,

L’AUTF sonde les chargeurs sur leur transport décarboné

A l’occasion de la conférence inaugurale du salon Top Transport aujourd’hui à Marseille, l’AUTF a dévoilé les résultats d’une vaste étude sur la décarbonation du TRM, menée dans un contexte de flambée des prix des carburants et à l’aube d’une loi-cadre sur le développement des Transports (toujours pas présentée à l’Assemblée nationale) qui pourrait obliger les entreprises à respecter un pourcentage minimum (et progressif) de leur facturation en transport 100% décarboné. Entre avril et septembre, l’Association des Utilisateurs de Transport de Fret a en effet interviewé un panel de près de 100 chargeurs, principalement des ETI et des grandes entreprises issus des secteurs de l’industrie, de la distribution et des PGC. Le premier constat, c’est que la décarbonation du TRM fait largement partie des sujets du moment, plus des deux tiers des répondants ayant déjà défini des objectifs formalisés de réduction des émissions (notamment via FRET21 ou EcoVadis). Une grande majorité d’entre eux mesure également l’importance de partenariats plus structurés et de démarches collaboratives avec les transporteurs pour accélérer les choses, même si seulement un chargeur sur cinq dit participer ou pouvoir participer à l’avenir aux investissements nécessaires à la décarbonation.

L’électrification a encore du chemin à faire

Plus surprenant : alors que les biocarburants et le biogaz raflent près de trois quarts des suffrages, devant le report modal (plus de 60%), l’électrique n’est considéré comme un levier potentiel de décarbonation que par à peine une entreprise sur deux. Sans doute pour des raisons d’autonomie limitée et de disponibilité des infrastructures de recharge qui limitent aujourd’hui majoritairement l’usage des camions électriques à des trajets en boucle ou courtes distances ou à des opérations du dernier km. Résultat : plus d’un répondant sur deux anticipe des difficultés importantes pour adapter son modèle économique au transport électrique. Et ils ne sont que 11% à considérer que l’achat d’un camion électrique pourrait s’effectuer à coût équivalent à un véhicule thermique. Cela dit, l’AUTF mentionne que l’étude était déjà en cours lorsque les bonifications de fiches CEE sont entrées en vigueur en juin dernier. JLR

Auteur :

Jean-Luc Rognon