La chatière havraise, un chantier « à blocs » avec un horizon 2027
Évoquée depuis plus de 20 ans pour assurer une connexion fluide et sécurisée entre flux maritime et fluvial sur le port du Havre, la chatière de Port de 2000 est passée en phase travaux. Le lancement du chantier a symboliquement été officialisé ce lundi autour de l’un des 19.000 blocs béton « Accropode » qui viendront constituer la digue protégeant ce nouvel accès fluvial aux installations du port à conteneurs havrais. Confiés fin 2024 au groupement Terelian et son cotraitant Deme (voir NL 4105), les travaux débutent par une phase préparatoire impliquant reconnaissance archéologique et diagnostics pyrotechniques sur ces emprises, avec notamment la perspective de retrait d’engins explosifs. Six mois devraient être nécessaires avant d’entamer la dépose imbriquée de l’ensemble des blocs, en vue d’une mise en service de la chatière au 1er semestre 2027. Les attentes sont fortes –et auront été longues– vis-à-vis de ce projet structurant pour l’axe Seine, qui doit non seulement accompagner le développement de l’activité économique de tout l’hinterland jusqu’à la région parisienne, mais surtout répondre aux enjeux de multimodalité et de décarbonation des flux de marchandises. Premier port de l’Hexagone pour le commerce extérieur et quatrième du range nord-européen pour le trafic de conteneurs, le port havrais permettra d’accentuer le développement d’un « corridor vert » largement porté par Haropa Port et tout l’écosystème de l’axe Seine. Le tout en supprimant l’écueil que constituait l’incapacité des navires fluviaux à rallier en toute sécurité le terminal en eaux profondes (10% de la flotte peut à ce jour le faire), d’où une rupture de charge qui entamait la compétitivité du fluvial et freinait son développement. MR