Un besoin d’environ 400.000 diplômés logistiques

La deuxième partie de la soirée était consacrée à la logistique durable en Chine

Il ressort d’une étude sur ce thème menée par Miao He, du Master 2 AINI sous le pilotage de Catherine Aubert, Responsable Formation Aslog, que la Chine, qui pour le moment « gère des flux physiques », devrait passer prochainement directement à la Supply Chain durable (donc gérer à la fois les flux physiques, d’information et financiers dans le respect de l’environnement, tout au long de la durée de vie des produits)

Un état des lieux montre que les volumes de fret en Chine se répartissaient en 2011 comme suit : 79% routier, 12% maritime, 7% ferroviaire et 2% aérien. « La croissance du marché de la logistique était estimée de 16% à 25% en 2010 », avance Catherine Aubert, le secteur logistiques en Chine étant composé d’un million d’entreprises, dont 90% de PME de moins de 250 personnes pour un CA inférieur à 50M€

Le taux de croissance annuel des dépenses logistiques confiées aux 3PL et 4PL est estimé à 25% (confirmé en 2012) et 85% des services fournis par les prestataires étaient du transport et du stockage

Selon cette étude, la logistique emploie 600.000 personnes avec un besoin de 300.000 à 400.000 diplômés ! Par ailleurs, la prise de conscience que la pollution tue a fait intégrer des objectifs ambitieux dans le plan quinquennal chinois en 2011 : -15% d’utilisation des énergies fossiles, -40% d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020. « La Chine était en 2010 au 1er rang des entreprises certifiées ISO 14.001 », révèle Catherine Aubert

Et le gouvernement chinois multiplie les annonces et actions en faveur de la logistique durable : un plan de développement des infrastructures de 455 Md€ en 2008, la création d’un Ministère de la Protection de l’Environnement la même année, une conférence sur la logistique verte en septembre 2011 à Shanghai… avec des subventions à la clef dont ont su profiter Tesco, avec l’ouverture d’un centre logistique vert de 55.000 m² en juillet 2011 à Jiashan et Nike, plate-forme logistique verte de 200.000 m² ouverte à Taicang, près de Shanghai

Ainsi, compte tenu de ces évolutions, quatre axes d’opportunité s’offrent aux entreprises matures en Supply Chain : au niveau des bâtiments, des équipements, de la logistique urbaine et multimodale ainsi que de la formation. Selon Céline Bernard, Responsable de la Commission logistique durable de l’Aslog, les prestataires logistiques français ont de précieux atouts pour réussir, dans un premier temps en accompagnement de clients. « Il faut réussir à créer des réseaux avec les autorités et les sociétés sur place », estime-t-elle… si nous voulons ne pas nous contenter de former des étudiants en France afin qu’ils partent faire fortune en Chine ! CP
Photo : Catherine Aubert, Responsable Commission Formation à l’Aslog : « La Chine compte quatre prestataires logistiques majeurs : Cosco, Sinotrans, China Shipping Group… et CMA CGM (groupe français) » ©C.Polge