Newsletter n°3905
Chaînes sous hautes tensions
S’il est de bon ton de se moquer des prédictions hasardeuses des futurologues de tout poil, il faut aussi savoir reconnaître le talent de ceux qui ont le nez creux.
En l’occurrence, je pense à un document prospectif reçu à la rédaction de Supply Chain Magazine voilà plus de 10 ans, qui décrivait 5 scénarios sur l’état du monde en 2050 et leur impact sur la logistique.
J’ai récemment remis la main dessus (merci Google) : il s’agit d’une étude de 180 pages intitulée « Delivering Tomorrow : Logistics in 2050 », réalisée en février 2012 par le groupe DHL et le cabinet de consultants Z-Punkt, avec l’aide de nombreux experts internationaux.
Ce qui à l’époque m’avait marqué, et fait un peu sourire je l’avoue, c’était le scénario 4 dit du « protectionnisme paralysant » : la mondialisation s’est inversée, le volume du commerce mondial s’est contracté, le nationalisme domine une grande partie du monde et les différents blocs commerciaux économiques ont érigé des barrières douanières.
La plupart des supply chains sont régionalisées, et les ressources se raréfient.
Les prix élevés de l’énergie et les pénuries entraînent des conflits internationaux sur les gisements de ressources.
Il est assez incroyable de constater que ce scénario 2050 ne semble plus aussi radical et improbable, à l’heure de la guerre en Ukraine, des attaques de drones houthis en Mer Rouge, et des tensions inquiétantes dans le détroit de Taiwan ou en mer du Japon.
A noter que ce scénario 4 prédisait en outre l’échec des efforts internationaux pour réduire les émissions de GES, et une augmentation de la température de 3,5 °C d’ici la fin de ce siècle.
D’ailleurs, en préambule de cette étude prospective, DHL se posait la question suivante : « serons-nous capables de créer une prospérité durable, ou sommes-nous sur la voie d’un krach climatique ? ».
Une bonne décennie plus tard, sommes-nous tellement plus avancés ? Jean-Luc Rognon
Pour consulter l’étude « Delivering Tomorrow : Logistics in 2050 », publiée en 2012, cliquez ici
CEE Schisler Packaging Solutions automatise son nouvel entrepôt avec Mecalux
Fabricant français d’emballages alimentaires (papiers et cartons), CEE Schisler Packaging Solutions se fait actuellement construire une plateforme logistique de 13.000 m² à Thouars, dans les Deux-Sèvres.
Située à proximité du site industriel de l’entreprise et prenant la place d’une ancienne installation rachetée à XPO Logistics, elle comprendra un système automatisé Pallet Shuttle de Mecalux de 4 600 m² d’une capacité de plus de 14 000 emplacements palettes. « Nous devons répondre à une demande croissante pour nos emballages renouvelables et recyclables, explique Claire Schisler, directrice Supply Chain & Innovation de CEE Schisler Packaging Solutions. Dans ce contexte, nous devons renforcer la logistique de notre site industriel afin de répondre aux besoins de nos clients.
Nous sommes convaincus que l’automatisation et la digitalisation nous permettront d’être plus rapides et plus efficaces ». Grâce à ses navettes motorisées, le système automatisé de Mecalux, piloté par Easy WMS, permet de densifier les espaces de stockage et d’accélérer les délais d’entrée et de sortie des marchandises.
Des convoyeurs relieront par ailleurs lignes de production et zones de stockage. « Ce circuit sera équipé d’élévateurs destinés à compenser les différences de hauteur et le système de convoyage automatique assurera une circulation des marchandises 24h/24 et 7j/7, réduisant ainsi les délais de chargement et de déchargement des produits », précise l’équipementier. AD
5 éditeurs vont tester la plateforme PFE-DET de l’Ademe
Pour compléter son programme EVE (Engagements Volontaires pour l’Environnement), l’Ademe a lancé l’été dernier un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) visant à sélectionner des éditeurs de solutions de calcul d’émissions de gaz à effet de serre (GES) à destination des prestataires de transport de marchandises.
L’objectif de l’établissement public était de tester avec eux l’interface logicielle qu’il a créée suite au développement de PFE-DET, une plateforme d’échange de données environnementales entre transporteurs, donneurs d’ordre et commissionnaires.
Soutenue par diverses organisations professionnelles (AUTF, FNTR, OTRE, Union TLF, etc.), celle-ci doit permettre d’automatiser la récupération mensuelle des informations environnementales des prestaires avec une transmission de l’ensemble des données sous une forme harmonisée et en une seule opération auprès de chaque donneur d’ordre. « Cet échange est peu répandu car il nécessite une saisie manuelle par les prestataires », souligne l’Ademe.
Et pour faire avancer les choses via sa plateforme, l’organisme public a retenu les candidatures de sociétés bien connues de la profession afin de tester son interface.
Les lauréats de son AMI sont les éditeurs ou plateformes Dashdoc, Deki, TK’Blue, Sinari et Woop.
Sélectionnées notamment car utilisées par un nombre significatif de prestataires transport en plus d’être conformes ou sur le point de l’être avec la nouvelle norme ISO 14083, ces solutions sont déjà en cours d’expérimentation sur la plateforme PFE-DET.
C’est notamment le cas pour Sinari. « La passerelle qui relie nos TMS avec la plateforme est en cours d’expérimentation et sera active à la fin du premier semestre, indique Hugues Dollé, directeur commercial et marketing du groupe Sinari. A terme, les TMS de tous nos clients y seront connectés pour leur offrir plus de simplicité et de transparence dans la transmission des données réglementaires ». Les entreprises de transport ont l’obligation de communiquer à leurs clients des informations relatives aux émissions de GES de leurs prestations depuis 2013, les chargeurs ne s’intéressant véritablement à la qualité de ces données que depuis début 2023 avec l’intégration du Scope 3 dans le champ d’application des Bilans d’émissions de GES (ou BEGES). AD
Acsep aide à détecter les signaux faibles via la BI et la data
Le cabinet de conseil et intégrateur Acsep rajoute une corde à son arc dans sa stratégie d’accompagnement client à 360° avec une offre centrée autour de la data et de l’informatique décisionnelle (Business Intelligence).
La prestation couvre à la fois l’aspect conseil, la mise en place (avec des technologies Talend pour la partie extraction et remontée des données, et PowerBI pour le reporting et la BI), et la formation. « On le sait, tout dirigeant est capable de détecter des signaux forts sur l’activité de son service et de son entreprise.
Mais l’un des nombreux avantages de la BI réside dans le fait de pouvoir détecter les premiers signaux de dérive et de réagir immédiatement.
C’est un vrai atout stratégique pour piloter son activité et faire la différence » a déclaré Didier Santurette, directeur du développement chez Acsep, qui conçoit cet accompagnement comme s’inscrivant dans la durée, en s’adaptant à l’évolution de la stratégie de l’entreprise, à court moyen et long terme.
A charge pour les équipes d’Acsep de déterminer avec le client les indicateurs pertinents pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixé, à partir des données remontées par les logiciels métiers tels que le WMS, le TMS, les outils commerciaux et financiers. JLR
Le lyonnais LPA en appel à projets sur trois de ses ELU
Avis aux acteurs en mal de surfaces pour prendre part au développement d’une logistique urbaine décarbonée dans le centre de Lyon : trois localisations et plus de 800 m² au total font l’objet d’un appel à projets lancé par LPA, l’entreprise publique locale Lyon Parc Auto.
C’est d’ici le 9 février que sont à retourner les dossiers de candidature* pour prendre position sur les espaces proposés par l’opérateur historique du stationnement dans la métropole lyonnaise sur trois de ses parcs (Cordeliers, Les Halles et Cité Internationale).
Opérateurs de livraison de colis ou à la palette, cyclo-logisticiens ou messagers, commerçants et artisans, acteurs du BTP ou de la gestion de déchets : ces ELU (espaces de Logistique Urbaine) sont susceptibles d’intégrer tous types d’activités visant à « favoriser une logistique innovante, durable et portée vers l’intérêt général », souligne LPA, en précisant que les projets soumis seront aussi évalués en fonction de leur solidité économique et de leur caractère innovant.
C’est à proximité du quartier de la Part-Dieu, au sein du parc de stationnement des Halles, que se situe le plus vaste des ELU en question, avec ses 360 m² de surfaces logistiques en R-1, assortis de 25 m² de bureau en RDC.
Un autre d’environ 250 m² est disponible sur le parc Cordeliers, tandis que ce sont trois plus petites surfaces de 56 à 78 m² conçues pour accueillir trois opérateurs différents que propose LPA en R-1 à la Cité Internationale (mais avec des espaces communs pour la recharge de véhicules électriques, une zone de chargement/déchargement, ou des locaux sociaux).
Avec cet appel à projets, LPA illustre une nouvelle fois son engagement dans le déploiement de la logistique urbaine au sein de la métropole lyonnaise, au diapason de sa participation au consortium qui a mis en œuvre l’emblématique Hôtel de Logistique Urbaine au sein du port Édouard Herriot, finalisé l’an dernier (voir NL 3405). MR
* Pour plus d’informations sur l’appel à projets, les sites ou les possibilités de visite, consultez le document de référence
En rachetant Wincanton, Ceva Logistics muscle sa présence outre-Manche
Ceva Logistics va prendre une nouvelle dimension au Royaume-et en Irlande.
Après lui avoir fait ces dernières semaines plusieurs propositions de rachat auquel il n’avait pas donné suite car jugées insuffisantes, le conseil d’administration du 3PL britannique Wincanton a accepté la dernière offre de la filiale de CMA CGM.
Les deux entreprises se sont mises d’accord sur une offre de reprise à 566,9 M de livres sterling (660 M€).
Wincanton, dont les activités sur le continent européen ont été cédées en 2011 au groupe Rhenus, a réalisé l’an dernier un CA de 1,462 Md de livres sterling (1,7 Md€).
Ce rachat va booster les activités de Ceva Logistics de l’autre côté du Channel : fort de 20.300 collaborateurs, 170 sites et 8.500 véhicules, Wincanton opère pour le compte de nombreuses entreprises britanniques et irlandaises des secteurs du e-commerce, de l’industrie, de l’énergie, de la grande consommation ou encore de la distribution spécialisée. « Son expertise reconnue dans les secteurs de la vente au détail, de l’alimentation, du e-commerce, de la construction, des infrastructures, de l’énergie et de la défense permettrait à Ceva Logistics d’élargir et de diversifier davantage sa base de clients en matière de logistique contractuelle », souligne Rodolphe Saadé, Pdg de CMA CGM.
Au Royaume-Uni, le prestataire couvre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement via plusieurs filiales et réalise un CA annuel d’environ 870 M€ (500 M€ en logistique contractuelle et 270 M€ en activités fret). AD