Economie circulaire et logistique

Le 20 novembre dernier, le Club Demeter a consacré son RDV au thème : «Economie circulaire et logistique »

En guise d’introduction, François-Michel Lambert, Député des Bouches du Rhône et Président Fondateur de l’Institut de l’économie circulaire (créé il y a huit mois) a rappelé la définition qu’avait donné l’Ademe de ce concept : « C’est la capacité à préserver la ressource »

Ce qui peut se décliner à travers l’écoconception, le partage d’un bien payé à l’usage, la capacité à faire durer un produit (réparé, transmis, recyclé au niveau des matières…). « Aujourd’hui, nous sommes dans un monde d’opportunité

Demain, nous serons dans un monde d’urgence
, a-t-il prévenu, avant de poursuivre : L’économie circulaire pense la chaîne dans son ampleur, aux problèmes de répartition de valeur

La logistique, en tant que pilote des flux physiques par les flux d’information, doit accompagner cette mutation à venir ».
Le club en a ensuite profité pour évoquer les diverses initiatives menées en 2014 : pilotes entre Bel, Pierre Schmidt et Auchan pour limiter le gaspillage des produits en déverrouillant certains contrats dates ; produits nouveaux pour réduire la consommation d’énergie en matière d’éclairage, de production de froid dans des véhicules, d’émissions de CO² ou encore, les collisions entre piétons et chariots ; mais aussi logistique urbaine dans le Grand Lyon, « VAE Demeter », tableaux de bord RSE et mise en œuvre d’un portail de veille logistique durable

Une table ronde animée par Laurence Benhamou de l’AFP, s’est proposé de voir « Comment la logistique peut répondre aux besoins de l’économie circulaire »

Rémy Lemoigne, Consultant en logistique et auteur d’un ouvrage intitulé « L’économie circulaire » déplore que l’Europe s’intéresse encore peu à ce concept et que les quelques industriels qui s’y sont attelés l’ont fait dans un objectif commercial

Il souligne également du coup le potentiel qui s’offre désormais. « Les entreprises détruisent cinq fois plus qu’elles ne donnent », renchérit Stéphanie Goujon, Déléguée Générale de l’Agence du Don en Nature, qui a créé une Supply Chain du don sécurisée

Elle revient également sur les difficultés de la logistique du don : récupération de produits hétérogènes, tri et constitution de lots hétérogènes plus petits pour répondre aux besoins des associations, une gestion plus souvent sous Excel que par EDI avec les donateurs et la complexité du dernier km pour la logistique aval. Jean-Luc Petithuguenin, Président du groupe Paprec, se réjouit quant à lui « des progrès colossaux enregistrés en 30 ans de collaboration privé/public en matière de non pollution et de non/production de déchets, de réparation et de recyclage

Et d’ajouter : Tout le monde est pour l’économie circulaire

Le problème est la taille du cercle : à l’échelle d’une circonscription pour un député, de 700 km pour être rentable en PET, de 150 km pour le papier, de 70 km pour le bois de chaufferie, de 300 km pour les panneaux de particules…»
, illustre-t-il, en insistant sur le besoin d’adapter la logistique à chacun de ces cercles

Contrairement à l’ADN qui sous-traite sa logistique à Norbert Dentressangle, Emmaüs Défi, gère sa logistique en propre, ce qui lui permet de pratiquer de la réinsertion, en plus de la récupération de produits neufs pour équiper de nouveaux foyers. « Notre enjeu est de trouver des solutions logistiques innovantes pour faciliter les dons », a mis en avant Rémi Tricart, DG d’Emmaüs Défi. Il met ainsi à disposition des camions dans les quartiers pour faciliter les collectes, est partenaire de points relais Pick Up, etc. » C’est tout une économie qui est à construire », ont conclu les participants, Louis-François Gombert, Président de Déméter, se voulant confiant quant aux progrès à venir en la matière… CP
Photos (de haut en bas) : François-Michel Lambert, Député des Bouches du Rhône et Président Fondateur de l’Institut de l’économie circulaire et Louis-François Gombert, Président de Déméter ©C.Polge