La question peut sembler purement rhétorique, mais l’enjeu est bien plus tangible et critique : comment le système bancaire et financier va-t-il pouvoir accompagner les quelque 4.500 entreprises françaises de l’écosystème BITD (base industrielle et technologique de la défense, voir NL 4150) dans la grosse crise de croissance qu’elles ont actuellement à gérer ? En la matière, il devient urgent de « libérer » davantage l’investissement privé qui se tend à se détourner de l’industrie de l’armement sur la base de critères ESG (Environnement, social et gouvernance). C’est pourquoi jeudi dernier, lors d’une grande conférence sur le financement de la BITD à Bercy, Eric Lombard, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, et Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, ont tous les deux fortement insisté sur le fait que l’investissement dans le secteur de la défense était « compatible avec les théories d’investissement responsable », « d’autant plus responsable qu’il protège notre souveraineté notre démocratie, notre liberté ». Un message fortement applaudi par l’assistance composée d’investisseurs publics et privés, d’institutions bancaires et d’industriels. Pour financer une augmentation des carnets de commandes d’environ 17,5 Mds€ d’ici 2030, le gouvernement estime que les entreprises de la BITD devront mobiliser entre 5 et 7 Mds d’€ de financements nouveaux dans les 5 prochaines années, dont 1 à 3 Mds en fonds propres. Dans cette supply chain en majorité constituée de PME, dont certaines en situation de fort endettement et de fragilité économique, la priorité est de renforcer l’appareil industriel et les stocks de composants et de matériaux, sachant que globalement, l’OTD (On Time Delivery) n’a toujours pas retrouvé le niveau d’avant Covid… Jean-Luc Rognon

© S. Trouvé