devrait sous peu doubler).
L’autre poste que cite Picnic est celui de la robotisation de la préparation de commandes, tout en restant discret sur la localisation de futurs projets en la matière, de même que sur la géographie de ses ambitions de développement en France, ou dans de nouveaux pays d’Europe. MR

Infos internationales
Suède

Dachser rachète le 3PL Frigoscandia

Les débuts d’années semblent propices aux opérations de croissance externe chez Dachser.
Après avoir racheté le prestataire néerlandais Müller Fresh Food Logistics début 2023 (voir NL 3694), le groupe allemand vient de s’offrir le suédois Frigoscandia.
Partenaire historique de Dachser dans le cadre du réseau européen de logisticiens alimentaires European Food Network, ce 3PL créé en 1948 était détenu jusqu’ici par la société d’investissement Mutares SE & Co.
KGaA.
Employant quelque 1 300 personnes, Frigoscandia opère sur les marchés du transport et du stockage de produits alimentaires sous température dirigée (+2 à +7°C) et surgelés (moins de -18°C) non seulement sur son marché domestique, mais en Norvège, Finlande, Danemark et aux Pays-Bas.
Il dispose aujourd’hui d’une flotte de plusieurs centaines de véhicules et peut s’appuyer sur 12 entrepôts en Suède et 3 en Norvège.
L’entreprise propose aussi des services de transport à l’international par route, air et mer. « Cette acquisition étend notre réseau logistique alimentaire aux marchés nordiques et nous positionne parmi les leaders européens du secteur », souligne Burkhard Eling, CEO de Dachser.
Le prestataire allemand est actif depuis près de 20 ans dans la région avec ses activités de transport et logistique (European Logistics), totalisant aujourd’hui 13 agences au Danemark, en Suède, en Norvège et en Finlande.
Avec la reprise de Frigoscandia, Dachser emploiera quelque 2 000 personnes en Europe du Nord.
Au terme de l’opération, qui doit encore être approuvée par les autorités européennes de la concurrence, Frigoscandia continuera à être dirigée par son CEO actuel (Peter Haveneth) et intégrera la ‘business line’ produits alimentaires de Dachser (Food Logistics). AD