Fleuron du groupe LVMH, Louis Vuitton est sans doute la marque de luxe la plus puissante au monde. Alors que le marché montre des signes de reprise, les consommateurs chinois demeurent la première clientèle de la Maison à l’échelle mondiale. C’est dans ce contexte que nous avons rencontré Camille Fraisse au siège de Louis Vuitton China, à Shanghai, à quelques pas du spectaculaire nouveau flagship de la marque, Le Louis, conçu comme un véritable paquebot de luxe amarré au cœur de la ville.

Jean-Marc Soulier : Vous avez rejoint Louis Vuitton il y a vingt-six ans. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Camille Fraisse : Le fil rouge de toute ma carrière, ce sont les opérations. J’ai commencé par passer une dizaine d’années dans la production maroquinière ‒ une activité pour laquelle Louis Vuitton dispose aujourd’hui d’environ vingt-cinq ateliers en France et d’un en Espagne ‒, occupant différents postes : ingénieur qualité cuir, chef d’équipe de production, et responsable amélioration continue.
L’étape suivante m’a conduite dans la supply chain industrielle avec une première expérience au sein des Ateliers de Vendée. Ce qui m’a immédiatement passionnée, c’est cette position d’interface entre le client, la production et la supply chain. Être la voix du client au cœur même de l’atelier m’a permis de mener des projets d’agilité industrielle, de réduction des délais et des stocks de matières.
J’ai ensuite rejoint l’Espagne, à côté de Barcelone, pour occuper une fonction similaire aux Ateliers de Catalogne. À l’époque, tout était à construire. Nous avons créé une véritable supply chain amont, avec un entrepôt dédié aux matières et composants, intégrant les activités de préparation et de découpe du cuir.
Par la suite, j’ai basculé vers la supply chain commerciale en prenant la responsabilité des prévisions de ventes et de la distribution pour les catégories accessoires et parfums, au siège parisien. Puis j’ai été nommée directrice Supply Chain pour la maroquinerie, qui demeure le cœur historique de notre activité.
La suite logique était de prendre des responsabilités sur un marché. J’avais depuis longtemps une attirance particulière pour la Chine et, lorsque l’opportunité s’est présentée, je l’ai saisie. Depuis l’été 2025, j’occupe ainsi le poste de VP Supply Chain, Logistics & Care Services de Louis Vuitton China.
Quelles sont vos responsabilités à Shanghai et quelle est l’organisation de Louis Vuitton, notamment en Chine ?
MonMon périmètre couvre quatre grandes activités : la supply chain, la logistique ‒ y compris les opérations douanières ‒, la qualité produit ainsi que le care center dédié aux réparations. J’encadre une équipe d’environ soixante collaborateurs.
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