La vérité sur le calendrier Maya

Il y a fort longtemps, les Mayas avaient une sorte d’imprimerie spécialisée dans la fabrication de calendriers

Un jour le grand chef de l’usine, surmonté d’une imposante coiffe emplumée, poussa un terrible grondement : « Dites au contremaître de venir me voir ! » Il venait de découvrir atterré que le produit phare de la maison s’arrêtait au 21 décembre 2012 : « Qu’est-ce que cela signifie ? » hurla-t-il aux oreilles d’un petit homme gris vêtu d’une simple tunique en peau de lama. « Nous avons dû arrêter l’écriture

Le stock d’écorce de figuier est en rupture… et le bateau qui devait nous livrer hier a coulé

Du coup on est mal »
, s’excusa maladroitement le subalterne.
« Ecoutez-moi bien Marcel (1), repris de plus belle le Big Boss, ça fait des années que je vous demande de mettre en place un dispositif pour planifier les besoins et faire face aux imprévus

De plus, je n’arrête pas de vous dire de vous mettre d’accord avec les commerciaux pour commander les bonnes quantités

A présent, ça suffit ! Je vais mettre en place un S&OP (Servir et Obéir au Patron)

Comme ça au moins tout le monde sera d’accord ! »

D’une voix à peine audible le petit homme gris demanda : « Et pour le 21 décembre, on fait quoi ? » Le chef jeta un œil circonspect sur le document inachevé avant de lancer : « On laisse comme ça ! On dira aux clients que le 21 décembre correspond à une fin de cycle

Personne n’ira vérifier

Et franchement, d’ici là je ne vois pas qui pourrait venir réclamer »
.
Il est difficile de dire aujourd’hui si cet incident a précipité la chute de cette civilisation précolombienne

Mais si vendredi prochain on vous parle du calendrier Maya, retenez qu’il faut toujours anticiper les aléas, promouvoir la collaboration interne et savoir instaurer une relation de confiance avec son marché

Faute de quoi… on disparaît. JPG
(1) Prénom mésoaméricain très répandu à l’époque
Photo ci-dessous :
Marcel ©Pojuslam-Fotolia)