Le concept Fluroute s’appuie sur des barges fluviales qui déplacent les camions durant la pause de repos réglementaires de leurs conducteurs. ©Fluroute
Et si la contrainte réglementaire de repos journalier du conducteur de poids lourds était mise à profit pour continuer à avancer vers sa destination, qui plus est en divisant par quatre ses émissions de CO₂ par tonne transportée par rapport à la route ? C’est l’idée du lyonnais Jean-Francois Capelle, qui sillonnait début avril le SITL pour populariser son concept Fluroute, présenté désormais sur un site internet dédié. Le principe est assez simple : plutôt que de s’arrêter sur un parking pour le repos réglementaire de son chauffeur, le camion et son conducteur sont embarqués sur une barge fluviale, qui part à horaire fixe et peut contenir une trentaine de poids lourds. Celle-ci va parcourir 100 à 150 km durant la nuit, soit pour le transporteur non seulement une avance d’1h30 sur l’horaire le lendemain mais aussi autant de temps de conduite « préservé » jusqu’à la prochaine pause, soit au total 3h d’exploitation supplémentaire. Voilà pour la théorie, car il faut maintenant trouver de quoi financer le service fluvial Ro-Ro et les terminaux d’embarquement et de débarquement, ainsi que le développement d’une plateforme digitale de planification et de réservation. Sans parler de la bonne synchronisation, sur un trajet donné, entre le temps de repos et la disponibilité de la barge. Tout cela n’ébranle pas chez Jean-Francois Capelle la certitude du potentiel d’une première ligne opérationnelle Fluroute sur le Rhin, en « alternative performante et fluide » à l’autoroute A35 qui relie Strasbourg à Mulhouse. A suivre… Jean-Luc Rognon
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Jean-Luc Rognon