Vittorio Battaglia, Directeur Transport Groupe FM Logistic

« Le transport et la logistique sont comme les deux attaquants d’une équipe de foot »

SC Mag : Pourquoi le transport redevient-il
un enjeu majeur pour FM Logistic ?

Vittorio Battaglia :
Vous avez raison de préciser que c’est un retour car historiquement, le groupe est né du rapprochement de deux transporteurs, Faure et Machet

Le transport devient une activité clé dans la supply chain de nos clients, et l’idée est d’être capable d’offrir à nos clients une solution complète, en travaillant davantage sur la fluidification, l’anticipation des pics, la prévision des stocks

Aujourd’hui, le réel enjeu du transport, c’est la capacité

La population des chauffeurs est vieillissante en Europe

En Allemagne, leur âge moyen se situe entre 53 et 55 ans, en France, c’est autour de 50 ans, et le métier de la conduite de poids lourds sur longues distances n’attire plus les jeunes, qui préfèrent travailler dans la distribution urbaine

La capacité n’est plus suffisante pour couvrir toute la demande, alors que l’économie entre dans une phase de reprise.

SC Mag : S’agit-il pour FM Logistic d’investir dans
des camions et d’embaucher des chauffeurs ?

Vittorio Battaglia :
Non, même si aujourd’hui nous employons environ 70 chauffeurs en France, nous restons sur une stratégie « asset light », en recherchant le maximum de stabilité sur le long terme avec nos 1.250 transporteurs sous-traitants (5.000 véhicules par jour dans le monde), pour lesquels nous pouvons par ailleurs jouer un rôle de centrale d’achats (pour les pneus, les péages, etc.)

En revanche, nous achetons les remorques, que nous louons à nos sous-traitants

Nous travaillons également sur le digital, à travers deux grands axes : d’une part l’optimisation et l’équilibrage des flux aller et retour, et d’autre part l’utilisation temps réel des informations pour anticiper les aléas, mieux préparer et fluidifier les opérations, afin notamment de réduire au maximum les temps d’attentes des poids lourds sur nos plates-formes

Le fait que nous ayons été capables de gérer convenablement les pics de demande durant les périodes de sous-capacité transport incite davantage de clients logistiques à nous faire confiance sur la partie transport, d’où cette progression de +14% l’année dernière

Je dis souvent à mes équipes que le transport et la logistique sont comme les deux attaquants d’une équipe de football : pour marquer des buts et saisir de nouvelles opportunités, il faut être les plus complémentaires possible.

SC Mag : Où en êtes-vous en matière de déploiement en Europe de vos projets Citylogin de distribution urbaine en véhicules propres ?
Vittorio Battaglia :
Le concept Citylogin a démarré il y a quelques années à Rome pour répondre à un problème réglementaire et environnemental

Nous avons commencé avec le client Sephora et des partenaires transporteurs utilisant des véhicules électriques, en amenant une solution immobilière que nous avons développée près de la gare de Rome-Termini

Devant le succès de cette première initiative, nous avons déployé le concept pour d’autres enseignes à Milan, Madrid, puis Moscou où nous sommes en train de chercher une solution avec des véhicules au GNV pour le compte de grandes maisons de luxe

Nous sommes également en test à Varsovie pour la distribution de produits pharmaceutiques à l’aide d’un utilitaire Nissan e-NV200 conçu pour le transport en tri-température

A Paris, nous y travaillons aussi

Pour le sud de la capitale, nous nous appuierons sur un site de plus de 2.000 m² à Ivry-sur-Seine, adapté à la solution de distribution Citylogin.
Propos recueillis par Jean-Luc Rognon

12/04/2018

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