« Le e-commerce est-il l’avenir de la logistique ? » tel était le thème de la conférence animée par Jean Philippe Guillaume, Directeur des Rédactions de Supply Chain Magazine lors du salon SIMI la semaine dernière
Il s’agissait, pour les orateurs invités, d’apporter un éclairage sur l’impact de la vente en ligne sur les bâtiments logistiques : conception, spécificités, taille, zone d’implantation, développement du marché… A cet égard les intervenants conviennent que cette activité génératrice de nouveaux projets devrait modifier considérablement le monde du commerce dans les années à venir : « Nous allons connaitre la même révolution qu’avec l’arrivée des hypermarchés il y a 30 ans » prévoit Claude Samson, Président d’Afilog
Pour autant, l’offre n’est pas encore stabilisée comme le constate Didier Malherbe DGA de CBRE : « Le e-commerce influence obligatoirement la nature des recherches en immobilier
Le problème est qu’il n’y a pas un bâtiment idéal car les besoins exprimés sont très divers »
Une situation qui révèle des antagonismes, comme le souligne Jean-Paul Rival, DGA de Concerto : « Nous sommes devant un problème de compréhension entre des acteurs qui se parlent peu et qui ont des intérêts opposés : les investisseurs souhaitent construire des bâtiments standardisés et les loueurs demandent de la personnalisation ». Une contradiction qui pourrait néanmoins se résoudre grâce au développement de ce marché. « L’avenir est à l’e-commerce, vous n’aurez pas de mal à re-louer le bâtiment à un autre e-commerçant », estime pour sa part Christian Morin DG de Morin Logistique
Le besoin des e-commerçants est entre autre de disposer d’une surface suffisante pour traiter la préparation de commande, d’où la tendance aux entrepôts XXL (voir SC Mag N°79). « Au-delà de la surface, la localisation, la proximité des bassins d’emploi et de consommation, de même que la proximité des grands opérateurs (comme ColiPoste) sont critiques
D’autre part, l’accessibilité de l’entrepôt est à prendre en compte, sans oublier le dimensionnement de l’espace de stationnement » renchérit Léo Barlatier, Gérant de Barjane. « Si l’on connait l’utilisation de l’entrepôt à l’avance, il peut être adapté dès sa conception et à moindre frais », rassure Jean Paul Rival
Oui, mais au prix d’un bail de 9 ans minimum, sans quoi l’investisseur ne prendra pas le risque de construire un bâtiment spécifique
Le débat est donc loin d’être clos. PM
Photo : Jean Philippe Guillaume, Léo Barlatier, Jean Paul Rival, Didier Malherbe.
