La résistance s’organise face au « booking crunch »
Dans un communiqué commun, l’organisation professionnelle des chargeurs (AUTF) et celle des organisateurs de transports internationaux (TLF Overseas) interpellent les compagnies maritimes sur leurs « pratiques qui pénalisent lourdement les exportateurs français, lesquels, faute de pouvoir livrer leurs clients asiatiques, perdent des ventes occasionnant ainsi des ruptures d’approvisionnement »
En effet, depuis environ deux mois, il est devenu quasi impossible de réserver d’une semaine sur l’autre (comme c’était le cas avant), aux mêmes conditions économiques, des capacités sur les porte-conteneurs en direction de l’Asie, les transporteurs maritimes arguant de « pénuries de matériels » pour fixer des délais d’embarquement pouvant aller jusqu’à 8 semaines
Ou proposent de la capacité plus rapidement, mais en procédant à des augmentations brutales et usuraires de leurs tarifs : jusqu’à quatre fois le prix pratiqué jusqu’à présent dans le sens Europe-Asie
Il est à noter que ce « booking crunch » n’existe pas du tout dans les mêmes proportions dans le sens Asie-Europe, où les taux de fret sont trois à quatre fois plus élevés que dans le sens Europe-Asie, compte tenu du déséquilibre des flux. « La situation devient invivable pour beaucoup d’exportateurs, qui sont étranglés financièrement » commente Christian Rose, le Délégué général de l’AUTF
Les deux organisations professionnelles soulignent que ce problème intervient dans la même séquence de temps que la mise en place des nouvelles alliances maritimes (depuis le 1er avril). « Les armateurs maritimes, qui n’ont pas su se préparer correctement à cette échéance, échouent maintenant à proposer des solutions correctives permettant d’assurer le service que les exportateurs et les prestataires de service sont en droit d’attendre » peut-on lire dans le communiqué