« Si vous voulez être acteurs du pilotage de votre logistique, aidez-nous à vous aider » a lancé François Mahé des Portes, aux nombreux distributeurs et industriels présents le 19 novembre à Paris à une conférence organisée par l’AUTF (Association des utilisateurs de transport de Fret)
Le Président du directoire de MGI et de SOGYP leur a lancé un appel à rejoindre la phase pilote du projet « Menu chargeur », ouverte depuis octobre et qui se prolongera jusqu’en juin 2015
Il s’agit d’un module du Cargo Community System portuaire AP+ (développé par MGI, Soget et leur filiale commune Sogyp) conçu à partir des besoins d’un panel de 20 chargeurs français
Cette extension du périmètre d’AP+ vers les chargeurs (en plus des accès manutentionnaires, transitaires, agents maritimes, armateurs et des connexions au NSTI et Delta pour la Douane) offre des perspectives intéressantes en matière de pilotage des flux administratifs et douaniers et de suivi et de traçabilité (track & trace) en temps réel des marchandises, à l’import comme à l’export
Plusieurs sociétés ont déjà démarré des pilotes pour tester et adapter ce module à leurs besoins, que ce soit au Havre (avec Soget) ou à Marseille (avec MGI)
C’est le cas de LTR Industries (groupe SWM), un industriel du tabac dont toutes les importations passent par Le Havre et qui a l’objectif de réduire ses coûts administratifs, en particulier celui de l’établissement du titre de transit (environ 140 k€ par an), en développant une interface entre le menu chargeur et son ERP Oracle
Monoprix a également commencé les tests début octobre dans le cadre d’une PFM (Procédure Ferro-Fluvio Maritime), qui va simplifier les formalités administratives pour ses marchandises entre Le Havre et son entrepôt de Combs la Ville (via Gennevilliers)
Selon ses calculs, l’entreprise pourrait économiser 30 k€ par an par la suppression du titre de transit
Ikea teste également le menu chargeur afin d’avoir une meilleure visibilité temps réel de ses flux imports (7.400 conteneurs par an entre Fos et Saint Quentin Fallavier) qui lui permettra de mieux lisser son activité lors des périodes de pics et d’améliorer sa réactivité dans la gestion des dédouanements
Le dernier exemple présenté lors de cette matinée de l’AUTF concerne l’amidonnier Roquette, premier exportateur du Nord Pas de Calais (vers 80 pays) et dont 25% des exportations passent par Dunkerque (contre 50% via Anvers)
Roquette n’a pas encore démarré de pilote mais il attend d’AP+, via une interface EDI avec son système de déclaration, la réduction de moitié de ses frais d’apurement, actuellement facturés par les transitaires portuaires français entre 25 et 67 € à chaque déclaration (alors qu’ils sont gratuits dans les ports belges)
En 2013, ces frais d’apurement ont représenté pour Roquette un coût de 242.000 € ! JLR
Photo : François Mahé