Les quelque 500 boutiques Camaïeu ont fermé leurs portes samedi. Crée en 1984, l’enseigne qui employait 2600 salariés était placée en redressement judiciaire depuis cet été, et son actionnaire Hermione People and Brands (HPB) n’a pas réussi à obtenir de Bercy l’avance de 48 M€ qu’il demandait pour poursuivre l’activité de la marque. Comment ne pas faire le rapprochement avec l’annonce de Zalando, la semaine dernière, de la construction en cours d’une gigantesque plate-forme logistique à Montereau-sur-le-Jard (voir NL 3626) ? C’est un fait, beaucoup d’enseignes du textile / habillement doivent faire face à l’érosion de leurs ventes en magasin face à la concurrence du web, mais ce n’est pas -et de loin- la seule raison qui a conduit à la liquidation de Camaïeu. En l’occurrence il y aussi les arriérés de loyers des boutiques fermées pendant les confinements et la fragilité d’un positionnement « moyenne gamme » sans identité forte. Si le secteur de l’habillement en général est plutôt morose au premier semestre 2022, certaines catégories s’en sortent mieux que d’autres, comme les vêtements pour hommes et le textile enfant. Dans ce contexte, la Supply Chain n’est évidemment pas le seul levier, mais elle joue un rôle crucial et stratégique pour faire face aux ruptures d’appro, à la révolution de l’omnicanal, à l’augmentation des prix des matières premières. C’est d’ailleurs la filière textile / habillement (fabrication et distribution) qui a été choisie cette année comme fil rouge sectoriel pour la 10ème édition de Supply Chain Event, les 15 et 16 novembre 2022 à Paris Expo Porte de Versailles. Lors du cycle de conférences, vous y retrouverez notamment les témoignages de la transformation digitale d’Atlas For Men et de Children Worldwide Fashion, ainsi que la présentation de la deuxième édition du baromètre de la Supply Chain durable de Kepler, avec un focus particulier sur le secteur de la mode et du textile. Jean-Luc Rognon