Laurence Brenig-Jones, VP Product Strategy & Marketing de Relex Solutions ©Relex Solutions
Dans l’édition 2026 de son « State of the Supply Chain », l’éditeur Relex Solutions relève la divergence des stratégies de prix et de stock menées dans un contexte plus que jamais instable et perturbé parmi les entreprises des secteurs que cible sa plateforme unifiée de planification (distribution, retail, CPG, manufacturing et SC)*. Premier constat : 86% des responsables interrogés confirment l’impact des changements de politique commerciale et de droits de douanes sur leurs opérations, alors que perdurent par ailleurs l’inflation et les tensions géopolitiques ; d’où pour eux d’épineux arbitrages à faire en matière de tarification des produits, d’évolution du sourcing ou de gestion des stocks. « Que les droits de douane soient instaurés, révisés ou supprimés, la réalité pour les responsables SC reste la même : les évolutions des politiques commerciales sont rapides et interviennent souvent avec des délais très courts », souligne Laurence Brenig-Jones, VP Product Strategy & Marketing de Relex, en notant que les données suggèrent que la volatilité des coûts est désormais intégrée dans la planification long terme. Reste qu’interrogés sur les facteurs exerçant la pression la plus importante sur leur SC, droits de douanes et tensions géopolitiques arrivent en 2ème, cités par 17% des dirigeants alors qu’ils sont deux fois plus à mentionner d’abord l’inflation et la hausse des coûts des intrants, et tandis que figurent en 3ème les pénuries de main d’œuvre (17%). Pour compenser cette hausse des coûts, 51% déclarent un recours à l’augmentation des prix aux consommateurs (ils étaient 31% un an plus tôt), et 18% indiquent avoir restructuré leur chaîne d’approvisionnement ou reporté des investissements.
Des trajectoires divergentes
Au-delà, ce rapport met en lumière une « fracture stratégique » dans la gestion de ces risques. « 28% des entreprises augmentent leurs stocks ou constituent des réserves stratégiques afin de sécuriser la disponibilité, tandis que 27% reviennent à des modèles plus allégés pour maîtriser les coûts », note Relex. En ajoutant que cela revient à se prémunir de risques différents : ruptures de stock d’un côté, tensions sur la trésorerie et risque de démarques de l’autre. Un distinguo est aussi à faire entre distributeurs et industriels. Parmi les premiers, 49% citent la pression sur les marges comme principal défi et 47 % intensifient les promotions pour répondre à cet enjeu prix vis-à-vis des consommateurs. Et un quart développent leurs marques propres ou gammes spécifiques. Les industriels tendent en revanche à concilier leur levier de fixation des prix et la transformation structurelle. 45% répercutent la hausse des coûts sur leurs clients, 43% ajustent formats et références, et 26 % diversifient leurs fournisseurs pour gérer aussi la volatilité géopolitique. Relex note enfin que dans ce contexte, les entreprises investissent de plus en plus dans la résilience plutôt que de parier sur un retour à la stabilité. En l’occurrence en renforçant leurs partenariats logistiques (59%), en augmentant leurs stocks de sécurité (28%) ou en en élargissant leur base de fournisseurs (27%). MR
* Sous-titré « Volatilité, arbitrages et essor de l’IA », ce rapport 2026 repose sur une enquête menée en janvier par Researchscape auprès de 514 professionnels. Il sera publié fin mars en version complète, avec une analyse des priorités d’investissement et technologies à 5 ans.
Auteur :
Maxime Rabiller