Si les camions n’étaient pas là…

Taxer les routes pour favoriser les transports alternatifs moins polluants partait d’une bonne intention

Et pourtant, dès le départ, le projet Ecotaxe contenait tous les ingrédients qui allaient le conduire dans le mur

D’abord un dispositif complexe, souvent décrit comme « une usine à gaz »

Ensuite un manque de crédibilité dans la mesure où toutes les simulations montraient qu’il n’y aurait pas de transfert vers les modes « propres » mais plutôt un report en faveur de l’autoroute

On nous a alors expliqué qu’il s’agissait de collecter des fonds pour financer les infrastructures

Mais lesquelles précisément ? A aucun moment l’Ecotaxe n’a été présenté comme un outil au service d’une grande cause nationale : le financement d’une vaste projet multimodal, le développement d’un axe ferroviaire dédié au fret, le creusement d’un canal à grand gabarit… bref, en l’absence de perspectives nobles, ambitieuses et surtout concrètes, l’Ecotaxe a été compris comme « un impôt de plus » qui au mieux permettrait de réaliser quelques travaux d’aménagement, au pire irait se perdre dans les abysses du déficit budgétaire

Enfin, l’erreur fatale est d’avoir voulu, dans sa version dite « péage de transit poids-lourd », stigmatiser le transport routier au nom du principe pollueurs-payeurs

Car il faut tout de même une bonne dose d’hypocrisie ou d’inconscience pour croire (ou laisser croire) que les transporteurs ne rouleraient que pour eux-mêmes

Qu’y aurait-il dans les rayons des supermarchés ou dans les boutiques des centres commerciaux si les camions n’étaient pas là ? La vérité est que la responsabilité est collective et qu’il ne pourra y avoir de solutions au problème bien réel des infrastructures sans une vaste concertation impliquant sur le long terme toutes les parties prenantes, à savoir, producteurs, distributeurs, transporteurs, sans oublier les donneurs d’ordres que sont les consommateurs

Repenser tous ensemble les transports de demain et leurs financements à travers un débat national, et tiens… pourquoi pas, un référendum ? JPG