Efeso révèle un paradoxe français sur la résilience de la SC

La dernière étude internationale commanditée par le cabinet de conseil Efeso Management Consultants sur la résilience des supply chains en Europe et aux Etats-Unis (250 dirigeants et responsables SC interrogés, dont 37 en France) laisse penser que les entreprises françaises sont mieux armées qu’on ne le pense face aux crises en tous genres. Elles sont en effet 45,9 % à déclarer disposer d’une visibilité complète sur leurs fournisseurs de rang 2 et 3, soit plus de 15 points au-dessus de la moyenne globale (31,2%). La France ressort aussi en tête dans l’organisation de la gestion des risques SC : 43,2 % des répondants disent réaliser des évaluations mensuelles, contre 23,3 % en Europe et 20 % au global. De même, 75,7 % conduisent toujours ou souvent des simulations de crise ou stress tests, contre 66 % en Europe et 64,8 % au niveau mondial.

L’Hexagone à la peine sur la fiabilité des prévisions

« Dans des secteurs en croissance comme l’aéronautique et la défense, le problème ne se situe pas forcément sur les rangs 1, 2, ou 3 mais sur un fournisseur de rang n d’un composant critique qu’ils ont en commun avec d’autres donneurs d’ordre et qui peut constituer un goulot d’étranglement quand le marché s’emballe » fait remarquer Lionel Bousquet, Principal et Lead de la practice Supply Chain chez Efeso Management Consultants France. D’où l’intérêt de « mapper » sa SC le plus profondément possible, au moins sur les pièces critiques, et de focaliser ses efforts sur les maillons où le risque apparaît le plus élevé (accompagnement du fournisseur, make or buy, multisourcing, etc.). Cela dit, le réflexe d’augmenter les stocks de sécurité reste encore très puissant, surtout en France, où 97,3 % des entreprises interrogées déclarent l’avoir fait au cours des trois dernières années (vs une moyenne de 90,4%), même si paradoxalement elles affichent un niveau moyen de jours de stocks plus bas que la moyenne (62,3 jours contre 69,8 jours). Mais le vrai paradoxe français se situe au niveau des prévisions. « 20% des répondants à l’étude estiment que la fiabilité de leurs prévisions est au-delà de 80%. Or en France, cette proportion n’est que de 8%, contre plus de 43% en Allemagne » relève Lionel Bousquet, qui met cela sur le compte d’un possible différentiel en termes de digitalisation de la SC.

Flexibilité vs redondance

Au final, le message que fait passer Efeso se résume ainsi : « flexibility beats redundancy ». « Ce que montre l’étude, c’est que parmi tous les critères de résilience, le seul qui a une corrélation négative sur la performance, c’est le surstock, mais c’est aussi l’élément le plus facile à mettre en œuvre » fait remarquer Lionel Bousquet. Autrement dit, la résilience ne repose plus uniquement sur la multiplication des sécurités physiques, mais sur la capacité à adapter en permanence son réseau, ses fournisseurs, ses capacités et ses décisions. JLR

Auteur :

Jean-Luc Rognon

17/09/2026

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