Hier matin, une douzaine de Directeurs SC de grands groupes (Air France, Alstom, Aperam, Areva, Avril, Fresenius-Kabi, Krys, Lafarge, LVMH, Nespresso, Orange et Rexel) se sont réunis dans le cadre du Cercle Prospectif de la Supply Chain, organisé par Deloitte en partenariat avec SCMag, sur le thème de la gestion et de la protection des talents dans la SC
Pour fixer le cadre général, Philippe Burger, Associé Deloitte en charge du Capital Humain, a commencé par exposer les tendances RH 2015, tirées d’une étude du cabinet, tout juste sortie, réalisée auprès de 3.300 leaders RH et Business de 106 pays. « Les 5 principaux critères sur lesquels on peut travailler pour gérer ses talents sont : la rémunération, les avantages sociaux, le développement personnel, l’environnement de travail et la culture de l’organisation, énumère-t-il avant d’ajouter : La quête de sens et la possibilité de se projeter sont souvent des facteurs plus importants que la rémunération ». Le débat commence autour de la capacité à retenir les talents
Un participant souligne l’importance du positionnement et de la reconnaissance de la SC au sein de l’entreprise
Pour lui, proposer un projet de transformation de la SC et un champ de responsabilités clair contribue à faire adhérer les candidats
D’autres ont lancé des campagnes de mise en avant en interne des projets réalisés, des participants et des métiers de la SC, reconnaissant être souvent perçus comme « une population de besogneux que l’on entend pas ». « Nous avons un déficit marketing vis-à-vis de nos patrons », admet un participant, qui insiste sur la nécessité d’apprendre à communiquer de manière plus intelligible par tous. « Nous ne devons pas rester dans l’ombre, mais partager de manière factuelle ce que nous faisons, y compris lorsque nous rattrapons des erreurs », avance un autre
Ne pas hésiter aussi à utiliser des formules choc pour souligner le caractère indispensable d’une SC performante : « We are the hearbeat of our customer », « 100% de votre CA passe par les gens de la SC »… Inviter les équipes SC à des soirées de gala, les récompenser par des prix, des déplacements à l’étranger chez des fournisseurs, les mettre en avant dans les medias… sont autant de moyens de les valoriser et de donner une image attractive de la SC. En matière de compétences clefs, le savoir-être semble décisif, étant donné l’importance de la collaboration dans ces métiers
Plusieurs soulèvent une méconnaissance des mécanismes financiers qui pénalise la capacité à traduire les bons résultats obtenus par la SC en valeur ajoutée pour l’entreprise. « D’où l’importance d’être au Comex pour s’imprégner de la culture Business », en déduit un participant, en s’inspirant de son passage dans une entreprise américaine
Enfin, les participants se réjouissent de nouvelles opportunités de mettre en avant le savoir-faire de la SC : l’e-commerce, la complexité croissante des règles douanières et des flux internationaux ainsi que l’appropriation du caractère innovant du Big Data et de l’impression 3D… Peut-être un moyen de pallier le déficit de talents SC relevé dans une étude Deloitte, réalisée auprès de 400 sociétés, et intitulée « Supply Chain Talent of the Future ». « Seulement 38% des entreprises estiment avoir les compétences nécessaires en SC, contre 44% à l’avenir
Ça fait peur ! », s’exclame spontanément Magali Testard, Partner Stratégie & Operations chez Deloitte
Eh oui, il reste en effet encore beaucoup à faire pour que le SCM soit reconnu partout à sa juste valeur… « C’est un travail au quotidien », conclut un participant. CP
Photo ci-contre : Philippe Burger, Deloitte ©C.Polge