Les ambitions de croissance du Groupe Sterne passeront notamment par son développement sur de nouveaux secteurs, en accentuant son prisme santé, mais en perçant aussi dans le BTP ou les opérateurs de réseaux.
Nommé Pdg du Groupe Sterne le 1er septembre, Olivier Storch a élaboré un plan de recentrage et de développement depuis son arrivée en juin chez ce spécialiste de la livraison urgente et sur-mesure. L’ex n°2 de Ceva Logistics en présentait hier les grandes lignes à la presse, avec l’ambition de redresser la croissance du groupe –de +2 à 5% ces dernières années– pour viser +20% en 3 ans. Olivier Storch a fait valoir les spécificités de ce « leader franco-allemand méconnu », dont la diversité des savoir-faire échappe même à beaucoup de son millier de clients de part et d’autre du Rhin. Livrer de nuit, sous forte contrainte horaire et/ou d’accès (en sas sécurisé, dans le coffre du véhicule d’un technicien, ou sur une exploitation agricole…), ou organiser un transport très urgent : « le point commun, c’est le caractère critique de ces livraisons à valeur ajoutée pour permettre à nos clients d’assurer leurs engagements de service, par exemple en réparation automobile ou d’ascenseur, ou même la continuité de leur activité », a-t-il résumé, en faisant valoir la contribution de Sterne à l’efficacité ou la productivité d’acteurs de secteurs clés, à la disponibilité de leurs équipements ou à la rationalisation de leurs stocks de pièces détachées.
Un leader franco-allemand
Si c’est au service de la banque / assurance qu’avait été fondé dans les années 70 ce groupe bordelais (collecte des chèques en agence, distribution de TPE, ou même aujourd’hui de la numérisation de documents), ce volet tertiaire ne représente plus que 15% des 540 M€ de CA de Sterne, et le reste relevant pour l’essentiel des livraisons de pièces détachées pour des acteurs de l’automobile (surtout leurs réseaux aftermarket), du monde agricole, et plus largement de la maintenance. Et si le Groupe Sterne est devenu franco-allemand en 2022 suite au rachat de son homologue Nox, opérant aussi en Autriche, en Belgique et aux Pays-Bas, ces dernières activités au Benelux viennent d’être cédées cette semaine à son partenaire Thinventory, faute d’avoir sur ces marchés la taille critique pour assurer des prestations aux standards élevés de qualité de service et de rentabilité du groupe. Le CA se voit ainsi retrancher 30 M€, mais deux leviers vont être actionnés pour renouer avec une forte croissance. D’abord auprès des clients existants pour qu’ils recourent à la diversité des services de Sterne, avec une rémunération liée à la valeur globale ainsi créée chez eux. Au-delà, il s’agit pour Sterne de percer dans d’autres secteurs, comme déjà dans la santé –en livrant des prélèvements pour des labos, des prothèses dentaires ou de l’optique– et demain les pièces de maintenance d’un IRM, par exemple. En en matière de pièces, ses ambitions ciblent surtout les acteurs du BTP, ou les divers acteurs à réseaux dans l’énergie, l’eau, les télécoms ou le ferroviaire (voir Suite). MR
Auteur :
Maxime Rabiller